SCÈNE V
Lts Mêmes, SIR SPENCER; ensuite PAULIN.
DA GU EN AUDI ER
Attention!., voici un Anglais... Bïylord Bostlicef, Beaflteak ou Plumpuding... rouge, raide et sauvage , comme un canard... qui l’est... sauvage,.. Aimable homme, qui n’entend pas un mot de français... et, quand on lui dit: Bonjour, Mylord, il vous répond: yes, Sir!.. Vous allez voir. (Il va a Sir Spencer.) Bonjour, Mylord.
SPENCER
Yes, Sir.
B accès Af ni fr, riant.
Ilein?.. comme c’est dressé! (Spencer prend son agenda et écrit.) Toutes les fois que je lui parle, il a l'air de prendre des notes... Ah! ah! ah!.. Du reste, un homme qui n’est pas embarrassant... 11 couche ici, dans un hamac; il ne souille pas le mot , et prend du thé toute la journée, comme dans les romans de Richardson... Ab! ah! ali!...
pomard, entrant.
Ah! ah! ah!.. Qu’cst-ce qu'il te dit?.. Des bêtises, Hein?.. 11 est touzours très drôle... Comme à Paris. ( Donnant la main à Ernest. ) Bouzour, mon sher, bonzour!..
BAGl'ENAVDIER.
Je lui fais connaître tout le personnel de l'auberge.
pai lin , entrant vivement par la porte à gauche, et courant à la fenêtre du fond.
Ils partent !.. ils s’en vont !..
BAGVENAUDIER.
Ah!., voici un jeune homme tendre et sentimental , comme un Allemand... l’air clioucroûlc, tout-à-fait... Il est arrivé de ce matin... Je ne le connais pas... (S’approchant.) Monsieur!..
, (Paulin se retourne et le salue.)
ERNEST
Qu'est-ce qu'il va lui dire?..
POMARD
Silence !.. 11 va faire quelque sharze! Ah ! ah! ah!..
BAGl'ENAVDIER.
Monsieur est Allemand?..
PAULIN
Non, monsieur... Je suis Français..*
BAGVEN AUD1ER.
Ah ! ah !.. un compatriote !.. Monsieur est de Paris?..
PAULIN
De Pontoise.
BAGl'ENAVDIER*
Ah ! de Pontoise?.. Et vous voilà dans le canton de Vaud !.. Ce n’était pas la peine de changer...
POMARD
AU! ah! ah!.. Le canton de Vaud!.. C’est délirant !
ernest, à part.
C’est bête, voilà tout.
PAULIN
Je ne comprends pas.
BAGVEN AUBIER.
Vous ne?.. Il ne!., (nas.) 11 n’est pas fort!.* (Haut.) Ah ça! mon jeune ami, pour un Français,
né malin, nous avez l’air bien triste, bien malheureux...
PAULIN
Ah ! oui, monsieur!
BAGVENAUDIER.
Et, à moins que vous ne soyiez amoureux...
PAULIN
Ah ! oui, monsieur ! .
BAGVENAUDIER.
Pas possible!.. Amoureux!.. Contez-Dous donc ça... Entre compatriotes, on se console... on se rend service... et si nous pouvions vous aider... Nous voilà... deux avoués, un avocat: votre cause est en bonne main. (Aux autres.) llcin?.. une bonne figure!..
POMARD , de même.
Oui, il est zentil !.. Ab ! ah ! ah !..
ERNEST, à part.
Quel mauvais plaisant !..
BAGVENAUDIER.
Je sais que vous êtes amoureux de mademoiselle... Chose.
PAULIN
Ah ! oui, monsieur... et elle part!.*
BAGl'ENAVDIER.
Elle part!.. M IU Mathieu !..
Au : Vaudeville de U Famille du l'Apothicaire. '
La fille du Juge-de-Paix !..
PAULIN
Oui... Depuis Genève, je l’aime,
Je la suis partout... Mais je vais La perdre hélas ! aujourd’hui même.
Elle part !.. que puis-je espérer ?
BACIE-VUDIFJI.
Y aiment, le sort vous cherche noise...
{lSu, nui autrui.}
Et le voilà prêt à pleurer Comme un... citoyen de Pontoise.
Oui, le voilà prêt à pleurer Comme pleurent ceux de Pontoise.
• Pauvre jeune homme!.. Si on pouvait la retenir?.. PAULIN.
Oh! vous ne pourrez pas... Au contraire.*, c’est vous qui êtes cause qu'ils s’en vont.
BAGVEN A U DI ER.
Moi !.. Par exemple !
PAULIN
Oui... j'entendais tout à l'heure le papa qui disait : Je ne resterais pas une heure de plus dans la même auberge que ce Bagueuaudier !..
11 est si bêle!., si insupportable!..
ERNEST cl POMARD, riant*
Ah ! ah ! ah !..
BAGVENAUDIER.
Comment! il disait?...
SPENCER
Ah! ah!..
(On sc retourne, il continue à lire son journal.)
BAGUENAUDlEn.
Hein?., on dirait... non, il lit son journal, ce rosiheef... Ah ! M. Mathieu sc permettait de plaisanter!..
PAULIN
Mais non, il ne plaisantait pas... car il part... et peut-être que si vous partiez... il resterait.
BAGVEN AUDI FR.
. Eli bien ! ndn!.. Je ne partirai pas, et il res-