FRANCE. — NECTAIRE [SAINT
Nectaire-le-Haut et Saint-Nectairele-Bas. — Les eaux se trouvent à Saint-Nectaire-le-Bas.
a II y a, dit M. le docteur Antoine Vernière, trois établissements de bains :
a 1° Les bains du Mont-Cornador, qui se composent d'une vaste salle voûtée, fermée par une grille en fer. Sur trois de ses côtés viennent s'ouvrir onze cabinets; les cinq cabinets qui fontface à l'entrée sont pourvus de douches ascendantes.
a 2'' A 1500 mètres au-dessous , en suivant le cours de la rivière sur la rive gauche, on rencontre l'établissement Boëffe, dont les douze cabinets de bains sont disposés sur trois côtés d'une salle commune.
Tous les cabinets sont pourvus de douches descendantes, à l'exception d'un seul qui est muni d'une douche ascendante. L'eau arrive de deux sources différentes, l'une pour le bain, l'autre pour la douche. Un petit établissement , placé tout à côté, renferme trois baignoires et leurs douches.
« 3° Les bains Mandon offrent une disposition analogue à celle du grand établissement de Boette. Ils sont placés à 150 m. au-dessous, sur la rive droite de la même rivière. »
Monuments. — Véglise, qui date du dixième ou du onzième siècle, est classée parmi les monuments historiques. Elle est construite sur une roche à pic. On remarque le crucifix byzantin du maître autel et les curieux chapiteaux du chœur.
Promenades. — On visite, aux environs de Saint-Nectaire, sur un plateau qui domine les anciens bains, un beau dolmen en granit;
— le saut de la cascade du Sailhant^ où une digue de lave, arrêtant le cours de la rivière , produit une belle chute de 7 met. de hauteur;
— la Roche Longue; — le v. do Grandeyval et la tour qui existe près du pont de Rognon; — le pont de Verrière, de construction romaine;
— le ham. de FonteniUe et les curieuses caves de Jaunas; — le château de Saint-Dienj;—et (20 kil.) les bains du Mont-Dore (F. ce mot).
LES EAUX. — Eaux thermales, bicarbonatées et chlorurées sodiques, ferrugineuses, gazeuses.
Connues dès l'époque romaine, étudiées et décrites à la fin du dix-septième siècle ; la plupart des sources actuelles ont été découvertes de 1815 à 1824.
Émergence : Du granité.
Huit sources sont utilisées : Grande source Boette; petite source Boette dites aussi source Tempérée et source Chauâ.e; une troisième, nommée par comparaison source Froide, n'est pas employée; grande et petite sources du Mont-Cornador ; ces deux sources sont aussi désignées sous les noms de source chaude du Bassin et source intermittente du Tuyau (Rotureau); sources Mandon, grande et petite ou chaude et froide, cette dernière ainsi nommée par comparaison seulement; source Pauline; source Rouge. Les sources Pauline et Mandon froide, sont intermittentes ainsi que la petite source du Mont-Cornador. Les sources du Mont-Cornador sont aussi nommées sources de Saint-Nectaire-le-Haut,les autres, sources de Saint-Nectaire-le-Bas.
Débit en 24 heures {Annuaire des eaux de France) : Grande source
352 LES BAIXS d'eUROPE.
Boette et source Pauline, chacune 432 hectol. ; petite source Boette et source Rouge, chacune 317 hectol.; source Mandon chaude 864 hectol.; grande source du Mont-Cornador 749 hectol.
Densité : Sources de Saint -Nectaire-le-Haut ou du Mont-Cornador 1,001; sources de Saint-Nectaire-le-Bas 1,003.
Température : M. le docteur Basset, à l'obhgeance de qui nous devons sur ces eaux des renseignements précieux, donns pour les différentes sources les chiffres suivants : Grande source Boette 38*^,5; petite source Boette 40^ : grande source du Mont-Cornador 39*^ ; petite source du Mont- Cornador 36^; source Pauline 34*^; source Mandon chaude 37*^,2; source Mandon froide 26*^; source Rouge 23^ M. Rotureau a trouvé les températures suivantes : source Boette petite 43"y5; grande 38", 1 : source du Mont-Cornador grande 38^,9, petite 36^2; source Pauline 3P,7; source Mandon chaude 36^7 : froide 25"',2; source Rouge, 23", l.
Caractères particuliers : Ces eaux sont limpides et incolores dans les bassins et quand on les reçoit dans le verre, mais elles se troublent assez rapidement au contact de l'air, et en se refroidissant elles deviennent jaunâtres et précipitent un sédiment ocracé; quelques sources exhalent cette odeur dite sulfureuse qu'on remarque dans certaines eaux bicarbonatées sodiques, leur saveur est salée, plus ou moins lixivielle, plus ou moins ferrugineuse, chaude ou fraîche et piquante suivant les sources; elles dégagent peu de bulles de gaz dans le verre, quoique de fortes colonnes gazeuses fassent bouillonner les bassins à intervalles très-rapprochés, et forment au-dessus de quelques sources une couche épaisse d'acide carbonique; enfin elles sont incrustantes comme l'eau de Sainte- Allyre.
Service médical : Un médecin inspecteur.
Emploi : Boisson, bains et douches d'eau de vapeur et de gaz, inhalations.
Situation : La source la plus élevée de Saint-Nectaire-le-Haut est à 784 mètres au-dessus de la mer; Saint-Xectaire-le-Bas est à environ- 700 mètres.
Climat de montagnes, matinées et soirées fraîches et humides.
Saison : Du l^*" juin au 15 septembre; durée de la cure, de vingt à trente jours.
Effets physiologiques : M. Rotureau rapproche, à certains points de vue, les eaux de Saint-Nectaire de celles de Karlsbad; elles sont stimulantes des fonctions digestives, excitent la soif et déterminent la constipation au début du traitement et à dose modérée ; quand on en boit huit ou dix verres elles amènent l'embarras gastrique et les phénomènes de la fièvre thermale; elles sont diurétiques et rendent l'urine alcahne; employées en bains, elles déterminent une excitation marquée du système nerveux en général, tandis que par leur acide carbonique elles agissent comme anesthésiques sur la peau. En résumé elles sont excitantes, toniques et reconstituantes par l'acide carbonique, le chlorure sodique, le fer et l'arsenic qu'elles contiennent, en même temps que résolutives et antiplastiques par le bicarbonate de soude.
FRANCE. — NERIS.
Analyse (Nivet, 185i ; Terreil , 1858).