‹ Les avoués en vacancesChapitre 52 sur 53 · ACTE I, SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XVII

r.nNEST, avec force.

Non, monsieur '...assez de rire comme cela!.. Grâce à vous, il n'est plus de bonheur pour moi!., et Pomard, qui s'amusait de vos misérablcs plaisanteries... il va risquer ses jours contre les miens, qucjc lui abandonne... mais, d'abord, vous allez nie rendre raison...

BAGUENAUDiEn, reculant.

Hein?., encore un!.. Ah! ça, mais ils tombent tous sur moi !

M** MATHIEU, enlranttriomphanle.

Messieurs ! ah ! messieurs! félicitez-woi!.. le suis la plus heureuse des mères!.. Le prince... vous savez... il aime ma fille ! il me la demande peur épouse, officiellement!

BAGUENAUDIEB, à part.

Ah ! bien !.. à l’autre foUe, à présent!..

M“* M ATM EU.

Où est mon époux, que je lui annonce...

BAGUENAUDIEB.

Oui, réjouissez-vous... quand on va sc batire , se tuer, s'égorger !

U- MATHIEU

O ciel!

BAGUENAUDIEn.

Pomard avec moi... Pomard avec lui... lui avec moi... moi avec... Un massacre général !... (Allant au fond.) Eh ! tenez, voyez cette boite de pistolets qui s'avance.

(l'omard paraît au fond, portant une boite de pistolets.)

EBNEST, à part.

Que faire ! que dire ! quel supplice !

(Sir Spencer parait à droite, portant aussi une boite de pistolets, et précédé de Mathieu.)

BAGUENAUDIEB.

Encore une boite de pistolets!., et de deux!... SCÈNE XVI.

Les MEmes, MATHIEU, SIR SPENCER, PO- MARD, dans ic fond; ensuite LUCIE.

M“* MATHIEU

Mon mar...

MATHIEU, bas.

Chut!... (A Spencer.) Arrêtez, sir Spencer!

(Pomard lève la télé et regarde avec surprise.)

EBNEST.

Permettez, mylord... A qui en a-t-il?

MATHIEU

A vous, monsieur Ernest Duchesne... Sir Spencer, dont je suis l'interprète, vous demande réparation de l’insulte faite a sa sœur !.. (Pomard s'approche vivement.) que vous avez compromise, en pénétrant chez elle.

EBNEST.

Ilcin ? plalt-il ?

MATHIEU, bas.

Silence !.. il est là !..

BAGUENAUDIEB, à part.

Ça tourne à la charade... Est-ce qu'il y a ici mi autre farceur que moi ?

MATHIEU

11 sait tout... et vous n'avez qu'un moyen de réparer votre funeste erreur...

BAGUENAUDIEB, i part.

Ah ! bah ! c'était elle !

POMABD, s’élançant.

C'était... qui?.. qui?.. •

MATHIEU

Et ce moyen, c’est de vous brûler la cervelle avec mylord.

LUCIE, qui entre, poussant un cri.

Ah!., avec mon frère !.. pourquoi donc?..

(Sir Spencer l'arrête.) BAGUENAUDIEB.

Ça sc complique !..

MATntEU.

A moins que vous consentiez à tout terminer, par un mariage avec madame...

LUCIE

Moi !.. (Son frère l’arrête toujours.)

EBNEST.

Qu’enlcnds-jo !..

(Il la regarde avec stupéfaction. Pomard, qui était immobile , laisse échapper sa boite, chancelle et tombedans les bras de Baguenaudicr.)

BAGUENAUDIEB.

Allons 1. . en voila un qui sc pâme !

TOUS

Pomard!.,

POMABD.

Ah ! ze n'y vois plus... zc me meurs !.. Zetczmoi de l’eau... battez-moi... Ma femme! Francine!.. ah !

* (On l'entoure, on le fait revenir.) BAGUENAUDIEB.

Donnez-hii des coupe de poing dans le dos!

EBNEST, à Mathieu, bas.

Mais non... c'est un rêve!., vous me trons.

pez !..

MATHIEU, lui montrant Pomard.

Malheureux ! vous allez tout perdre !..

POMABD.

Zc reviens! ze renais!.. Ah! Bagucnaudier!..

ali ! mon sher Ernest... ah ! pardon !.. Ze comprends tout... ze suis heureux... ze suis contenu.. Ah! mes amis, tyaellc venette! quelle fishue venette !. . si ze n'en oi pas la zaunissc !..

(Il s’essuie le front.) BAGUEN AUD1ER, avec elfuslon.

Ce brave Pomard!.. Le diable m'emporte, je crois que ça lui sort déjà.

POMABD, sc levant tout-à-coup.

Ah ! ma femme!... ma femme !..

(11 se précipite dans la chambre.) M"* MATHIEU.

Et moi, messieurs, je vous annonce le mariage de Claire Mathieu, notre fille, avec le prince de...

BAGUENAUDIEB.

Paulin Cliquet, jeune pharmacien, qui donne les plus belles espérances.

M“" MATHIEU

Quoi?comment?.. Qu’cst-ceque c’est?

MATHIEU

Pharmacien?

BAGUENAUDIEB.

Ou apothicaire... c’est au choix... Histoire de rire !...

M"* MATHIEU

Ah ! l’horreur !

MATHIEU, furieux.

Oh ! cette fois-ci, par exemple!..

<çg» (fl veut s’élancer sur Baguenandier. On les sépare. |

BAGUENAPDIER.

FAchet-votU donc !.. Monsieur a un ^lat superbe... qui va toujours... Vous consommerai gratis, dans la boutique de votre pendre... Tenez, vous «tes trop heurntx... et si j’étais pire, si j’avais une fille... Mais il faudrait commencer par avoirune femme... (A pari) Je m’en prive... (Haui) Eh bien ! dites donc , vous êtes tous parfaitement heureux et conlcns.. . personne ne m'en veut plus...

SIR SPENCER, s'avançant.

Excepté moi !

BAOtiENAirntER, sautant.

Alt ! bah 1 il parle français !.. Et il ne le di- j sait pasl

SIR sPENCEn, avec un léger accent.

Je ne sais pas le français, quand je rencontre des gens ennuveux et de mauvais plaisans...

mais je le sais très bien, pour leur en demander i raison... (Tirant et ouvrant son agenda.) Vous vous êtes amusé âmes dépens, dix fois... J’en ai pris no - c’est dix coups d’épée que je vous dots... nous commencerons...

-<b> BAGPENACDIER,

I Quand vous voudrez.

LUCIE

Mon frère ! (Mouvement général.)

SIR SPENCER, gatment en regardant sa sœur et 134guenaudler.

Oh !.. histoire de rire.

BAGUENAUD1ER.

Farceur d’anglais!., il me l’a volé.

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