‹ Les aventures de Mandrin mélodrame en cinq actes, et dix tableauxChapitre 2 sur 78 · US AVENTURES DE MANDRIN · texte numérisé non relu

US AVENTURES DE MANDRIN

Répondez.

Oui, oui, iv pondez!

THOMAS

LES PATSANS-

LE DOCTEUR

On l’a peint pendant son sommeil, «n jour qn’il faisait nuit.

■ Alors on l’a tu?

LE DOCTEUR

Non, puisqu'il faisait nuit.

THOMAS, oonvaiom.

C'est juste! (Rtrrj.k» p»y*»n». R«prixe do !» mo*lq«. Dot p»y*ans ouïront diti U banane)

CHRISTOPHE, chantant et «'acoooipnfntnt d# U jiiilares h*hH* défuemlUi et cependant affectant l'élégance.

Fr.t'.s rnisfean qui murmure,

Feuillage, verti rameaux.

Fauvette à la voix pure Et voua petits oiseaux,

Talaei-votis!

A mon Ame charmée,

Te* chanta, ma hh-n-alméo»

Sont plus doux!

LE DOCTEUR , k part.

Je connais cet organe enroué...

TAUPIER

C'est celui de Chrisiopbe; il a la manie de faire des vers et de les chanter aux vieilles femmes... il appelle ça scs délassements poétiques.

LE DOCTEUR

Ah! te voilà, Taupier... Rien de nouveau?

taupier.

- Rien... les badauds commencent à arriver... (Dé»ign»ntra»béTg*.) Le lieutenant est là.

CI.1QUOT , aortant de i'atiberge avec Roq-uirol. dêgnilé en mvpiifBOD.

Eh! dites donc, vous... vous m’avez donné une pièce fausse.

ROQUAlftOL, accrut normand.

Moi!

CLIQUOT

Oui, vous; tenez la v’ià, elle sonne comme nn bouton de guêtre... écoutez...

HOQUAIROL.

Vous vous trom|>ez.

CL1QUOT

Comment! elle n’est pas fausse?...

ROQUAIROL

Si! mais ce n’est pas moi qui vous l’ai donnée.

CLIQUOT

Je n’ai pas reçu d'autre argent que celui-là... c’est vous qui ui'élrenncz aujourd’hui...

HOQUAIROL.

Alors, pardon et excuse, l’ami, j’ai été trompé moi-même; allez, marchez! en voici une autre..

CLIQUOT

Merci... vous êtes un brave l.amme.

ROQUAIROL

Je rn’en flatte.

CL1QUÛT.

Ah! c’est que voyez-vous, il y a tant de coquins dans notre bonne province du Dauphiné! Vous habitez ce pays?

ROQUAIROL

Non... Je sommes de Lisieux, en Normandie.

CLIQUOT

N’est-ce pas une honte que la maréchaussée de la province, que le gouverneur du Dauphiné, que Sa Majesté Louis XV, que Dieu garde!... ne puissent nous délivrer de ce brigand qui infeste nos marchés rie sa fausse monnaie.

ROQUAIROL

De qui parlez-vous?

CLIQUOT

Eh ! de qui donc, si ce n'est de ce coquin de Mandrin et de sa bande maudite ?

ROQUAIROL

Ah! ah{

CLIQUOT

Tous les jours il sc commet quelque vol dans noire village; moi q:û vous parle, Monsieur, un m’a volé hier, dans ma propre poche, un éeu de six livres.

THOMAS , Ul&ut M poche.

Ils y sont encore!... Tiens c’est une idée, (n cc»riopp< deux ém

d»n« du papier et lei gliuc daui sou tuulier.)

ROQUAIROL

Ne tnVn parlez pas. Monsieur, il n’y a plus de sûreté pour les honnè>S gel», (il t'cloigat d »c mtlo i I» foule.)

TAUPIER , l’appnx liant itr ClupaoL

La charité, s’il vous plaît, ;iu pâture aveugle!

CLIQUOT

Va-t-rn au diable ! (se ravis.nl, ) Tiens, au fait, je puis être généreux sans qu’il m'en coûte rien... (lui «humain u faune i*»«c«.) Voilà une pièce de quinze sou».

TAUMER.

Merci... je la connais... filou!...

CLIQUOT

Hein? il m’insulte I

TAUPIER

Abuser un pauvre aveugle!... fl!

CLIQUOT

Aveugle! et il a reconnu que In pièce était fausse !...

TAUPIER

Si j'allais vous dénoncer, moi, pour émission de fausse monnaie?...

CLIQUOT, effrayé.

Plus bas! plus bas! Diable! on ne plaisante pas avec ça!... tiens, voici une vraie pièce, Ui*-toi !...

TAUPIER

Je vous rendrai la monnaie... en bénédictions... (il rem»nu au

fond.)

CLIQUOT

Àye! aye! la journée commence mal... ( Montraat n-xpiainn et Taupîtr.) Ce ne sont pas des pratique» comme celles-lù qui me rendront millionnaire.

CHRISTOPHE, crl-itti.

La complainte du Juif-Errant, les aventures d’Héloïse cl du chaste Abeilard... un sou!,..

THOMAS, k Cli^ool.

Monsieur l'aubergiste!... monsieur l'aubergiste l...

CLIQUOT

Qu'y a-t-il?

THOMAS

Je suis chargé par mon maître de retenir la plus belle chambre de v'tre auberge pour lui et sa société.

CLIQUOT

Comment s’appelle-t-il, ton maître?

THOMAS

Monsieur Bcaovoisin.

CLIQUOT

De la Cùlc-Saiiit-André?

THOMAS

De la Côte-Saint-André, oui.

CLIQUOT

Je le connais, riche propriétaire !... Tous les ans il vient 'avec sa famille passer quelque heures à la fête de notre village; bonne maison, mon garçon, bonne maison!

Voici des arrhes une mon imltre m’a données pour vous... (Fouillant dan* » poche.) Eh bien, quYsl devenu mou argent?.- Ah! mon Dieu! Je suis volé!... que faire?... que devenir?...

CLIQUOT

Ta doulenrmc touche, mon garçon... combien tou maître t'avait-il donné?... A

THOMAS

Deux écus de six livres, monsieur l’aubergiste!

CLIQUOT

Tu diras qne je les ai reçus, mon garçon. J’en fais mon affaire.

THOMAS

Ah! monsieur l’aubergiste... vous roc sauvez la vie!... mais vous, vous perdrez cette somme.

CLIQUOT

Il faut bien faire quelques sacrifices |wiur s'attacher les bonnes

pratiques ! (let payuni commencent à nvrtir de la baraque. — - A part. ) b ailleurs, je po-terai çt sur la carte... avec ma pièce de quinze sous.

THOMAS, k pari, regardant son «oalier.

Quand je serai seul, j'ouvrirai ma caisse et je prendrai mes deux écus. On aurait pu me les voler... c’est toujours ça de sauve!...

CLIQUOT

Viens, mon garçon, nous allons tout préparer pour recevoir ton maître et sa société; je veux, en outre, leur réserver cette tonnelle pour qu’ils puissent jouir du coup d’œil de la fêle... Sont-ils nombreux?

THOMAS

Six personne? en tout : d’abord, monsieur et madame Beauvoisin, mademoiselle Isaure, leur fille, monsieur Lambert, son oncle, monsieur le marquis de Boissec et son jeune ami le comte Lcori.

CLIQUOT

Le marquis de Boissec!... le comte Lconi! Peste!... des per-

sonnes de qualité!... je soignerai la carte. Viens boire un coup A la cuisine, mon gardon, en attendant l'arrivée «le tes maîtres.

THOMAS, à part.

Brave homme! ce n’est ras lui «pii volerait un écu «laits la poche de son prochain! (lit rentrent. — SoHia général* de U baraque ■nr ta reprit* d« la mutique. L*i paysan* •'éloignent peu à peu.)

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