SCÈNE X
POMARD, puis M“* POMARD.
POMAUD, continuant sa lecture.
Hein ! qu'est-ce qu'elle dit là?.. (Lisant.) «Mon cousin Gustave, de l'École-Polytechniquc, est ici , depuis huit jours...» (S’interrompant avec inquiétude.) Comment! ce grand shàtain qui la regarde toujours avec des yeux... comme des becs de gaz!.. Mais ça ne se peut pas... Resta Paris, à son école... Pardine! sans cela!.. (Comme frappé d’une idée.) Ah! que zc suis bête! il est eu vacances!.. Les écolière , les étudions, les avoués , les petits cousins, tout le monde est en vacances... C’est un abus!., (il continue à lire.) «Il ne me quitte pas une minute...» Ça n’est plus drôle, savez-vous... « et je ne sais pas ce qu'il a depuis quelque- temps...» Ah 1 ah ! «mais chaque fois qu’il s’assied près de moi...» Oh! «ou qu'il me parle...» Oh! oh! «ou qu'il me prend la main... il... U... (Traversant le théâtre.) Ah! fishtre !.. ah! sapristic !.. le cashet a enlevé la phrase!.. (Cherchant à lire,) 11... il... (Criant) Quoi, <7? quoi donc, il ?.. Sacrrr!.. (Apercevant tout-à-coup M“* Pomard, qui est sur le seuil delà porte à droite.) Dieu!., ma femme!., ma f... (il court à clic, la prend parle bras, lui met la lettre sous les yeux et lui cric de toutes ses forces.) Quoi , il ?.. quoi, if, madame?..
M" # POMARD, froidement.
11... me dit que je suis abandonnée «délaissée, tandis que vous prenez vos ébats en Suisse , et que vous mériteriez...
POMARD
Assez! assez!... Ah ! grand brigand de shàtain!.. Mais comment! c'est toi?., loi?., ici?., en Suisse?., ze tombe à la renverse.
M“* POMARD, de même.
Aimeriez-vous mieux que je fusse au Hûvre?
POMARD, criant.
Non pas!.. Mais... mais comment? pourquoi?
à quel propos? depuis quand? avec qui?..
M"* pomard, de même.
Avec qui je suis je suis venue ?
POMARD
En Suisse... oui.
POMARD, d’un air dégagé.
Eh mais! monsieur, peut-être avec mon cousin.
POMARD
ll* e Pomard !
M** POMARD
Et pourquoi non?
POMARD, indigné. •
Pourquoi non?.. Parccquc ce serait un crime, madame... parce que ce serait... un crime!., madame !
M“* POMARD
Vous le prenez sur ce ton?.. Et votre conduite, monsieur... comment la justifierez-vous?..
POMARD
H ne s’azit pas...
m“* pomard, pleurant.
Ah ! je suis une petite femme bien heureuse... pomard, à part.
Bon ! une averse !
M - * POMARD
On choisit un mari tout exprès... bien laid...
POMARD
Ilcin?
M** POMARD
Tas spirituel...
POMARD
Francine !..
M“* POMARD
Pour en être plus sûre, et l'avoir à soi seule... Ça m'a bien réussi!.. (Le regardant.) Infidèle, avec cette figure-là !.. c'est avoir du malheur!..
Ah ça! mais, ah ça ! mais!..
M* e POMARD , quittant tout-à-coup le ton larmoyant et serrant son mouchoir.
A nous deux, M. Pomard !... nous avons un compte à régler, et ce ne sera pas long.
POMARD
Bon ! l'oraze, à présent!..
M“* POMARD
Di tes- moi...
POMARD
Mais d'abord, madame, vous qui parlez, dites-moi...
m** POMARD, complétant son Idée.
Avec qui je suis venue?.. Oh ! je puis vous le dire... moi, monsieur, je ne crains rien... Je suis venue avec une anglaise , une compagne de pension , une bonne et véritable amie, qui m'a vue au Havre, triste, abattue, los yeux rouges... Elle a eu pitié de moi... clic, qui est heureuse... elle , qui est veuve !
POMARD
Ilcin !.. vous voulez mon trépas !..
El"* POMARD.
Elle venait en Suisse... juste, aux lieux où je savais vous trouver, ingrat!., et c’est pour sauver mon honneur et le vôtre, que je suis partie avec elle.
Tu as bien fait, tu as bien fait!.. (A part.) Zc l'ai échappé belle!.. (Haut, allant pour l’embrasser.) Ah ! Francine, permets queze...
M“* POMAUD, le repoussant.
Jamais! monsieur, jamais!,, après votre in- ! fume trahison !..
POMARD
Par exemple!..
M** POViARD.
Vous osez la nier, Hippolytc !
POMARD
•ros Ze la nie comme un cnrazé .