‹ Les aventures de Huon de Bordeaux [microform]Chapitre 2 sur 27 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

^W\ ARMI les Chansons de geste, — ces beaux J"^ poèmes épiques récités le soir dans les char teauxpar les jongleurs et les ménestrels du m,oyen âge, qui charmaient ainsi les longues veilr lées monotones, — il n'en fut pas de plus aim^ée que celle de Huon de Bordeaux. Elle franchit les frontières de « douce France » et porta au loin la renommée du petit roi de féerie, Obéron ou Aur héron. Elle eut même les honneurs de Ut tradiLC^ tien ; Lord Bemers fit imprbner à Londres^ en 1534, une version anglaise de notre chanson. Elle fut aussi mise à la scène, commne de nos jours les romxins à succès : on put voir représenter le « jeu » de Huon de Bordeaux, non seulement à Paris, — en 1557, par les confrères de la Passion, — mais aussi à Londres.

Le petit roi de féerie gagna tous les coeurs. Ayant lu ses aventures dans la traduction de Lord Bemers, Shakespeare adopta Obéron, dont il fit lune des plus gracieuses figures du Songe d'une nuit d'été. En 1780, le poète allemand Wieland chanta à son tour Huon et Obéron; plus tard le

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musicien Weber, sHnspirant de ce poème, com^posa son opéra d'Obéron qui fut représenté pour la première fois en 1896.

Ce ne sont donc point, vous le voyez, chers lecteurs, des inconnus que nous vous présentons au' jourd'hui, et nous osons espéret que désormais le petit roi de féerie vous com^ptera, vous aussi, au nombre de ses amis. Nous avons transcrit à votre intention, en Vabrégeant un peu et en le rapprochant du français m^odeme^ le poèm^e de Stuon dé Bordeaux, tel que le composa, vers la fin du XII^ siècle, un trouvère inconnu qui était sans doute natif de Saint-Omer, dans V Artois ^ car le nom, de cette ville revient avec une singulière in-^ sistance dans sa « chanson ». Trois manuscrits très anciens nous Vont conservée. La version que nous avons suivie fut publiée, en 1860, dans la série des Anciens poètes de la France , d'après le mxinuscrit de Vabbaye de Marmoutier, près de Tours, le plus ancien de tous.

Plus tard, vous aurez plaisir à lire en vieux français notre chanson de geste et vous consulterez avec profit le rem^arquable article que Gaston Paris a consacré, — dans ses Poèmes et légendes du moyen âge, — à ce poème, « l'un des plus charmants et des mieux distribués que nous ait laissés le moyen âge ».

• Seignenn, j« anii Tietu et affaibli • (p. 8).

lES ATËNTUTiES

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