‹ Les aventures de don Juan de Vargas: pseud. raconters par lui-me?meChapitre 48 sur 76 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Voyage de V auteur à Bagdad*

écouragé de Toir.la mauvaise. &]>i tune mepoursuivre t je n'as^irais^ qu a retourner en Espagne. Cuisrr.

que je dcvai» finir mes jours dan$ la misère, je voulais au moins. que oe fut.

d^uii^.ma ville natale, .où ma i^oblesse étaitconnue t% ou j^^espérais retrouve];. ma n^<^ paternelle., Je mJembarquai à bord d'un navire indien quidUait à Mascate^ dans le.j^lfe Persi^ue^ Nous fûs^s assaillis par une horribletempête. Les passagers hindous etmahométans^ sepemuadèrent qu'elle était excitée par la pré— seîiiee dVn chrétien; ce A&fiit qu^avccheau^ coQp de peine que le Necoda ou capitaine les

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^tapldia de me jeter ir la? mer. jNous^ nos mât» et notre gomTemail, etnouft.euana beauooEp de peine à eiitrer dans le port- de ^ Mascate , d'oà je nié rendis k la cél&bre ville d'Ormuz, entrepôt de tout le commerce en->* tre: llnde et la Pewe- Une particularité de cette Qe , c^est qu^on y 'prend les ci^abes de mer sur les arbres : le bord de la^mer est couvert de mangliers, dont les branches trempent dans Feau comme celles des saules ; quand la marée est basse , on n^ ,i}u*à se^ouçr Tarbre pour en £ùre tomber des crabes en quantité.

A Ormuz , je me joigni» i une caravane qui allait à Sbiraz, ou le roi de Perse tenait alors sa cour.v II me fit Venir et me fit mille question^ sur rinde- et le Portugal ; dans son org^eil/rc^* gardskt tou8,léi souverains da monde comni« sea^ 'Vassaux, après son repas il faisait. pro:^ damer à ^n de trompe qu'ils pouvaient se* mettre à table, parce ^qu'il avait dîné. Ce priiïce &*avisa de me demander si , . sui: na route , je^ n^aVats pas entendu les oiseaux même procbH' mer sa gloire et ses conquêtes. Je crua yoir vtm. piège dans cette question , et je me tirai d -aj^ faire en lui répondant iqae j'avai^ en effet eit^i tendu les oiseaux , ibais que y coiua&e jH^orais leur lâugue> je lié pouvais lui^r^^er ciqu'ilsÀ disaient. . • ■■ • •» ■ . î -■• ,.- ^

DE Don /uAsr de Vàrgas. lyS Je partis pour Bassorah avec me autre carayane. Il faut traVcnrser un pays in&sté par un peuple sauYagei» appelé les Turcomâns, qiii passent pour les descendants des amonra^ du démon arec une cavale blanche : au^i sont-ils toi]^ours à cheval; Ils ne vivent gah-* re que de pillage, él rançonnent toutes leï caravanes; ils savent , par leur art magique , produire une obscurité qui les écarte .de leur route, ou faire entendre le bruit des armes et des instruments guerriers. Ils inspirent un tel efi&oi qu^ttne caravane de plusieurs milliers de; personnes se laisse piller' par une trentaine de Turcomans. Le chef de la notre leur joua pourtant un assez l^on tour. Il était convenu d\ine certaine somme pour être escorté par eux; quand nous fum^ arrivés il la leur compta en fausse monnaie bien brillante , qu^ls accejptè* rent avec plaisir, car ils sont tris ignorants.* ijuand ils Ise seront aperçus de cette supeix^herie,' ils n'auront probablement pas fait des vœu:;? pDuf llieureuse continuation de notre voyage. La ville de Bassorah , située à Tembouchure de rEn^hrate , un des quatre fleuves qui airo* saient le paradis terrestre, contient plus de cent mille habitants. Les environs, & une grande distance, sont couverts de jardins ornés de foik* taines jaillissantes. Je ius oUigé d*y rester aj»-

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sez loBg^ten^s ponr attendre le départ ie la grande carayane de Bagdad, icar FEupkrate est tellement infesté de pirates'qu'il n'est pas posaiile d'y naviguer.- Pour moii malhear, je fus saisi dWe fièyte si Tiolente au moment où la carayane se mit en marche, qn'il fsêt futkkH possible de k suiyre. I>ès que je fus un peu mieux , je partis pour la joindre avep quelques etvaliers en retard comme moi. Nous ne connaissions pas bien la route, et nous manqulânes plnsieurs puits, de* sorte que nous fumes sur lé point de mourir de soif. Nous aurions succombé sans la rencontre d'une troupe d'Arabes er*rants, qui nous donnèrent une outre remplie d'eau saumatre en échange d'un pea de poudre» * Ces Arabes sont naturellement hospitsâirrs quand la tentation de dépouiller les étrangers n'e^t pas trop fprte, et comme nous n'avions aucune mArchandtse kyec nous, ce fut leur bienveillance naturelle qui l'emporta. Quand qn leur reproche leurs pÙlàges , ils répondent que. Dieu a donné, la terre aux uns , la ^mir aux autres, et qne<» puisqu^il ne leur à donné que le sable du désert, il faut bien qu'ils en vivent.

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CHÀPIT'RE XIII.

Retour de l'auteur en Europe^

lien que Bagdad ne soit plus ce qu'elle était du temps des califeSy qui en ont été expulsés par les Turcs, c^est encore une ville importante et oonsidérable.i habitée par un grand nombre de n^chands fort riches. Vj arrivai complètement sans argent, et j,e fus réduit à de-, mander l^aumone dans, les caravansérails, en ciHitrefaisant Timbécile pour ne pas me rendre suspect ; mais ma sainte patronne ne m^avait pas abandonné, et m^aivoja une ressource sur laquelle je ne comptais pas.

D'après la loi musulmane, celui qui a répudié sa femme ne peut la reprendre que quand elle à été mariée avec un autre. Quand un mari se repent d'avoir divorcé d'avec sa femme ^ il cherche quelqu'un qui consente à Fépouser et à la répudier le lendemain sans l'avoir approchée. On fait ordinairement choix pour cela d'un étranger, qui consent à quitter aussitôt la ville avec une récompense. C'est ce qu'on appelle un huila. Un jeune marchand qui de-

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meurait dans DOtre carayansérail, ayant répudié sa femme dans un accès de colère , me proposa de lui servir de huila. J^épousai donc cette belle inconnue ; le mari me retint toute la nuit à boire a'^rec lui, et au point du jour il me fit si~ gner Facte de divorce ; pour ma peine , il me donna dix sèquins d'or, avec lesquels je me joignis à la caravane d'Alep. Pendant la route , nous rencontrâmes une troupe d'Arabes qui firent mine de nous attaquer, mais nous éleva* mes une espèce de retranchement avec les ballots de marchandises , et nous fîmes si bonne contenance qu'ils* se retirèt^nt, en se conten-* tant de nous dire un torrent d'injures.

En arrivant à Alep, j'eus le bonheur de rencontrer un marchand vénitien, qui m'avertit de cacher ma qualité d'Espagnol, parce que l'Espagne était en guerre ayec les Turcs , et qu'on m'arrêterait comme espion. Il me reçut dans sa maison et mè fit passer pour son compatriote. Je lui donnai beaucoup de renseignements sur le commerce de l'Inde ; pour me récompenser, il me promit de me ramener en Europe , et me tint parole. Après quelques semaines de séjoiu* à Alep , nous partîmes ensemble pour Alexandrie. Je dois faire ici mention < d'un usage singulier. Les marchands d' Alep qui vont en yoyage emportent ayec eux des ca-

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ges remplies de pigeons. De temp en temps ils en lâchent un , après lui avoir àttacbé un. petit billet à la patte. Le pigeon ne manque pas de regagner à tire d-ailes son colombier. G*est de cette manière qu'ils correspondent avec leur famille.

D'Alexandrie nous nous embarquâmes pour Venise. Il y avaât alors dspis les piisons de cette yilk un biomme qui se faisait passer pour le roi D. Sébastien de Portugal. Comme le sénat cherchait i savoir la yénté sur son compte, et que j^avais autrefois connu ce prince, on m<^ le fit voir. Je ne sais si c'était un imposteur, mais il est certain qu'il avait beaucoup de ressemblance avec ce prince II fut plus tard livré au gouverneur de Milan, qui le réclama au nom du roi d'Espagne. Je ne sais ce qu'il est devenu.

Mon généreux protectemr, qui était de la famille des Tiepolo , me donna la somme nécessaire pour retourner dans ma patrie. J'allai m'embarquer k Gènes sur une galère qui se rendait à Carthagène ; mais il était dit que je devais être malheureux jusqu'au bout : no!is famés pris par les Français et conduits k Marseille , où j'eus à subir une assez longue captivité. Je ne recouvrai ma liberté qu'à la paix. On m'envoya à Barcelonne , et de là je ga-

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gnai Jaen. Il j. arait pr&s dé cinquante ans qae j 'aràis' quitté cette yille pour la première fois .

Mon pire était allé depuis loBg-4etDps chercker 'au del la récompense de ses vertus. Je retrouTaî encore ma mère , presque centenaire^ et qui ne semblait avoir vécu cfue pour me conserva iKon .{ketit patrimoine, car elle mourut peu de jours, aptis. Quastt à moi , je n^ai tiré de mes voyages d^autre firuit que mi>n ex-périence. Je suis le dernier de mon nom, et je ii*ai d'autre amuseoiehtdans ma triste vieillesse que d'écrire ce petit livré. J'ai raïoé plus de trois quarts de siècle sur la mer de ce monde, et j'espère que, grâce à la protection de masaiiite patronne, je finirai par jeter l'ancre dans le port d\iiie éternité bienheureuse. Amen.

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