US AVENTURES DE MANDRIN
Répondez.
Oui, oui, iv pondez!
THOMAS
LES PATSANS-
LE DOCTEUR
On l’a peint pendant son sommeil, «n jour qn’il faisait nuit.
■ Alors on l’a tu?
LE DOCTEUR
Non, puisqu'il faisait nuit.
THOMAS, oonvaiom.
C'est juste! (Rtrrj.k» p»y*»n». R«prixe do !» mo*lq«. Dot p»y*ans ouïront diti U banane)
CHRISTOPHE, chantant et «'acoooipnfntnt d# U jiiilares h*hH* défuemlUi et cependant affectant l'élégance.
Fr.t'.s rnisfean qui murmure,
Feuillage, verti rameaux.
Fauvette à la voix pure Et voua petits oiseaux,
Talaei-votis!
A mon Ame charmée,
Te* chanta, ma hh-n-alméo»
Sont plus doux!
LE DOCTEUR , k part.
Je connais cet organe enroué...
TAUPIER
C'est celui de Chrisiopbe; il a la manie de faire des vers et de les chanter aux vieilles femmes... il appelle ça scs délassements poétiques.
LE DOCTEUR
Ah! te voilà, Taupier... Rien de nouveau?
taupier.
- Rien... les badauds commencent à arriver... (Dé»ign»ntra»béTg*.) Le lieutenant est là.
CI.1QUOT , aortant de i'atiberge avec Roq-uirol. dêgnilé en mvpiifBOD.
Eh! dites donc, vous... vous m’avez donné une pièce fausse.
ROQUAlftOL, accrut normand.
Moi!
CLIQUOT
Oui, vous; tenez la v’ià, elle sonne comme nn bouton de guêtre... écoutez...
HOQUAIROL.
Vous vous trom|>ez.
CL1QUOT
Comment! elle n’est pas fausse?...
ROQUAIROL
Si! mais ce n’est pas moi qui vous l’ai donnée.
CLIQUOT
Je n’ai pas reçu d'autre argent que celui-là... c’est vous qui ui'élrenncz aujourd’hui...
HOQUAIROL.
Alors, pardon et excuse, l’ami, j’ai été trompé moi-même; allez, marchez! en voici une autre..
CLIQUOT
Merci... vous êtes un brave l.amme.
ROQUAIROL
Je rn’en flatte.
CL1QUÛT.
Ah! c’est que voyez-vous, il y a tant de coquins dans notre bonne province du Dauphiné! Vous habitez ce pays?
ROQUAIROL
Non... Je sommes de Lisieux, en Normandie.
CLIQUOT
N’est-ce pas une honte que la maréchaussée de la province, que le gouverneur du Dauphiné, que Sa Majesté Louis XV, que Dieu garde!... ne puissent nous délivrer de ce brigand qui infeste nos marchés rie sa fausse monnaie.
ROQUAIROL
De qui parlez-vous?
CLIQUOT
Eh ! de qui donc, si ce n'est de ce coquin de Mandrin et de sa bande maudite ?
ROQUAIROL
Ah! ah{
CLIQUOT
Tous les jours il sc commet quelque vol dans noire village; moi q:û vous parle, Monsieur, un m’a volé hier, dans ma propre poche, un éeu de six livres.
THOMAS , Ul&ut M poche.
Ils y sont encore!... Tiens c’est une idée, (n cc»riopp< deux ém
d»n« du papier et lei gliuc daui sou tuulier.)
ROQUAIROL
Ne tnVn parlez pas. Monsieur, il n’y a plus de sûreté pour les honnè>S gel», (il t'cloigat d »c mtlo i I» foule.)
TAUPIER , l’appnx liant itr ClupaoL
La charité, s’il vous plaît, ;iu pâture aveugle!
CLIQUOT
Va-t-rn au diable ! (se ravis.nl, ) Tiens, au fait, je puis être généreux sans qu’il m'en coûte rien... (lui «humain u faune i*»«c«.) Voilà une pièce de quinze sou».
TAUMER.
Merci... je la connais... filou!...
CLIQUOT
Hein? il m’insulte I
TAUPIER
Abuser un pauvre aveugle!... fl!
CLIQUOT
Aveugle! et il a reconnu que In pièce était fausse !...
TAUPIER
Si j'allais vous dénoncer, moi, pour émission de fausse monnaie?...
CLIQUOT, effrayé.
Plus bas! plus bas! Diable! on ne plaisante pas avec ça!... tiens, voici une vraie pièce, Ui*-toi !...
TAUPIER
Je vous rendrai la monnaie... en bénédictions... (il rem»nu au
fond.)
CLIQUOT
Àye! aye! la journée commence mal... ( Montraat n-xpiainn et Taupîtr.) Ce ne sont pas des pratique» comme celles-lù qui me rendront millionnaire.
CHRISTOPHE, crl-itti.
La complainte du Juif-Errant, les aventures d’Héloïse cl du chaste Abeilard... un sou!,..
THOMAS, k Cli^ool.
Monsieur l'aubergiste!... monsieur l'aubergiste l...
CLIQUOT
Qu'y a-t-il?
THOMAS
Je suis chargé par mon maître de retenir la plus belle chambre de v'tre auberge pour lui et sa société.
CLIQUOT
Comment s’appelle-t-il, ton maître?
THOMAS
Monsieur Bcaovoisin.
CLIQUOT
De la Cùlc-Saiiit-André?
THOMAS
De la Côte-Saint-André, oui.
CLIQUOT
Je le connais, riche propriétaire !... Tous les ans il vient 'avec sa famille passer quelque heures à la fête de notre village; bonne maison, mon garçon, bonne maison!
Voici des arrhes une mon imltre m’a données pour vous... (Fouillant dan* » poche.) Eh bien, quYsl devenu mou argent?.- Ah! mon Dieu! Je suis volé!... que faire?... que devenir?...
CLIQUOT
Ta doulenrmc touche, mon garçon... combien tou maître t'avait-il donné?... A
THOMAS
Deux écus de six livres, monsieur l’aubergiste!
CLIQUOT
Tu diras qne je les ai reçus, mon garçon. J’en fais mon affaire.
THOMAS
Ah! monsieur l’aubergiste... vous roc sauvez la vie!... mais vous, vous perdrez cette somme.
CLIQUOT
Il faut bien faire quelques sacrifices |wiur s'attacher les bonnes
pratiques ! (let payuni commencent à nvrtir de la baraque. — - A part. ) b ailleurs, je po-terai çt sur la carte... avec ma pièce de quinze sous.
THOMAS, k pari, regardant son «oalier.
Quand je serai seul, j'ouvrirai ma caisse et je prendrai mes deux écus. On aurait pu me les voler... c’est toujours ça de sauve!...
CLIQUOT
Viens, mon garçon, nous allons tout préparer pour recevoir ton maître et sa société; je veux, en outre, leur réserver cette tonnelle pour qu’ils puissent jouir du coup d’œil de la fêle... Sont-ils nombreux?
THOMAS
Six personne? en tout : d’abord, monsieur et madame Beauvoisin, mademoiselle Isaure, leur fille, monsieur Lambert, son oncle, monsieur le marquis de Boissec et son jeune ami le comte Lcori.
CLIQUOT
Le marquis de Boissec!... le comte Lconi! Peste!... des per-
sonnes de qualité!... je soignerai la carte. Viens boire un coup A la cuisine, mon gardon, en attendant l'arrivée «le tes maîtres.
THOMAS, à part.
Brave homme! ce n’est ras lui «pii volerait un écu «laits la poche de son prochain! (lit rentrent. — SoHia général* de U baraque ■nr ta reprit* d« la mutique. L*i paysan* •'éloignent peu à peu.)