CHAPITRE IV
Séjmt de l'auteur à Sépilie. H est obligé rfc fi'énfiiir à Carthagéne.
ul n'a pas vu Séville li*a pas vu de "inerveiile , dit un Vieux proverWe.
Qu'on juge donc de Tefffet que pro-
duîsît celte superbe cité sur moi, qui
sortais pour la |)remière fois de ma familtè. Mon vieil oncle m'accueillit fort bien. H vivait dans Faisance ; son grand âge ne lui' permettait guère de qiiitter son fauteuil, et; pourvu que je vinsse de temps en temps lui tenir compagnie dans la soirée, il me laissait en toute liberté. Je commençai à me lier avec 'des jeunes 'gens de monoi âge. Je fréquentai le manège et les éèoles djli^crime ; enfin^ je me préparais à soutenir un jour le nom de Vargas dans les rangs de nos invincibles soldats.
Au bout de quelque temps , je n'étais plus le jeune homme simple qui était sorti de Jaen. La conversation de mesxamarades, la lecture
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de^avent^es dZ^Buadîsveiicoréplus de celles d« la bonne qi^ C&lestine, m^ayaiént inspiré dé noayelles idées.. En;facç. de la nlaison de mon onde, dans la me de Xérez , demeurait une Teuve d^une quarantaine d^années , de celles que les vieillards trouvent passées et qui séduisent les jeunes gens. Je m'étais aperçu qu'elle i^eiD^ reg^uidait pas d'un trop mauvais œil. Tout plein de ma, C^eitipe, je m'adressai k une vieille revendeuse biscayenne, qui avait ses entrées libres dans la maison. Elle censentit à protéger jXj^ies amours, et ne jne fit pas languir,, car 4è9 ^e )en4emâiueUeme>dit de frapper à minuit à la^porte de la veuve^et^'une servante- préye^ï^ep^'ouvrirait fa porte.^
J^mpisAin|adba^nttrpjUyerlab]^le Ori^Ae, Lanpelqt se pendant auprès de la reine GenièyrÇi oi|.yyr^n.le. Blanc conduit par la bonite dan^Qomtagnope.vers l'impératrice de Grèce, ne fut aussi fier de sa conquête. Jeréyais d'une foule de dragon^s elt.de géants que j'aurais à taincre.. Heureusement riea n^ mit obstacle, à iÇion.rencUz-vouSf.Je frappé, la, suivante ^st à son poste, et je pénètre sans difl^çulté d^ns.le cbâteau enchanté.
.Lf^ bonite yei^ve, quoiqu'elle ne.sut pas le latin, ayait sa^ ,doute entendu, pfujler du, proverbe ^ine Baccho et Cerere Venus friget. Elle
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avait préparé un jambon d^Ëstramadure et ^aelques bouteilles de Xérez auxquels nous nous eoïpressâmes de faire honneur. Le reste de la nuit se passa sans encombre, et au point du joiu: la discrète suivante me fît sortir par où j'étais entré.
Ce commerce amoureux durait depuis quelques semaines quand un vieux Vingt-quatre (1), qui portait à la dame un intérêt plus que paternel, fut averti de ce qui se passait. La veuve avait eu Timprudence, dans un marché avec sa revendeuse, de céder à celle-ci un vieux vertugadin de damas jaune datant du jour de ses noces , qui depuis long-temps faisait envie à la suivante, et qu'elle avait considéré comme devant lui appartenir. En outre , celle-ci était fâchée de voir -à sa maîtresse un amant qui ne lui donnait rien, car j'étais trop pauvre pour le faire. Elle nous dénonça donc au Tingt-quatre , dont la vengeance ne tarda pas ^stf^faire sentir.
TJn muletier avait été dévalisé entre Ecija et Carmona. Il avait porté plainte et donné le signalement de ses* agresseurs. Un de ces signalements pouvait s'appliquer à moi. Le Vingt-
(1) On appelle ainsi les membres du conseil muninipal de Séville, qui sont au nombre de tingt-quatre.
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quatre, qui était chargé de la police, le retnar^ qua et résolut de me perdre en m^impliquaiit dans oette affaire. Heureusement le greffier chargé du rapport était comme moi de Jaen, et même un peu parent de ma fsmiille. En toute autre occasion Je ne me serais pas félicité de cette parenté avec un greffier, mais cette foisci je dois avouer qu'elle me sauva. Il vint avertir mon oncle de la méchante affaire qu'on allait me susciter. Nous n'étions pas de force à lutter avec un Vingt-quatre. Je commençais à être en état de porter les armes ; mon oncle me donna quelques écus, une lettre pour le fils d'un de ses amis qui levait une compagnie à Garthagène, pour aller au secoiu's du royaume de Naples, alors menacé par les Français, et de plus un long sermon sur le danger des liaisons illicites. Il avait autrefois prêché ce sermon avec l'approbation générale dans l'église de Sainte-Euphémie, et ce succès avait même contribué à lui faire obtenir son canonicat. Il ne perdit donc pas une si bonne occasion de le placer, ce qui contribua peut-être à le consoler de mon départ. En somme, c'était un excellent homme ; il ne m'a jamais fait que du bien, et, tous les vendredis, je récite un chapelet pour le le salut de son âme, que Dieu ait dans sa gloire. Je pris donc la route de Garthagène, chargé
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d*argent à peu près comme un crapaud de plumes , et je fis gaîment la route à pied , rêrant tantôt à la belle que j'avais perdue, tantôt à la gloire que j'allais acquérir. J'arrivai ainsi à Carthagène, et je me hâtai d'aller présenter ma lettre au capitaine Diego Osorio.