SCÈNE IL MANDRIN, DE BOISSEC
DE BOISSEC
C’est donc une guerre à mort entre toi et la société?
MANDRIN
A mort! Je veux lui faire payer avec des pleurs de sang le mépris dont elle m’accable!
DE BOISSEC
Qui?... elle?
MANDRIN
Et bien , oui... tu m*as compris: ce n’est pas de la société que je veux me venger, ce n'est pas a es mépris de la société que je souffre, c’est de ceux de celte jeune fille qui depuis huit jours me tient suppliant, honteux, irrésolu à ses pieds. Ali! si tu savais iusqu’ou va ma faiblesse! J’arrive auprès d’elle la tète exaltée, le cceur palpitant .. bien décidé à triompher de sa résistance; elle tnc regarde avec ses grands yeux bleus, si limpides qu’ils me semblent un reflet du ciel! Elle me parle avec sa voix si douce... elle ne m’adresse souvent qu’une parole, et cette parole, fût-elle un mot de dédain, je tombe à ses pieds en lui demandant grâce et pardon!... Vertu ! vertu!... quelle est donc ta puissance!...
PE BOISSEC
Ce n’est pas moi, cher ami, qui répondrai à cette question. Que ne me demandes-tu plutôt quelque secret, quelque philtre pour endormir cette farouche beauté.
MANDRIN
J’y ai bien songé... Mais ces moyens me répugnent : je ne voudrais la tenir que d’ellc-mème.
DE BOISSEC
Ah ! si lu veux descendre le fleuve du Tendre, prends la lyre de Christophe et chante ton martyre pour charmer le voyage.
MANDRIN
Oui, celle srtuation est ridicule; elle ne peut durer plus longtemps. Aujourd'hui même elle cessera. (Un lignai m hit «tiendra au hu de la montagne.) Qu’est cela ?
DG BOISSEC , Toyul entrer Roquairol.
Nous allons le savoir.