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Les aveux de Jeanne; monologue en vers dit

ft Que tout bas, je rêve d'avoir Cette liberté qu'on renomme. Et si j'en avais le pouvoir.

En un mot.

Je voudrais être homme. »

C'est un désir bien arrêté, Auquel mon esprit s'accoutume, La raison est de mon côté, Quand ce serait pour le costume.

Une robe, c'est assommant; On court, çà s'accroche....

On vous gronde !

C'est un souci de tout moment.

Une robe c'est tout un monde.

Ma robe me fait enrager,

Je n'en veux plus, c'est incommode.

Parlez-moi d'un veston léger,

Çà sera toujours à la mode.

Et les chapeaux, c'est encore pis!

Mon frère, dont maman est fière,

Porte au collège des képis.

Çà m'irait si bien!.. .

Ah! mon fière

A trop de bonheur, vraiment trop.

Je lui dis :

« Sans que tu te fâches, Pour pouvoir les porter en croc, Je voudrais voler tes moustaches. »

J'envie aussi l'air capitan

Qu'il prend, quand il peut en cachette.

Avec mystère.

N'en rapportez rien à maman...

Changeant de ton.

Allumer une cigarette.

Le droit de lire des romans, J'envie encor ce privilège.

C'est rempli d'éternels serments, De crimes... de héros... que sais-jel...

Il paraît que c'est idéal !

Mon frère en lit dans ses vacances.

Il choisit sa danseuse au bal, Enfin il a toutes les chances.

C'est un Monsieur!,..

Que je voudrais Pouvoir changer un jour de rôle !

Aux dames, c'est moi qui ferais

La cour...

Riant.

Oh ! que ce serait drôle !

Je serais empressé, câlin.

Si poli, qu'on dirait en somme :

— Qu'il a l'air vif^ qu'il est malin.

Ah le gentil petit bonhomme ! —

Oh! Messieurs ne souriez pas!

Qu'on me transforme, et je m'engage A marcher vraiment sur vos pas, En faisant mieux et davantage.

Vous vous croyez forts. Mais, demain. Je puis vous prouver le contraire, .îe possède un cousin germain, Le camarade de mon frère;

Venez un jour qu'il sera là, Vous m'entendrez dire sans cesse :

Mutinement.

« Portez ceci, ramassez ça. »

L'air triomphant.

Et vous verrez comme il s'empresse.

Ceci montre bien que vos yeux Jugent des choses sur l'écorce.

Mon cousin fait ce que je veux.

Voyez, vous n'avez pas la force!

La malice, j'en ai vraiment

Bien plus qu'un « Monsieur o j'imagine.

Si nous parlons de dévoùment,

C'est une vertu féminine.

Oui, Messieurs, bénissez le ciel, Quand à mon désir il s'oppose.

Car enfin si c'était réel, Si j'étais homme, je suppose,

Avec enthousiasme.

N'est-ce pas que je serais bien?

Vous auriez un rival terrible.

Je ne douterais plus de rien, Dans le possible où l'impossible.

J'aurais savoir, esprit, bon goût, Force, courage et grâce aimable ;

Souriant.

Et, c'est parce que j'aurais tout, Que ce n'est pas réalisable.

Il faut, pour que vive un portrait.

Qu'il prête un brin à la critique.

Avec une emphase comique.

Je ferais un homme parfait:

Gaiement, et bien détaché.

Et ce serait trop magnifique 1

3367-— Dijon, Impiimerie régionale, 7, Petite rue du Château, Directeur : A. Aupetit

Vj ^

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