SCÈNE I
POMARD, CHARLOTTE, puis ZURICH, ensuite ERNEST.
CHARLOTTE, sur la galerie, se défendant contre Pomard.
Eh! non , monsieur, laisscz-moi!.. Je ne veux pas qu'on m'embrasse !
POMARD
Allons donc, Suissesse!., eu attendant que tu répondes à ma lettre...
CHARLOTTE
Je n'y répondrai pas !..
POMARD
Un baiser!., un seul baiser!., un gros!
CHARLOTTE
Non !.. non !.. non !.. vous me chiffonnez !.. POMARD , qui prononce N' et Z pour C/J et G’. Bah !.. depuis que ze voyaze en Suisse, zc n’ai pas encore rencontré mie lilie d'auberze aussi sauvaze.
CHARLOTTE
Je ne suis pas sauvage ; mais je ne veux pas...
POMARD
En ce cas, ze t'embrasse !..
ZURICH, sortant de la chambre de Mathieu, et paraissant sur la galerie au moment où Pomard embrasse Charlotte.
Eh! bien!., ch! bien!., eh! bien!., ne vous gênez pas!
CHARLOTTE
L'a!., vous voyez!..
(Elle sc sauve. Zurich la suit dans l’escalier â droite.) POMARD.
Allons, maraud !.. as-tu fait ma chambre?.. A c'te chambre, faquin!..
(U rentre dans sa chambre.) ERNEST, qui est entré par le fond, en bas.)
Eh ! oui, une chambre... c’esl tout ce qu'ilme faut.. Je suis connu ici... un habitué.
CHARLOTTE, rentrant, en bas.
11 est toujours sur mes talons.
ERNEST
th ! c’est la petite Charlotte !...
CHARLOTTE
CVst M. Ernest!..
ERNEST, la prenant dans scs bras.
Bonjour, mon enfant! (il l’embrasse.)
Zt'ulCII, entrant Sur les pas de Uiartuue.
Eh! bien!., eh! bien!., eh! bien! ne vous gênez plUI ...
ERNEST
Ah!., ce pauvre Zuiicli!.. Toujours amoureux cl toujours jaloux?..
CHARLOTTE
Il n’est pourtant pas mon mari.