DEPART
ACCOUDÉ sur le bastingage Et regardant la grande mer^ Je respire ce que dégage De liberté ce gouffre amer.
Le large pli des houles bleues, Que les vents poussent au hasard D'au delà d'un millier de lieues, Soulève le bateau qui part.
Sensation farouche et gaie, Je vais donc vivre sans lien !
Dieu ! que mon âme est fatiguée D'avoir tant travaillé pour rien !
Vains devoirs d'un monde frivole, Plaisirs factices de deux jours, Stérile abus de la parole, Efforts mesquins, tristes amours.
Tout de ce qui fut moi s'efface
A l'horixpn mystérieux.
Et le libre, l'immense espace
S'ouvre à mon cœur comme à mes yeux.