‹ Les bains d'Europe (volume 2)Chapitre 152 sur 465 · FRANCE. — AIX · texte numérisé non relu

FRANCE. — AIX

dont le prix (1 franc) est destiné à l'hospice des baigneurs indigents.

Les billets de douches ou vapeurs I ne sont délivrés que sur la présentation de cette carte d'admission, et échangés au contrôle au fur et à mesure du besoin. La distribution des billets a lieu chaque matin, pendant la durée du service, et l'après-midi, de deux à quatre heures.— Toute contre-marque prise dès la veille indique l'heure approximative où l'on recevra la douche le lendemain.

Pour le tarif, voir V Indicateur médical d'Aix-les-Bains, par le docteur Despine.

Monuments et antiquités. — On remarque surtout : l'arc de Campanus, monument d'ordre toscan et ionique, situé sur la place qui porte ce nom, et élevé probablement dans le troisième ou quatrième siècle; — le temple de Diane ou de Vénus, dans le jardin du presbytère, composé de gros quartiers de pierre superposés sans ciment ; — les restes des thermes romains, sous la pension Chabert.

Promenades. — Le charmant j'ardin du Casino, la promenade du Gigot, située à l'autre extrémité de

la ville et le jardin du vieux château se font remarquer par la beauté de leurs ombrages. En gravissant la colline au pied de laquelle est bâtie la ville d'Aix, on arrive en 10 min. au Jardin MoUard, d'où l'on découvre toute la vallée. Si Ton se dirige vers le S. 0. , on peut aller visiter (30 min.) la Maison du diable et la colline de Tresserve, d'où l'on jouit d'une vue admirable sur le lac du Bourget. — A 45 min. d'Aix, sur la route de Genève, on atteint un groupe de moulins construits pittoresquement sur les rochers, au pied desquels bondissent les eaux réunies de la Baisse et du Siéroz :

c'est la cascade de Grésy^ qui reçoit la visite de tous les étrangers.

A 45 min. d'Aix se trouve le lac du Bourget, qui a inspiré à M. de Lamartine l'une des plus admirables pièces des Méditations et les plus belles pages de Raphaël. Ce lac, long de 16 kil. , large de 5, est sillonné d'un grand nombre de bateaux sur lesquels on s'embarque pour aller visiter l'abbaye de Hautecombe, fondée par Amédée 111, en 1125, dévastée en 1793 et restaurée en 1821.

Mariiez (F. ce mot) est à 20 min.

d'Aix.

LES EAUX. ~ Eaux thermales, carbonatées calcaires, sulfureuses.

Connues dès l'époque romaine.

Émergence : Du terrain néocomien, groupe crétacé, reposant sur le terrain jurassique et recouvert par la mollasse qui forme les collines environnantes.

Deux sources principales : Eau de soufre, Eau d'alun ou source de Saint-Paul.

Débit en 24 heures: Eau de soufre, 15 500 hectol.; Eau d'alun, 48124 hectol., ensemble 03 624 hectol.

Densité : E-dw d'alun, 1 ,00025 (Petrequin).

Température: Eau de soufre, 4.5^0; Eau d'Alun, 46^5; la température de cette dernière s'abaisse de plusieurs degrés à l'époque des grandes pluies.

Caractères particidiers : Eaux limpides, incolores, à odeur hépatique, peu prononcée dans l'eau d'alun, i\ saveur douceâtre, un peu nauséabonde, déterminant des renvois nidoreux; l'eau de soufre dégage une multitude de bulles gazeuses ; l'eau d'alun paraît verdàtre dans les bassins, à cause des conferves qui en tapissent les parois; l'une et l'autre déposent dans les canaux une substance analogue h la glairine. Lors des tremblements de terre de Lisbonne, de laCalabre, en 1783, et de la chaîne du Mont-Blanc en 18'22, la source de soufre se refroidit subitement, se troubla et se couvrit d'une écume blanchâtre, la source d'alun resta dans son état ordinaire.

Service médical : Les médecins domiciliés à Aix foT'ment une commission médicale consultative qu'ils sont tour à tour appelés à présider, pour un an, suivant le rang d'ancienneté. Cette commission remplit les fonctions de médecin inspecteur, tous ses membres ont une position égale dans l'établissement tbermal.

Emploi : Boisson, bains, douches, massage, vaporarium, piscines. Les doucheurs d'Aix ont une réputation méritée d'habileté.

Situatioji : 268 met. au-dessus de la mer; 32 met. au-dessus du lac du Bourget.

Climat : Salubre et doux, quoique le voisinage des montagnes donne un peu de fraîcheur matin et soir. Aix convient comme séjour d'hiver à beaucoup de malades à cause de la douceur de son climat et de l'air pur et tonique qu'on y respire.

Effets physiologiques : Eaux excitantes du système nerveux et de la circulation, toniques et reconstituantes, agissant principalement sur la peau et sur la muqueuse des appareils digestifs et urinaires. C'est surtout en bains et en douches qu'elles stimulent éner^iquement les fonctions de la peau; leur usage détermine ordinairement les phénomènes de la fièvre thermale et souvent la poussée.

^IM. Petrequinet Socquet dans leur traité de^Eaux minérales donnent un tableau des observations faites par M. Petrequin sur lui-même, pendant un traitement de 20 jours à Aix. Sous l'influence des bains, douches, etc.» la température du corps fut presque constamment augmentée de 1 à 3 degrés; le pouls battant de 72 à 120, avant le bain, donnait 72 à 144 après le bain, fréquence non expliquée par l'auteur, et 80 à GO après que la réaction s'était opérée.

Analyste (Bonjean , 1838).

Eau de soufre , Eau d'alun, 1 kilogr. 1 kilogr.

Acide silicicpie 0 "■ ,00500 0 ^^ 00430

Phosphate d'alumine et de)

chaux 0 ,00249 0 ,002G0

Fluorure de calcium )

Carbonate de chaux 0 ,14850 0 ,18100

— de magnésie 0 ,02587 0 ,01980

Bicarbonate de fer 0 ,00886 0 ,00936

— de strontiane traces traces

FRANCE. — ALBAN [SAlNT-]. 201

Sulfate de soude 0 s»' ,09602 0 ^' .04240

— d'alumine 0 ,05480 0 ,00200

— de fer traces traces

Chlorure de sodium 0 ,00792 0 ,01400

— de magnésium 0 ,01721 0 ,02200

lodure alcalin traces

Glairine quant, indét. quant, indét.

Perte 0 ,01200 0 ,00724

Gaz azote 0'",0252 0''S063I

— acide carbonique libre 0 ,0i:)0 t) ,0007

— — sulfhydrique libre 0 ,0267

— oxygène ' 0 ,0041

MM. 0. Henry fils et J. Bonjean ont reconnu à plusieurs reprises la présence de l'iode et du brome dans les deux sources.

Bibliographie : Davet de Beaurepaire, Histoire et description des sources minérales du royaume de Sardaigne. Paris, in-8. — Despine, Indicateur médical et topographique d'Aix-les-Bams. Paris, in-18. — Petrequïn, De l'action des eaux minérales d'Aix. Chambéry, 1852. — Blanc, Rapport sur les eaux thermales d'Aix pendant l'année 1855. Paris, 1850, in-8. — Petrequin et Socquet, Traité général pratique des eaux minérales. Lyon, 1859, in-8. — La plupart des médecins pratiquant à Aix ont publié sur ces eaux des travaux que nous ne pouvons énumérer ici»

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