‹ Les aventures de Mandrin mélodrame en cinq actes, et dix tableauxChapitre 76 sur 78 · TOU · texte numérisé non relu

TOU

Ah ! mon Dieu !

MADAME DE SAINT-PAULIN

Il tua sa femme !

LE GÉNÉRAL

Je la mangerais en ce moment, si je l'avais.

MADAME DK SAINT-PAULIN

Mais vous n’étes pas un homme.

LE GÉNÉRAL

Non, Madame, non ! Je suis un appétit. Mais, finissons-en, ou je ne réponds plu» de moi. — Est-ce qu'on empêche d'honnêtes gens de déjeuner, parce qu’une péronnelle veut dire ou ne pas dire ?.. — Mais si je vous eusse dit, le jour de notre mariage : Christine, dis rendant un an ce que ne veut pas dire Hermancc, tu l'eusses dit pondant un an. Voyons, Christine, dis pendant un an... non, un an c'est trop, — mais dis trois fois de suite...

MADAME DE SAINT-PAULIN

Ah ! grand Dieu ! je le dirai, je vais le dire trois fois, dix fois de suite.

HEAMANCS.

Comment, ma mère, vous inc donneriez si outrageusement tort devant mon mari ?

MADAME DE SAINT-PAULIN

Que dis-tu? Moi, donner raison à un gendre? Jamais! Ce serait déshonorer en ma personne toutes les belles-mères. Jamais ! jamais !

LOMBARD, il part.

11 n’y a qu’un moyen d’en sortir, (n t'en »a iui que » wm. toit remarquée.) •

LE GÉNÉRAL

Madame de Saint-Paulin , prenez garde ! La faim me fait passer insensiblement à 1 état d’hyène, de tigre, de lion ! Il me pousse des griffes. — Exécutez-vous tout de suite , ou je me déchaîne , je mords ! — dites...

MADAME DE SAINT-PAULIN

Je suis votre femme, monsieur h: général! On ne me parle pas ainsi ! — J'étais avec vous à Waterloo. •

LE GÉNÉRAL

Alors, feu ! ( Il prend arec viiilem la plat» et nuire* objet* qui m trwex.1 wj* u nain ri les jette k terre.)

MADAME DE SAINT-PAULIN

Feu ! (Elle prrod d« plâta . de* auicLta , et le* jette pareillement aree

violence.) Et je me suis remariée avec ce soudard !

LE GÉNÉRAL, mémo mouvement de colère.

Et je me suis prête à cette infâme drôlerie, après cinquante ans de ménage !... Oh !

MADAME DE SAINT-PAULIN , mémo mouvement.

Ma mère !

hermance.

LE GÉNÉRAL , «‘approchant de madame de Soi»!- Paulin.

J’ai des moustaches, madame la générale ! Vous voyez !„

DIEU MERCI ! LE COUVERT EST MIS

MADAME DK SAIKT-fAÜUR.

JYn ai aussi , monsieur le général ! Vous voyez !...

LF. GÉNÉRAL, rocMimaaçut le mouremeot précédent.

Il ne restera pas une seule assiette, pas un seul terre... ou vous direz!...

MADAME DE SAIVT-rAÜLlN, mime aoRveiRcnt de eettre.

Il ne restera pas un seul verre, pas une seule assiette, et je ne dirai rien, mais rien!

LE GÉNÉRAL, frappant sur U jappa enliircuMut dépouillée.

Eh bien! ce sera moi alors, mille, raille, mille!! qui dirai à faire trembler les vitres... Écoulez! (il chercha à m rappeler.) Ecoutez!... Qu’est- ce qu’il faut dire?

MADAME DK SAIMT-PAUUN.

Il l'a oublié... ne lui dites rien! Malheur à qui lui soufflera un seul mot.

LE GÉNÉRAL

O ma rage! Je n’ai plus faim, j’ai soif!

LOMBARD, rentrant et ae plaçaut au milieu de la Utile.

Le déjeuner est servi dans mon appariement.

Ah!

TOUS, arec joie.

LOMBARD

Venez! Mais auparavant, disons tous ensemble, en signe de réconciliation unanime ; Dieu merci!... Y ôles-vous? (u prend ma

coin de la nappe; tout en font autant.)

TOUS, en aouienant la nappa et la jataut eu l’air. Dieu merci! le couvert est mis!

Xi ’CÏYC,

LIBRAIRIE DE MICHEL LfiVY FRÈRES

UN franc le volume de 350 à 400 pages

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