‹ Les aventures de Mandrin [microforme]Chapitre 32 sur 41 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ManDrin, De Borssec.

DE Boissec.— Dis donc, capitaine, &: nous traite en prisonniers d'importance. Quel iuxe de

. précautions !

ManDRIN.—Depuis un mois qu'on nous traîne de prison en prison, aucune chance d'évasion Lis Avoir fait naufrage au port! avoir échoué au

moment où je touchais le but.

De Borssxc.— C'est triste, mais ce n'est pas ma faute ; je t'ai toujours dit de te défier de l'Italien…

MaANDRIN.—Piétro ! ah ! je me vengerai.

De Boïssec.—Tu parles de vengeance, Mandrin, tu oublies que nous avons en perspective un procès criminel, c’est-à-dire : la question ordinaire et extraordinaire, une condamnation inévitable, la mort sur l’échafaud, et quelle mort ! la mort par la roue, une mort lente, horrible et de mauvais goût, une mort Canaille! Tu oublies que nous sommes prisonniers, chargés de chaînes !

MaANDRIN (avec un sourire de mépris). —Crois-tu que ce sont ces chaînes qui m’embarrassent ?

De BoissEc.—Peste | j'avoue que pour ma part elles me gênent Outrageusement, et j'aimerais mieux autour de ma taille une guirlande de fleurs que cette ceinture de fer.

ManDrin.—Il y a six mois, je fus arrêté ; faute de prison sûre, on m'avait descendu dans un puits desséché avec des fers aux pieds et aux mains. On avait recouvert le puits d'une pierre énorme que dix hommes avaient eu peine à transporter, et, pour surcroît de précaution deux soldats s'étaient assis sur cette pierre, la carabine à l'épaule, le sabre au côtél.… au bout de dix minutes, j'avais brisé mes fers, au bout d’une heure j'avais arraché les parois du puits, j'avais percé un trou as$ez grand pour y passer mon corps, et pénétrer dans Ja cave de la maison voisine... Deux heures après,

j'étais libre | De Boissko.—Oui, je le sais; mais tu ne m'as

pas dit par quel miracle.

Manprin.—Le miracle ?... c'est une force physique à laquelle rien ne résiste, une volonté qui ne recule devant aucun obstacle, devant aucun moyen. DE Boissec.—Alors tu pourrais briser tes fers ? ManDRiN.— Aussi facilement que tu PEUX rompre cette paille.

De Borssec.—Pourquoi ne l’as-tu pas déjà fait ? ManpRin.—A quoi bor ? n'as-tu Pas entendu ?

des hommes armés veillent derrière cette porte, CE cachot est entouré d’autres cachots, cette fenêtre est à quarante pieds du sol. et puis te l'avoueraisje, je suis las de la vie!

De Borssec.— Tu es bien dégoûté.. Et tu ne

songes pas à te venger? .

Manprin.—Ah! si j'avais un moyen de sortir

de cette prison | Dr Boïssec. — Le hasard nous en fournira un eut-être.…. es-tu décidé à le saisir ?

ManDrin.—Oui !.…. je vivrai pour la vengeance |

De Boissec.—On vient | Manorin.—Silence i (405 se récouchent.)

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A: j, SCÈNE III.

Les MÊMES, LIONEL, LE GEôLIER.

LIONEL (a £tôlier, dans le COrPS de garde). — Voilà le laissez-passer d

€ M. le lieutenant criminel Pour moi et deux domestiques qui m'accompagnent.

LE GEÔLIER.— Entrez LIONEL.— J'ai laissé mes gens à la geôle, j'aurai Peut-être besoin d'eux tout à l'heure.

LE GEÔLIER (Zintroduisant) — On les préviendra, monsieur.

LIONEL (entrant) —Les voici l... les infortunés t (Le geôlier ferme Ja Porte sur lui)

E Boissec.— Monsieur Lionel de Morval 1...

MANDRIN.— Puis-je Savoir, monsieur, le motif qui vous amène dans notre prison ?

LIONEL. — Quel motif? l'amour du prochain, mOn ami. Aussitôt votre. accident, je me suis rendu chez le lieutenant criminel, mon parent, pour lui demander la faveur d'être admis auprès de vous ; il me l'a accordée, avec difficulté, je dois le reconnaître, mais enfin il me la accordée...

llons, monsieur de Mandrin, écoutez-moi avec ün peu d'intérêt, ayez confiance en moi. Que je voudrais avoir assez de

j Passées et goûter la joie de

vous amener par le repentir, à entrevoir gu delà | é

des misères de cette vie, le trésor des licités célestes |!

De Boirssec.— Ouf!

ANDRIN (brusquement) — Au diable l... il me faut la liberté,

Liover. — Hélas ! je fe puis vous ja donner.

in A0

Tout ce que je puis faire pour vous, c'est de vous procurer quelques friandises. et des conseils salutaires.

De Botïsseo. — Oh ! monsieur, tout ce qui vient de vous est excellent.

LioNEL (avec joie). —Vous acceptez !

De Boissec.— Les friandises. oui.

. LionEz (courant au guichet).— Allez chercher mes gens, qu'ils viennent avec les provisions... allez !

De Borssec.— À la bonne heure, monsieur, vous, au moins, VOUS connaissez le cœur humain Vous n’'ignorez pas qu'on prend plus de mouches

avec du miel qu'avec du vinaigre... et j£ ne vous cache pas qu'en ce moment du miel me ferait grand plaisir, surtout si on l'accompagnait d'un peu d’eau-de-vie et detabac.

LionEL.—Il y en aura, mes amis, il y en aura !.… mais puisque nous sommes si près de nous entendre, faites-moi une dernière concession avant de mourir... je vous la demande du fond de mon cœur. | De Boissec. — Avant de mourir... peste !..

Voyons, de quoi s'agit il ?

Manprin.—Parlez !

LionNEL.—On m'a affirmé que vous vous étiez refusés jusqu'ici à recevoir les secours spirituels.

ManDrin.—C'est vrai,

Lionez,—Eh bien! acceptez mon directeur...

c'est moi qui vous l'offre... une parole entrai: nante.a il fait des miracles. Tenez, hier encore, sa voix a persuadé un pauvre malheureux que j'ai pris à mon service... par compassion... et qui m'a même accompagné dans cette prison, c’est là un exemple. Vous allez voir ce malheureux... son histoire est bien intéressante, mon directeur vous

de vous seils sa-

qui vient

chercher visions...

nonsieur, humain C0 mouches » ne yous r .

me ferait nait d'un

n aura !..…

nous enion avant d de mon

peste !...

vous étiez spirituels.

directeur...

ole entraiier encore, eux que j'ai ,étquima c'est là un ireux... SON

recteur vous

An D

la racontera si vous m’autorisez à vous l’amener… Je lui ai donné rendez-vous dans le cabinet du Souverneur, et si vous voulez.

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