ACTE 17» SCENE IV
BAGrENAUDlEP. *n>» POMARD, «arrêtant tout-a-cour.
Toi, mon pan; on, mets-loi là, a côté d'elle, en face du tribunal.
M ATH IEC.
Qu’est-ce qu’il dit? qu’est-cc qu’il dit?... Mais ma fille!.. M“* Mathieu, je ne vois pas Claire.
POMARD
Comment! vous ne voyez pas... Ab ! oui., oh ! z’y suis.
IT* MATHIEU, au fond.
Eh! la voilà, la voilà, cette chère enfant.
POMARD
Elle donne le bras à l'apo... au prince Allemand. ( En l refit Claire et Paulin.)
MATHIEU, voulant sc lever.
Ah! je vais...
BAGUENAUDIER. le retenant sur sachalsc.
Bravo! c’est le public qui nous arrive... ils feront masse avec M“* Mathieu.^. Vous êtes jugede-paiv... je suis avocat... voici dette avoués... l'un spirituel, l’autre... au contraire...
pomard, a Ernest.
Ne fais pas attention, mon sher... ça se dit entre confrères.
BAGVEXAUD1ER.
Chacun de nous va se croire à son tribunal... C’est beau de rendre ainsi la justice eu couraut !
POMARD
Oui, oui, sharmant ! (A Ernest.) Quel satané farceur, hein!.. Ze l'adore.
M*' MATHIEU, assise à gauche.
De quoi s'agit-il donc?.. Qu'esl-ce qui...
BAGUENAITIER.
Silence!., plaidons et jugeons,
MATHIEU, criant,
Juger quoi? juger quoi? {à part.) Qu’est-cc que je suis venu faire... (Il va pour sc lever.)
baguenaudier, le retenant sur sa chaise.
Silence donc !..
(M. Mathieu est assis au milieu du théâtre, tenant son fils sur scs genoux. Baguenaudier est à sa gauche, ayant auprès de lui Charlotte et Zurich, et s’appuyant, pour plaider, sur le dossier d’une chaise. Ernest est ù gauche de Baguenaudier sur Pavant -scène. Pomard est à l’autre extrémité , près de M"* Mathieu et de Claire qui sont assises. Paulin se tient debout derrière elles.)
BAGUENAUDIER, plaidant.
Messieurs ! je viens plaider la cause de l’innocence que voici , (A Charlotte.) La révérence , jeune fille !.. (Reprenant.) Et c'est avec confiance que je me présente devant ce trib... (Il s’arrête en pouffant de rire, et s’approche de Mathieu.) Par don, M. Mathieu... si vous pouviez tourner votre perruque?., c’est que ce diable de cédé pelé...
M ATHIEU , tournant sa perruque avec colère.
A la lin, monsieur, vous me fatiguez, vous m'agacez!., et je vous déclare...
BAG U EN AI DIEU, retournant à sa place.
A la bonne heure !.. le profil droit de la perruque est infiniment plus avantageas.
TOl’S, riant.
Ab! ah! ah! ah!
POMARD, riant pins fort et pins long-temps.
AI»! ah ! ah ! ha ! qu’il est donc drôle ! qu' l est donc zcmil !
TOUS , pendant qu’il rlf.
Silence !
Silence doue !
MATHIEU, sc fâchant*
Au fait, monsieur !
BAGUENAUDIER
Le fait? le voici... (Elevant la voix d*une manière glapissante.) Je suis une jeune fille, messieurs!.. une jeune fille de ces montagnes, dernier refuge de la verfu et de la candeur, en Europe...
Je n'ai jamais quitté les beaux valions de l’Helvétie... mes pas liront jamais dépassé l’ombre du chàlet maternel... pour moi, l’univers commence au pic de AYcngern Alp pour finir au glacier de Schlafbuhl...
POMARD
Ah! quel fishu nom!., quelshien de nom!
TOUS
Silence !
POMARD
Silence !
n a G u ex AUDI ko, continuant.
Où donc aurais-je appris comment on fait le mal?.. Et l’on m’accuse pourtant!., l’on m’accuse, moi, CbarIolt>KcttJy-Zug-Appenzel, (Pomard rit aux éclats) d’avoir donné asile, celte nuit, à deux séducteurs !..
CHARLOTTE
Moi! jai donné asile!..
M** MATHirU.
Deuv séducteurs!.. C’est intéressant...
(Elle rapproche sa chaise.)