‹ Les aventures de Mandrin mélodrame en cinq actes, et dix tableauxChapitre 17 sur 78 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Us niNE3, PIÉTRO, MARGARITA.

PIÉTRO

Je te l’ai dit, Margarita, tu es trahie... J’ai entendu des pi* rôles d'amour s'échapper de ses lèvres.... un projet de mariage...

C'est impossible...

MARGARITA

PIÉTRO

Je te dis que j’ai entendu de mes oreilles, tu de mes

yeux.

MARGARITA

Non, je ne croirai iamiis à une au«si lâche trahison... moi Qui lui ai donné tant de preuves de mon amour!... moi, dont le dévouement, le zèle infatigable, ne lui ont jamais fait défaut; moi qui, vingt fois peut-être, lui ai sauvé la vie; moi qui l’aime enfin, comme jamais il ne sera aime!... moi, à qui il a juré une fidélité éternelle!... Non, non! je te le répète, c’est impossible!...

PIÉTRO

Et pourtant, c’est vrai !

MARGARITA

Tais-toi!... il a quelque but caché pour jouer cette comédie, quelque plan qu’il m’expliquera, rar il me dit tout. J’ai l« moitié de scs secrets, comme il a la moitié de mon âme!

PIÉTRO

Pourtant...

MARGARITA

Ah! je sais pourquoi lu cherches â le perdre dans mon esprit, bon Piétro, lu es jaloux.

PIÉTRO

Cest vrai, je suis jaloux parce que je l’aime toujours, Margarita... mais, depuis deux ans, ma jalousie ne m’a pas empêché de te suivre comme un chien fidèle. Je souffrais en voyant ses caresses, à lui, mais j'étouffais mes souffrantes, parce que je me disais: il l'aime, elle est heureuse!... Depuis le jour où cet homme s’est emparé de ton mur, j’ai compris que je n’élais plus rien pour toi... je l’ai suivie parce que je ne puis vivre que prés de toi, parce que, aussi loin que se reporte ma mémoire, elle te présente à moi comme le complément indispensable de ma vie... Enfants de pères constamment en lutte avec la société, nous avons grandi go semble, exposés aui mêmes privations, aux mêmes périls; mon amour a commencé avec mon existence, il ne s’éteindra qu’avec elle. Mais cet amour est si grand, Margarita, qu'il va jusqu’au sacrifice de moi-même!... Oui, je le jure, ai lu étais heureuse, je me tairais, comme je me suis tu jusqu'à ce jour... Mais une trahison se prépare qui peut te briser le cœur, et je viens te dire : Déjoue cette trahison, Margarita, défends ton amour, comme je défendrais U vie, moi, si jamais elle était menacee!...

MARCARITA , ATM doab».

Cest donc vrai, mon Dieu!...

PltTRO.

Dans un instant tu pourras l'en convaincre toi-même... ne va t-fl pas venir avec elle dans ce château?., ces vieilles murailles ont mille retraites cachées... tu pourras les entendre sans être vue, lu pourras les voir sans être entendue... Maintenant lu SaU tOUt. .. à toi d’agiT. . ( Bru» m debori. )

ROQUA AOL.

Alerte! les voici!... chacun à son poste... (&■» d« tomem.) Ah! ah! le tonnerre!... Allons! allons! grâce à l’orage, notre tâche sera facile.

MARGARITA, i M«ro.

View donc... cl malheur à lui si tu m’as dit vrai, Piétro! (u«

(CUaganul « w.)

freUtèmc tablena.

Le décor change. Le rideau d’arbres placé au fond, s'avance jusque Sur le devant du Ibéétre, et en s'écartant laisse voir une des façades du château. Cette laçade est dkiisée horiiootaieinent en deux parties. Le rsx-de-ehautté est flguré par une muraille délabrée, soutenue par des contreforts et percéo au niveau du sol par un soupirail d'où s'échappent des lueurs sinistre*. Le premier étage, ouvert aux yeux du public, représente une grande salle garnie de TieiUee tapisseries. À droite, au premier plan, eue vaste cheminée sculptée; au deuxième plan, nne porte, au fond, une feoélie ouvrant sur la campagne. — A gauche, au premier plan, une porte secrète ; au deuxième plan, une autre porte.

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