DE PARIS A NÉRIS PAR MOULINS ET MONTLUÇON
De Paris à 3Iouîiiis, 341 kil. Chemins de fer d'Orléans et de Lyon 'ligne du , Bourbonnais). 5 conv. par jour. Trajet en ; 8 h. 45 m. par trains express; en 11 h. 15 jm. partrainsomnibus. — l"cl.38fr. 05 c.
' — 2e cl. 28 fr. 60 c. •- se cl. 20 fr. 95 c.
De Moulins à Montiuçon, 93 kil. Chemin de fer. 3 conv. par jour. Trajet en 3 h. 10 m. — fe cl. 9 fr. 05 c. — 2^ cl. 6 fr. 80 c. — 3e cl. 5 fr.
De Montiuçon à Néris, 8 kil. Route de poste. Voilure en correspondance avec le chemin de fer. Trajet en 50 m.
Hiéris, V. de 1933 hab., est situé
sur un vaste plateau , dans une vallée arrosée par deux ruisseaux, les Granges et le Cerclier.
Le petit établissemeîit se compose de deux pièces, où les malades des deux'sexessont soumis séparément à Faction des étuves. Entre les étuves et le deuxième corps de bâtiment se trouvent deux immenses bassins, l'un dit bassin de conferves (50°) , l'autre, bassin de réfrigération (34°).
Un corps de bâtiment spécial contient les piscines chaudes et tempérées (34°) , qui reçoivent séparément les deux sexes.
Le grand établissement est éloi-
• gné du petit établissement de toute
la largeur de la place publique;
c'est un parallélogramme de 60 met.
de long sur 40 de large.
ce De chaque côté de l'entrée, dit M. le docteur Maurin, auquel nous empruntons ces détails, on voit deux bassins d'égale profondeur et de même capacité, tous les deux à ciel ouvert ; ils servent , celui de droite à la formation des conferves ; celui de gauche à la réfrigération de l'eau qui doit ahmenter les piscines chaudes et tempérées. En arrière de ces deux bassins, on entre sous un vaste portique ancien de 22 met. de long sur 5 met.
de large, au milieu duquel est l'entrée des étuves du grand établissement. Au-dessous de l'appartement des étuves et, pour ainsi dire, sous les pieds des malades, est placé un réservoir où l'eau du Puits de César (F. ci-dessous) arrive avec toute sa température.
Tout autour sont des pièces d'attente chauffées, dont l'une sert de vestiaire. — L'étuve en est séparée par une porte en far. Cinq ou six gradins percés de trous établissent un échange continuel de température
entre l'air de cette pièce et l'eau minérale du réservoir; les vapeurs dégagées par cette eau se répandent dans l'étuve. Une voûte épaisse et un double vitrage donnent tout à la fois l'isolement nécessaire pour que le refroidissement n'ait lieu qu'insensiblement, et le jour nécessaire pour éclairer la pièce tout entière. Un cabinet moins grand que l'étuve, et communiquant avec elle, permet de faire passer le malade sous une douche dont la température peut être graduée. Il y a aussi une petite pièce dans laquelle est administré le traitement par les étuves partielles. — Les douches de vapeurs sont administrées dans une pièce à part. )3
Tout à côté des étuves sont situées les piscines chaudes; elles ont 4 met. 33 centim. de large et 5 met. de long. Du côté de l'entrée est un vestibule étroit qui sert de vestiaire, et deux cabinets de douches y sont annexés.
Une galerie centrale réunissant les deux ailes du grand établissement sépare les étuves et les piscines chaudes des piscines tempérées qui sont vastes, assez profondes et décorées avec soin. A côté de la porte d'entrée existent 4 cabinets où les malades se déshabillent; — à l'autre extrémité se trouvent trois cabinets de douches.
Les galeries latérales renferment 80 cabinets de bains. — Chaque cabinet est garni d'un appareil à douche verticale.
On administre aussi dans l'établissement des douches écossaises , des douches ascendantes (huit cabinets) et la douche en cercle.
Outre les deux réservoirs dont nous avons parlé, situés en avant du portique, il en existe deux autres
FRANCE
NERIS.
dans une cour placée entre la piscine tempérée et la partie du bâtiment qui est affectée au grand salon et au cabinet de lecture.
MoMUMENTS. — On voit à Néris les restes intéressants d'un amphithéâtre romain. On a trouvé dans les fouilles un nombre considérable de fragments de constructions, de médailles et de débris de toute espèce qui jonchent encore le sol.
— Véglise date delà fin du onzième siècle ou du commencement du douzième.
Promenades. — Les environs de Néris n'offrent pas d'excursions bien intéressantes. On peut néanmoins visiter, sur les bords du Cher, une vieille tour nommée Château de l'Ours ; — Commentry , où se trouve une riche houillère ; — Montluçon, etc.
LES EAUX. — Eau thermale, bicarbonatée et sulfatée sodique faible.
Connue : dès l'époque romaine.
Émergence : D'un terrain granitique.
Six puits donnent issue à leau minérale, ce sont : le Grand puits ou puits de César ou puits d'Enfer, le puits de la Croix y le puits Carré, le ])uits Boirot^ le puits Falvart de Montluc, le p>uits du Noyer. L'eau de ces puits paraît apppartenir à la môme nappe; toutefois sa force d'émergence et sa température ne sont pas les mêmes dans les différents puits, elle n'est pas non plus traversée par une quantité de gaz égale. M. le docteur Maurin attribue ces différences aux dimensions inégales des fissures qui donnent passage à l'eau. Une septième source, de température beaucoup moins élevée, est captée dans le grand étabbssement, sous le nom de puits du Jardin.
On trouve dans Boirot-Desserviers , la relation suivante d'un phénomène observé aux sources de Néris, lors du tremblement de terre de Lisbonne : a En 1755 (le 10 novembre), à onze heures du matin, une colonne d'eau s'éleva de la source à 3 ou 4 met. de hauteur et se soutint pendant quelques secondes. Le volume des sources dans le bassin thermal fut prodigieusement augmenté; l'eau prit une couleur laiteuse, les fondements du puits de César furent emportés, et la source nouvelle se creusa à ses pieds un bassin plus vaste et plus profond....» Un phénomène analogue fut observé en 1759 par le curé Renaud.
Pesanteur spécifique : 1,0012, puits de César.
Température : M. le docteur Maurin a mesuré avec le thermomètre de M. Walferdin la température des puits de César et de la Croix, au fond, au milieu et à 0™, 30 de la surface; il a obtenu comme moyenne -. puits de César, .52^92; puits de la Croix, 50%81; puits Carré et Boirot, 50»; puits Falvart et du Noyer, 49,2. M. Rotureau a trouvé pour ces sources et dans le même ordre : 53% 9; 62^2; 49\7 ; 46^4; 520;7 ; 49% 5. L'eau des puits dits du Jardin est à 25» et à 28».
Caractères particidiers : Eau limpide, incolore dans le verre, paraissant verte dans quelques-uns des puits par le reffet des conferves, inodore , d'une saveur légèrement salée et non désagréable à sa température d'émergence, assez mauvaise quand elle est refroidie; onctueuse h la peau, dégageant d'abondantes vapeurs h l'orifice des puits et traver-
sée dans le puits de César par de grosses bulles de gaz qui viennent crever avec bruit à la surface. Ces bulles de gaz sont très-fines, non bruyantes, et quelquefois intermittentes dans le puits de la Croix; des conferves vertes se développent dans plusieurs des puits et dans les bassins où l'eau séjourne.
Service médical : Un médecin inspecteur, un inspecteur adjoint.
• Emploi : Boisson chez quelques malades , bains , douches d'eau et de
vapeurs, piscines, étuves, fomentations et frictions avec les conferves.'
Climat assez chaud mais variable pendant la selle saison , orages fré* quents.
Saiso7i officielle du 15 mai au 15 octobre; mais en arrivant à Néris avant la fin de juin et en y restant après le 15 septembre on s'expose à y souffrir du froid. Durée ordinaire de la cure, 25 à 30 jours.
Effets physiologiciues: L'eau de Néris agit comme sédative du système nerveux, mais de même que la plupart des eaux du même genre, elle est d'abord excitante. En boisson, elle constipe pendant les premiers, jours, puis détermine la diarrhée chez beaucoup de personnes, même à dose très-modérée; on s'y habitue cependant, car à Néris les puits ne^ donnent qu'une eau très-analogue à Teau minérale, ou plutôt on n'yjboit réellement que de l'eau minérale refroidie, ce dont les habitants ne» souffrent pas , tandis que les étrangers s'y font difficilement.
Analyse (Lefort, 1857). |