‹ Les avoués en vacancesChapitre 28 sur 53 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Histoire de rire... Ha! ha! ha! ha!.. Milord goddam • dégringolant du haut de son hamac... Bien !.. Le juge-de-paix ne pouvant fermer l'œil et sautant comme un cabri , pour cause de perruque... Très bien!.. Madame Mathieu également incommodée, et courant toute l'auberge , à la recherche d’un lit moins piquant... Bravo!.. Le prince allemand passant la nuit sous la feuctre de M ,u Mathieu et poussant des soupirs de... pharmacien... Excellant!.. Ernest cherchant... ce qu’il ne trouve pas... Délicieux!.. EtPomard!.. (Imitant sa prononciation.) Ce sher Pomard, qui adore les vacances, les voyazos en Suisse et les shfilets... ah ! db! ail! (Apercevant Zurich qui va sortir à droite, une corbeille à la main.) AU! dis donc, toi? ,

ZURICH

Pardon , Monsieur.. . c’est que je vais porter làdedans!..

UAGlENAUDlEn.

Veux-tu bien arriver, plus vite que ça , helvétique?..

ZURICH

Voilà, voilà... Tiens, Charlotte, cbarge-toi de ça.

CHARLOTTE

Donne. (EUe prend la corbeille et sort à droite.)

B AC U en AU DI ER, vivement.

Eh bien! l’ai-je trompé? est-il venu?.. Réponds donc... Cette nuit? pour Charlotte?..

ZURICH

Ah ! Monsieur, je vous dois une fière chandelle... et il peut se vanter d’avoir eu une belle peur.

BAGUENAUDIER

Bah !.. tu Pas donc vu?

ZURICH

Pas seulement le bout de son nez... il faisait noir comme dans un four... Mais je l’ai entendu, .|ui rùdait autour de la porte, qui grattait, qui lotissait... qui fredonnait un tas de petites chantons que je uc connais pas...

Quand on attend sa belle...

Eu avant, marchons.

Contre leurs canons...

BAGUENAUDIER

Et alors, tu t’es élancé sur lui? tu l’as saisi au collet?., tu l'as...

ZURICH

Ah ! bien, oui!., élancez-vous donc comme ça sur des inconnus nocturnes , qui sont peut-être des grands coquins de cinq à six pieds... merci bien. Monsieur!., une bonne giire est bientôt attrapée... et vous ne me l’auriez pas rendue, vous.

BAGUENAUDIER

Poltron! imbécille!

ZURICH

Laissez donc... J’ai eu une autre idée, bien plus fuie que lu vôtre... Je ne suis pas si bête...

BAGUENAUDIER, se rapprochant.

nahl... voyons.

ZURICH

Figurez-vous, Monsieur, que j’ai, ici à côté, au mou in... deux uiagniiiqu* s chiens des montagnes... deux compatriotes à moi... deux gros gaillards de bouledogues, qui , la nuit , ne connaissent personne... qui vous croqueraient.

fc* vous qui parlez, sans vous demander votre pas* seport... V’Jà comme nous sommes, nous autres montagnards!

BAGUENAUDIER, impatient.

Eh! bien?

ZURICH

Pour lors, voyant que l'inconnu continuait son jeu, je vous lui ai détaché mes deux concitoyens, en leur criant : Auxjambes! auxjarabcs!..Qssss!.. qsss!.. Là-dessus, fallait entendre la dispute!.. Les chiens hurlaient, l'inconnu aboyait... je riais, moi!., oh! mais, d'une manière indécente!., lia! ha! ha! ha!

BAGUENAUDIER , riant aussi.

lia! ha! ha! ha!.. Je crois l’entendre : oh! les shiens! oh! les vilains shiens!.. làshezdonc! ha! ha! ha!

ZURICH

Bref, je ne sais pas au juste ce qui s’est passé entr’eux... mais l'affaire a dû être chaude... à preuve que l’un des trois... pas l’homme. .. m’a rapporté l’objet que voici.

(Il montre un morceaudedrap.)

BAGUENAUDIER

Un pan d’habit!., vert!.. C’est Pomard!..

ZURICH

Air : Qu'il eU fljUtur d’ejxxinr celle.

Voilà 1' butin de la bataille,

Conquis par ces deux fiers gaillards.

BAGUENAUDIER

Corbleu! quel morceau I quelle entaille!..

ZURICH

Ab! dame, nous autres montagnards!..

Homm’s et chiens, nous sommes ingambes,

Et trop d’ardeur est nol* défaut...

J'avais beau leur crier. Aux jambes!..

Je vois qu’ils ont visé plus haut...

Les farceurs ont visé plus haut.

ERNEST, en dehors.

Tu es fou.

POMARD, de même.

Tu as perdu la tête...

BAGUENAUDIER, bas et virement.

Va t’en Ct tais-toi!.. (Mouvement de Zurich.) Va-t'en, ou je le fiche «ne volée!..

zuricii.

Merci, bien. Monsieur!

(U sort à droite.)

Page 1