SCÈNE XII
Lus MÊmes, LioneL, DE MorvaL.
LioNet.—Nous voici à vos ordres, mon cousin.
BsaUvoIsiN (présentant Mandrin).—Monsieur le comte Léoni, mon gendre... Monsieur de Morval, ancien conseiller au parlement de Grenoble ; monsieur Lionel de Morval, son neveu.
De Morva (criant).—C'est votre gendre ?
BEAUVoIsIN (de même). —Oui.
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DE MorvaAL (criant).—Vous l’appelez ?.…
BEAUVOISIN.—Le comte Léoni.
DE MorvaL (criant).—Le comte Tripoli! j’entends bien ! il a l'air d’un bien honnête homme! (17 s'assied dans un coin et s'endort peu à peu.)
De Boissec (as à Mandrin).—A quoi pensezvous donc, capitaine ? vous êtes homme du monde, que diable ! allons, un compliment aux nouveaux cousins,
ManDrin (à Lione/).—Permettez-moi, mor sieur, de me féliciter comme d’un surcroît d'honneur, de la bonne fortune qui me donne en vous de si aimables parents !
DE Bouissec.—Très bien, ventre de biche !
LIionEL (à Beauvoisin).—Savez vous qu'il est charmant !
BEauvoisin.— N'est-ce pas ? quel dommage seulement qu’il ne soit pas un peu de la Lande à Mandrin.
ManDRIN ET DE Boissec (se retournant vivementi.—Hein |
BEAUVOISIN.—Ah |! c’est juste ; vous n'êtes pas au Courant, VOUS ne savez pas que mon cher cousin a un dada, une idée fixe ; c'est d'entreprendre la conversion d’un brigand.… mais là, d’un brigand à tous crins.. d’un bandit de sac et de corde.
L1oNEL (riant).—Mauvais plaisant.
DE Boissec (rianf).—Et le comte a plu tout de suite à monsieur! (4 Mandrin.) Ventre de biche ! cela donne à penser; savez-vous que je ne suis plus sûr de vous, mon cher !
Maxpmin (ôas).—Dis donc, si tu parlais d’autre chose.
- Lionei.—Ah ! voici M. Paul. Et notre jeune mariée sera-t-elle bientôt prête ?
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us RO SCÈNE XIII.
| | | | j'en- LES MÊMES, PAUL. | mme | À) PAUL.—La pauvre enfant est si troublée qu’elle ensez- ne pourra jamais achever sa toilette. (4 par’. | onde, Regardant à la pendule.) Le délai est écoulé !.… veaux Cet homme m'’aurait-il trompé ?.… DE Boissec (sur un geste d'impatience de Man- ‘sieur, drin).—Monsieur le notaire, voulez-vous lire ces | ur, de actes ? | |aima- MaANDRIN.—A quoi bon les lire? N'en connaissons-nous pas la teneur ?.… ! BEAUVOISIN.—Mon gendre a raison... (4x n0il est taire.) Monsieur le tabellion, faites-nous grâce de 1 votre affreux grimoire. nl nmage PauL (vivement).—Cependant, mon père, si l nde à c'est l’usage… À Le NoTaAIRE.— Usage dont on se dispens® sou-' | | véve- vent dans la pratique, monsieur. | DE Boissec.—En ce cas, procédons, et vive- { es pas ment... Allons, comte, une bonne signature ! | | T COu- MANDRIN (vivement) —Ah | de grand cœur! } rendre (ZZ va à la table et signe. Pendant ce temps Paul h n bri- est allé à le coulisse, l'orcille aux aguets.) i corde. PAUL.—J'entends du bruit, des pas précipités. Enfin | out de BBAUVoIsIN.—Qu'est-ce à dire ?
de bije ne SCÈNE XIV.
d’au- LES MÊMES, DE SIMIANE, DRAGONS, jeune DE SIMIANE.—Arrêtez |
BEAuvoIsIN.— Monsieur de Simiane !
Manprin.—De Simiane! vivant !
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Be Boissec.— Tout est perdu |!
DE SIMIANE (à Beauvoisin).—Savez-VOus quel est l'homme que vous donniez pour époux à votre
fille ?
Manprin.—Tais-toi | De Simrane.—Cet homme, c'est Mandrin !.…
Tous —Mandrin !
Beauvoisin.—Mandrin !…. Mandrin, mon gen-
dre !.…
Mawprin.—Eh bien, oui! ce nom d'emprunt sous lequel vous m'avez connu, je l’arrache comme on arrache un masque ; le eomte Léoni a disparu
en
mais à sa place se dresse un homme plus puissant,
et devant qui s’inclinent les plus fiers courages : 4
Mandiin!!! je ne prie plus, je commande... je ne 4 J
demande plus, je prends !.. malheur à qui osera
me résister !... (4 de Boisse) Marquis, le signal.
BrauvoisiN.—Le marquis ! lui aussi il en était ! Taomas.—Il en était! 4 Ds Boissec (/#rant un coup. de pistolet par la fenêtre). —Ne vous effrayez pas, messieurs, CE n’est qu'un signal! (Zowf Le monde pousse un cri.) De Morva (se réveillant en sursaut).—Dieu à
vous bénisse, cousin.
De Simiane.—Ne craignez rien, leurs bandits ne viendront pas | ManDrin.—Qui te l'a dit? s De SImIANE.— Voici des gens. qui pourront vous
donner de leurs nouvelles !
Manorin (éirant son épée).—Eh bien ! défen- P dons-nous, marquis. (Une troupe de dragons entrent en scène. Mandrin ct de Boissec veulent . t
se défendre, mais ils sont terrassés par les dragons
qui arrivent par la fenêtre. Au moment du com-
bat, Thomas s'est glissé sous la table.) LioneL.—Ne les tuez pas ! n€ les tuez pas! Ils
le | gen-
prunt omme isparu ssant, rages :
, je ne | osera signal. était !
par da *e n’est
—Dieu
bandits
nt vous
| défendragons
veulent dragons du com-
pas! Ils
sms UT Lui
m'appartiennent |! celui-ci, surtout... Mandrin 1... Enfin, je connais Mandrin !
DE Boissec (à de Simiane).—Je suis gentilhomme, monsieur ; j'ai droit à des égards !
DE SIMIANE.— C'est juste. Qu'on lui mette les menottes et qu’on double son escorte |
ManDRin. (1) —Trahi! je suis trahi!
DE SIMIANE (aux dragons).—Marchons, messieurs !
De Boissec (aux dragons\.—Suivez-moi, ventre de biche !
ManDrin.—Bah ! j'en reviendrai encore ! (Ox
* les entraîne. Au moment où ils vont sortir, Thomas
passe la tête sous la table, et tire Beauvoisin par la jambe.)
THomas.— Monsieur, sont-ils partis ?
BEAUVOISIN (poussant un cri de frayeur, et 52 laissant tomber sur Thomas).—Ah | imbécile | tu m'as presque fait peur |.
RiIDEAU.