ACTE I, SCÈNE XVII
r.nNEST, avec force.
Non, monsieur '...assez de rire comme cela!.. Grâce à vous, il n'est plus de bonheur pour moi!., et Pomard, qui s'amusait de vos misérablcs plaisanteries... il va risquer ses jours contre les miens, qucjc lui abandonne... mais, d'abord, vous allez nie rendre raison...
BAGUENAUDiEn, reculant.
Hein?., encore un!.. Ah! ça, mais ils tombent tous sur moi !
M** MATHIEU, enlranttriomphanle.
Messieurs ! ah ! messieurs! félicitez-woi!.. le suis la plus heureuse des mères!.. Le prince... vous savez... il aime ma fille ! il me la demande peur épouse, officiellement!
BAGUENAUDIEB, à part.
Ah ! bien !.. à l’autre foUe, à présent!..
M“* M ATM EU.
Où est mon époux, que je lui annonce...
BAGUENAUDIEB.
Oui, réjouissez-vous... quand on va sc batire , se tuer, s'égorger !
U- MATHIEU
O ciel!
BAGUENAUDIEn.
Pomard avec moi... Pomard avec lui... lui avec moi... moi avec... Un massacre général !... (Allant au fond.) Eh ! tenez, voyez cette boite de pistolets qui s'avance.
(l'omard paraît au fond, portant une boite de pistolets.)
EBNEST, à part.
Que faire ! que dire ! quel supplice !
(Sir Spencer parait à droite, portant aussi une boite de pistolets, et précédé de Mathieu.)
BAGUENAUDIEB.
Encore une boite de pistolets!., et de deux!... SCÈNE XVI.
Les MEmes, MATHIEU, SIR SPENCER, PO- MARD, dans ic fond; ensuite LUCIE.
M“* MATHIEU
Mon mar...
MATHIEU, bas.
Chut!... (A Spencer.) Arrêtez, sir Spencer!
(Pomard lève la télé et regarde avec surprise.)
EBNEST.
Permettez, mylord... A qui en a-t-il?
MATHIEU
A vous, monsieur Ernest Duchesne... Sir Spencer, dont je suis l'interprète, vous demande réparation de l’insulte faite a sa sœur !.. (Pomard s'approche vivement.) que vous avez compromise, en pénétrant chez elle.
EBNEST.
Ilcin ? plalt-il ?
MATHIEU, bas.
Silence !.. il est là !..
BAGUENAUDIEB, à part.
Ça tourne à la charade... Est-ce qu'il y a ici mi autre farceur que moi ?
MATHIEU
11 sait tout... et vous n'avez qu'un moyen de réparer votre funeste erreur...
BAGUENAUDIEB, i part.
Ah ! bah ! c'était elle !
POMABD, s’élançant.
C'était... qui?.. qui?.. •
MATHIEU
Et ce moyen, c’est de vous brûler la cervelle avec mylord.
LUCIE, qui entre, poussant un cri.
Ah!., avec mon frère !.. pourquoi donc?..
(Sir Spencer l'arrête.) BAGUENAUDIEB.
Ça sc complique !..
MATntEU.
A moins que vous consentiez à tout terminer, par un mariage avec madame...
LUCIE
Moi !.. (Son frère l’arrête toujours.)
EBNEST.
Qu’enlcnds-jo !..
(Il la regarde avec stupéfaction. Pomard, qui était immobile , laisse échapper sa boite, chancelle et tombedans les bras de Baguenaudicr.)
BAGUENAUDIEB.
Allons 1. . en voila un qui sc pâme !
TOUS
Pomard!.,
POMABD.
Ah ! ze n'y vois plus... zc me meurs !.. Zetczmoi de l’eau... battez-moi... Ma femme! Francine!.. ah !
* (On l'entoure, on le fait revenir.) BAGUENAUDIEB.
Donnez-hii des coupe de poing dans le dos!
EBNEST, à Mathieu, bas.
Mais non... c'est un rêve!., vous me trons.
pez !..
MATHIEU, lui montrant Pomard.
Malheureux ! vous allez tout perdre !..
POMABD.
Zc reviens! ze renais!.. Ah! Bagucnaudier!..
ali ! mon sher Ernest... ah ! pardon !.. Ze comprends tout... ze suis heureux... ze suis contenu.. Ah! mes amis, tyaellc venette! quelle fishue venette !. . si ze n'en oi pas la zaunissc !..
(Il s’essuie le front.) BAGUEN AUD1ER, avec elfuslon.
Ce brave Pomard!.. Le diable m'emporte, je crois que ça lui sort déjà.
POMABD, sc levant tout-à-coup.
Ah ! ma femme!... ma femme !..
(11 se précipite dans la chambre.) M"* MATHIEU.
Et moi, messieurs, je vous annonce le mariage de Claire Mathieu, notre fille, avec le prince de...
BAGUENAUDIEB.
Paulin Cliquet, jeune pharmacien, qui donne les plus belles espérances.
M“" MATHIEU
Quoi?comment?.. Qu’cst-ceque c’est?
MATHIEU
Pharmacien?
BAGUENAUDIEB.
Ou apothicaire... c’est au choix... Histoire de rire !...
M"* MATHIEU
Ah ! l’horreur !
MATHIEU, furieux.
Oh ! cette fois-ci, par exemple!..
<çg» (fl veut s’élancer sur Baguenandier. On les sépare. |
BAGUENAPDIER.
FAchet-votU donc !.. Monsieur a un ^lat superbe... qui va toujours... Vous consommerai gratis, dans la boutique de votre pendre... Tenez, vous «tes trop heurntx... et si j’étais pire, si j’avais une fille... Mais il faudrait commencer par avoirune femme... (A pari) Je m’en prive... (Haui) Eh bien ! dites donc , vous êtes tous parfaitement heureux et conlcns.. . personne ne m'en veut plus...
SIR SPENCER, s'avançant.
Excepté moi !
BAOtiENAirntER, sautant.
Alt ! bah 1 il parle français !.. Et il ne le di- j sait pasl
SIR sPENCEn, avec un léger accent.
Je ne sais pas le français, quand je rencontre des gens ennuveux et de mauvais plaisans...
mais je le sais très bien, pour leur en demander i raison... (Tirant et ouvrant son agenda.) Vous vous êtes amusé âmes dépens, dix fois... J’en ai pris no - c’est dix coups d’épée que je vous dots... nous commencerons...
-<b> BAGPENACDIER,
I Quand vous voudrez.
LUCIE
Mon frère ! (Mouvement général.)
SIR SPENCER, gatment en regardant sa sœur et 134guenaudler.
Oh !.. histoire de rire.
BAGUENAUD1ER.
Farceur d’anglais!., il me l’a volé.