TOU
Ah ! mon Dieu !
MADAME DE SAINT-PAULIN
Il tua sa femme !
LE GÉNÉRAL
Je la mangerais en ce moment, si je l'avais.
MADAME DK SAINT-PAULIN
Mais vous n’étes pas un homme.
LE GÉNÉRAL
Non, Madame, non ! Je suis un appétit. Mais, finissons-en, ou je ne réponds plu» de moi. — Est-ce qu'on empêche d'honnêtes gens de déjeuner, parce qu’une péronnelle veut dire ou ne pas dire ?.. — Mais si je vous eusse dit, le jour de notre mariage : Christine, dis rendant un an ce que ne veut pas dire Hermancc, tu l'eusses dit pondant un an. Voyons, Christine, dis pendant un an... non, un an c'est trop, — mais dis trois fois de suite...
MADAME DE SAINT-PAULIN
Ah ! grand Dieu ! je le dirai, je vais le dire trois fois, dix fois de suite.
HEAMANCS.
Comment, ma mère, vous inc donneriez si outrageusement tort devant mon mari ?
MADAME DE SAINT-PAULIN
Que dis-tu? Moi, donner raison à un gendre? Jamais! Ce serait déshonorer en ma personne toutes les belles-mères. Jamais ! jamais !
LOMBARD, il part.
11 n’y a qu’un moyen d’en sortir, (n t'en »a iui que » wm. toit remarquée.) •
LE GÉNÉRAL
Madame de Saint-Paulin , prenez garde ! La faim me fait passer insensiblement à 1 état d’hyène, de tigre, de lion ! Il me pousse des griffes. — Exécutez-vous tout de suite , ou je me déchaîne , je mords ! — dites...
MADAME DE SAINT-PAULIN
Je suis votre femme, monsieur h: général! On ne me parle pas ainsi ! — J'étais avec vous à Waterloo. •
LE GÉNÉRAL
Alors, feu ! ( Il prend arec viiilem la plat» et nuire* objet* qui m trwex.1 wj* u nain ri les jette k terre.)
MADAME DE SAINT-PAULIN
Feu ! (Elle prrod d« plâta . de* auicLta , et le* jette pareillement aree
violence.) Et je me suis remariée avec ce soudard !
LE GÉNÉRAL, mémo mouvement de colère.
Et je me suis prête à cette infâme drôlerie, après cinquante ans de ménage !... Oh !
MADAME DE SAINT-PAULIN , mémo mouvement.
Ma mère !
hermance.
LE GÉNÉRAL , «‘approchant de madame de Soi»!- Paulin.
J’ai des moustaches, madame la générale ! Vous voyez !„
DIEU MERCI ! LE COUVERT EST MIS
MADAME DK SAIKT-fAÜUR.
JYn ai aussi , monsieur le général ! Vous voyez !...
LF. GÉNÉRAL, rocMimaaçut le mouremeot précédent.
Il ne restera pas une seule assiette, pas un seul terre... ou vous direz!...
MADAME DE SAIVT-rAÜLlN, mime aoRveiRcnt de eettre.
Il ne restera pas un seul verre, pas une seule assiette, et je ne dirai rien, mais rien!
LE GÉNÉRAL, frappant sur U jappa enliircuMut dépouillée.
Eh bien! ce sera moi alors, mille, raille, mille!! qui dirai à faire trembler les vitres... Écoulez! (il chercha à m rappeler.) Ecoutez!... Qu’est- ce qu’il faut dire?
MADAME DK SAIMT-PAUUN.
Il l'a oublié... ne lui dites rien! Malheur à qui lui soufflera un seul mot.
LE GÉNÉRAL
O ma rage! Je n’ai plus faim, j’ai soif!
LOMBARD, rentrant et ae plaçaut au milieu de la Utile.
Le déjeuner est servi dans mon appariement.
Ah!
TOUS, arec joie.
LOMBARD
Venez! Mais auparavant, disons tous ensemble, en signe de réconciliation unanime ; Dieu merci!... Y ôles-vous? (u prend ma
coin de la nappe; tout en font autant.)
TOUS, en aouienant la nappa et la jataut eu l’air. Dieu merci! le couvert est mis!
Xi ’CÏYC,
LIBRAIRIE DE MICHEL LfiVY FRÈRES
UN franc le volume de 350 à 400 pages