JEU DE BALLE
en rebondissant, frapper le mur opposé. Mais on ne devait la loucher qu'avec le poignet, le genou ou le coude, sous peine de perdre un point.
Le peuple, à ce jeu, perdait en paris des épis de maïs, des habits, et parfois sa liberté ; les riches, des bijoux d'or, d'argent, ou des plumes. Au milieu de l'enceinte, deux pierres, semblables aux meules de nos moulins, et percées à leur centre d'un trou un peu plus large que la grosseur de la balle, étaient placées debout. Le joueur dont la balle traversait un de ces trous — fait très rare — gagnait non seulement la partie, mais les vêtements de toutes les personnes présentes. Du reste, un pareil coup se célébrait comme une action d'éclat.
On peut juger combien ce jeu devait être populaire chez les nations qui peuplaient l'Ânalmac, par le tribut de balles que les villes payaient au roi. Or Tochtépec et Otatitlan, pour leur part, en envoyaient jusqu'à seize mille au trésorier royal. Aujourd'hui, les Indiens ignorent jusqu'au nom de ce jeu qui passionna leurs ancêtres.
Un jeu plus intime, nommé patolliy consistait à dessiner sur une fine natte de palmier un carré, coupé de deux lignes diagonales et de deux transversales. On jetait en guise de dés de gros haricots marqués de points, et, selon le chiffi*e atteint, l'on retirait ou l'on posait de petites pierres aux angles formés par les lignes. Celui qui le premier rangeait ses pierres en trois files gagnait la partie.
Bernai Diaz mentionne un jeu avec lequel Moteuczoma, pendant sa captivité, se divertissait avec Cortez. Ce jeu, qui d'après lui se nommait toloquéy consistait à lancer de petites boules d'or contre une plaque de même métal, servant de but. Celui qui louchait cinq fois la plaque d'or gagnait un bijou.
Il y avait, parmi les Aztèques, des acrobates d'une agilité ex-
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traordinaire. Ainsi, un d*eux se couchait sur le sol et, levant les jambes, soutenait une poutre en équilibre sur ses pieds, puis la faisait sauter, danser, tourner avec vélocité, sans jamais la laisser choir. Parfois deux hommes se plaçaient à califourchon aux deux extrémités de cette poutre, et suivaient ses évolutions. D'autres s'appuyaient une perche sur Tépaule et un de leurs compagnons, grimpant jusqu'à l'extrémité de ce màt, s'y tenait en équilibre. Il est à remarquer que ces tours ont été de mode parmi nos acrobates il y a quelque vingt ans. En avaient-ils, par hasard, pris l'idée dans les peintures aztèques?
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