AMBASSADEURS ET COURRIERS
à leur rencontre afin de les conduire dans la « maison publique », où ils étaient logés, nourris et entourés de soins. On brûlait devant eux des parfums, on leur offrait des bouquets, et, aussitôt qu'ils se sentaient reposés, on les conduisait au palais du gouverneur ou du roi. On les introduisait enfin dans la salle d'audience, où celui vers lequel ils étaient envoyés les attendait, assis et entouré de ses conseillers.
Après une profonde révérence, les ambassadeurs s'asseyaient sur le sol, au milieu de la salle, puis, sans lever les yeux, sans desserrer les lèvres, ils attendaient qu'on les invitât à parler. Cette invitation faite^ le principal d'entre eux, après un salut, exposait à voix basse l'objet de sa mission. Le roi et ses conseillers l'écoutaient avec attention, sans jamais l'interrompre. La harangue terminée, les ambassadeurs regagnaient leur logis. Pendant ce temps, le roi discutait avec ses conseillers, puis un de ses ministres portait sa réponse aux ambassadeurs. Alors on les approvisionnait de vivres pour leur voyage, et ceux qui étaient allés les recevoir les reconduisaient jusqu'aux portes de la ville. Les rois aztèques avaient des courriers, et ces hommes, à l'occasion, revêtaient des insignes qui révélaient au peuple les nouvelles intéressantes qu'ils portaient au souverain. S'il s'agissait d'une bataille perdue, ils cheminaient les cheveux épai^.En arrivant à Mexico, ils se rendaient droit au palais, s'agenouillaient devant le roi et lui racontaient la défaite. Si, au contraire, ils venaient annoncer une victoire, leurs cheveux étaient attachés à l'aide d'une corde de couleur, et ils se drapaient dans une étoffe blanche. Tenant un bouclier de la main gauche, et de la droite une épée, ils avançaient en faisant le simulacre de combattre et chantaient des hymnes qui rappelaient les victoires passées. Le peuple, enthousiasmé par les nouvelles qu'ils apportaient, les escortait en poussant des cris d'allégresse.
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Afin que les messagers pussent arriver avec promptitude de toutes les parties de l'empire à la capitale, il existait sur les routes principales, de 6 kilomètres en 6 kilomètres, de petites tours où des courriers se tenaient constamment prêts à se relayer. Le premier qui parlait gagnait le poste prochain, communiquait verbalement à un de ses collègues la nouvelle dont il était chaîné, ou lui remettait les peintures hiéroglyphiques qui tenaient lieu d'écrits. De poste en poste, les nouvelles parvenaient vite à leur destinataire, car on prétend que ces courriers franchissaient jusqu'à 100 lieues par jour. C'est grâce à cette oi^anisation que Ton pouvait journellement servir, sur la table de Moteuczoma, du poisson frais venu du golfe du Mexique, distant de 80 lieues environ.
Les courriers s'exerçaient à la course dès leur enfance, et les prêtres chargés de les dresser à cet emploi stimulaient leur zèle en les récompensant par des prix. De nos jours encore, les distances que franchissent les piétons indiens, qui trottent plutôt qu'ils ne marchent, sont une cause de surprise permanente pour les Européens.
La noblesse de l'empire aztèque se divisait en une multitude de classes que les Espagnols confondirent sous la dénomination générale de Caciques. Ce mot, qui signifie prince ou seigneur^ appartient à la langue haïtienne, et son équivalent mexicain est Tlùoiani. A l'arrivée des Espagnols, il existait trente de ces feudataires possédant cent mille vassaux, et trois mille possédant une ville ou un bourg.
Les nobles de chaque catégorie jouissaient de privilèges distincts et portaient un costume qui permettait de reconnaître, à première vue, leur rang hiérarchique. Les nobles seuls avaient le droit de parer leurs vêtements de bijoux d'or, d'argent et de pierres précieuses. Jusqu'au règne de Moteuczoma II, les chai'gcs
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