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DE PARIS A LOUÈCHE PAR GENÈVE, ST-MAURIGE, MARTIGNY ET SION

De Paris à Genève par Dijon et Mâcon.

626 kil. Chemin de fer de Paris à la Méditerranée. 4 conv. par jour. Trajet en 15 h. par les trains express, en 19 h. par les trains omnibus, l^^ cl. 70 fr. 25 c. — 2« cl. 52 fr. 70 c. — 3e cl. 38 fr. 60 c.

De Genève à Saint-Gingolph ou au Boveret. Bateau à vapeur sur le lac de Genève.

De Saint-Gingolph ou du Boveret à Martigny. 38 kil. env. Chemin de fer.

Plusieurs convois par jour.

De Martigny à Sion. 27 kil. env. — Chemin de fer. Plusieurs convois par jour.

De Sion aux Bains de Louèche. 3 h.

Route de voitures. Omnibus tous les jours. Trajet en 7 h. — Le prix d'une place est de 7 fr. 30 c. — Une voiture à 1 cheval se paye 10 fr.

Les Bains de Toiièche, en

allemand Leukerbad, v. de 1.57 h.

cath. , sont situés au fond d'un vallon sauvage et triste , dominé au N. 0. par la sombre Gemmi; à l'O.

par le Daubenhorn^ 2880 met., le Lœmmerhorn , 3113 met., et la Strubelstock , 2985 met.; au N. par le Plattenhorn, 2849 met., le Binderhorn, 3466 met., et VAltels , 3634 met.; au S.E. par le Maing-

horn ou Torrenthorn, 2950 met., et le Chermignon ou Galmhorn 24G3 met.

HÔTELS. — Des Alpes, de Bellevue, de France, de VUnion, Maison- Blanche^ Brunner, pensions, etc.

Les bains de Louèche jouissent d'une réputation européenne ; ils sont fréquentés chaque année par un grand nombre de malades, principalement des Suisses ou des Français, qui y passent seulement les mois de juillet et d'août, bien que les hôtels soient ouverts de mai à octobre.

Au douzième siècle seulement quelques colons vinrent s'établir près des sources qu'avaient découvertes des chasseurs ou des bergers. A cette époque, Jean Mans bâtit une tour pour protéger le nouveau village et le mettre à l'abri des anciens habitants de la vallée, c'est-à-dire des ours et des loups. Quelques seigneurs valaisans y élevèrent par la suite une chapelle dédiée à sainte Barbe et plusieurs maisons. En 1501, le fameux cardinal Schinner fit construire des bâtiments de bains vastes et commodes; mais deux cent dix-huit ans après, une ava-

lanche les emporta avec soixante et une personnes. En 1758, une autre avalanche détruisit un nombre de maisons plus considérable encore. Ces avalanches tombent du haut d'une montagne située à l'E. à une si grande distance du village, qu'on ne croirait pas qu'il pût y avoir quelque danger à en redouter. Au reste, elle n'ont lieu qu'au printemps et jamais dans la saison des hains^ et l'on a construit une forte digue derrière le village, afin d'éviter, s'il est possible, le retour de semblables calamités.

Un monument a été élevé dans le cimetière de Louèche à six chasseurs de chamois emportés, il y a quelques années, par une avalanche.

Les bains sont administrés dans quatre établissements principaux.

Ce sont le Bain-Xeuf cubain Werra, le Bain-Vieux, le bains des Zurichois et le bain de l'Hôtel des Alpes. C'est la source Saint-Laurent qui alimente ces divers établissements, à l'exception du bain des Alpes, qui reçoit la source des Guérisons.

a L'habitude à Louèche est de se baigner dans des piscines, grands carrés d'une profondeur d'environ 1 met. et pouvant contenir de trente à quarante personnes. Une petite galerie' bordée d'une balustrade de bois règne tout autour du bâtiment, qui contient quatre piscines séparées par des cloisons, et permet aux visiteurs de venir pendant le bain faire la conversation avec les malades, car tous les malades, hommes, femmes, enfants, vieillards , militaires , prêtres , religieuses se baignent pêle-mêle, revêtus de longues tuniques de laine.

Les uns chantent ou lisent , les

autres travaillent ou causent : chaque baigneur a une table flottante ou il dépose son livre, sa tabatière, son ouvrage ou son goûter. Si l'on se baigne en commun, c'est qu'on reste de sept à huit heures dans l'eau, cinq ou six le matin, et deux l'après - midi avant le dîner. On commence par des bains d'une demi-heure à une heure , puis on augmente d'une heure par jour.

Après s'être baigné de sept à huit heures par jour pendant douze jours environ, on diminue successivement et dans la même proportion le nombre des heures, de manière à revenir au point de départ.

La durée totale du traitement est en moyenne de vingt-cinq jours. 5^ Excursions. — Les environs de Louèche offrent un grand nombre de promenades et d'excursions intéressantes. Nous mentionnerons surtout : — l'ascension de la Gemmi.

haute montagne de la chaîne des Alpes bernoises, dont les formes ne sont pas moins extraordinaires que les couleurs. On en atteint la base en 30 min., et le sommet (2302 met.) en 1 h. 45 min. Le col offre une vue admirable sur la vallée de Louèche, et sur les hautes cimes des Alpes du Valais et du Piémont. On visite aussi (1 h. 45 m.) Louèche (hôt. la Couronne)^ b. de 1042 hab. , situé au confluent de la Dala et du Rhône. On y trouve des chevaux et des voitures pour les bains de Louèche ; — (2 h.) les Échelles^ au nombre de huit, appliquées perpendiculairement contre les parois d'un précipice et qu'il faut escalader pour se rendre au V. d'Albinen; — la chute de la Dala, à 30 min. au N. E. , qui forme une belle cascade resserrée entre deux rochers; — (2 h. 30 min. à 3 h.) le

SUISSE. — LOUÈCHE. 475

(jlacier de Rinder; — (2 h. 30min.) le Guggerhiibel, qui intéressera vivement le botaniste et le géologue. — Les ascensions du Galmhorn (3 h. ; 2463 met.) et du Torrenthorn (5 h. ;

2950 met.) sont également recommandées.

Le prix des guides et des mulets pour toutes les courses est fixé par un tarif.

LES EAUX. —Eaux thermales, sulfatées calcaires et magnésiennes, ferrugineuses, gazeuses.

Connues depuis le douzième siècle et surtout depuis le commencement du seizième.

Émergence : D'un terrain composé de schiste argileux et de calcaire: on y rencontre des cristaux de quartz et des pyrites.

Douze sources thermales jaillissent aux environs du village sur la rive de la Dala : les principales sont la source Saint-Laurent, la source du Bain des pauvres, la source des Guérisons ; la source d'Or, Goldbrunnlein, a dû son nom à ce qu elle est la première où l'on ait observé le phénomène des pièces d'argent jaunies par le dépôt d'un sel de fer, qu'on prit d'abord pour de l'or, puis pour du soufre; enfin, au milieu de ces sources thermales, on en voit jaillir une, Lieh frauenhrunnen , qui est peutêtre due à une filtration de la Dala, et dont la température est trèsbasse, 0%7.

Débit en 24 heures : Source Saint-Laurent, 20 000 hectol. ; l'ensemble des sources fournit , dit-on, 100 000 hectol.

Densité: 1,0029.

Température : Source du Bain des pauvres, 46% 5; source des Guérisons, au griffon, 48%75; aux bains, 44^; source Saint-Laurent, au griffon, 5P,25; dans le réservoir et au bain vieux, 5P; au bain neuf, .j0%6 (P. Morin).

Caractères particuliers : L'eau de Louèche est limpide en général ; elle se trouble de temps en temps pendant quelques jours, sans cause appréciable, et tient alors en suspension des paillettes brillantes et trèsfines: elle est inodore ; l'odeur sulfureuse qu'exhalent quelquefois les piscines paraît tenir à la décomposition des sulfates au contact de la peau des baigneurs, comme l'a remarqué M. Fontan , et surtout au contact du bois pourri des cloisons. Le goût de l'eau de Louèche rappelle celui des sels de magnésie ; cette eau est traversée dans la plupart des sources par des bulles de gaz plus ou moins abondantes, et dépose sur les parois du bassin (source Saint-Laurent) des pellicules gélatiniformes de couleur rougeàtre et que recouvre une poudre noire. Quand on place une pièce d'argent dans les sources qui reçoivent le contact de l'air, cette pièce se recouvre en deux ou trois jours d'une matière jaune qui lui donne l'apparence de l'or; quand l'expérience est prolongée, la couleur du dépôt passe au rouge brun. M. Pyrame Morin a trouvé ce dépôt formé de peroxyde de fer, de traces de fer et de glairine. Ce phénomène, qui semble analogue à ceux qu'on voit se produire sous l'influence de la pile dans la ■galvanoplastie, a fait donner le nom de Goldbrunulein, petite source d'Or, à la source où on l'observa pour la première fois. Dans le bassin de

la source Saint-Laurent, des cristaux, composés de sulfate de chaux et de carbonate calcaire et magnésien, se forment sur les pierres qui font saillie au-dessus de l'eau; enfin le terrain qui entoure la source des Guérisons et les rochers d'ardoise qui bordent la Dala présentent, par les temps secs, des efflorescences blanches qui sont formées des mêmes sels que les cristaux dont nous venons de parler.

Emploi: Boisson et surtout bains et douches; les bains se prennent principalement dans les piscines , et leur durée est d'une demi-heure à six heures et plus.

Situation : 1415 met. au-dessus de la mer.

Climat de montagnes, rude, variable; matinées et soirées toujours très-fraîches.

Saison : Le climat des bains de Louèche n'en permet guère le séjour aux malades que du 15 juin au 1"^ septembre.

Effets physiologiques : Les eaux de Louèche sont excitantes, toniques et résolutives; elles agissent comme diurétiques et, à cet égard, comme au point de vue de leur action marquée sur la peau, elles paraissent devoir leurs propriétés à la longue durée des bains.

Louèche est la terre classique de la poussée, éruption qui paraît tantôt sur un point du corps, tantôt sur un autre, et s'étend quelquefois de manière à envahir presque toute la surface de la peau. Elle respecte, en général, les mains et le visage, c'est-à-dire les seules régions qui ne participent pas au bain. Cette éruption consiste d'abord dans une simple rougeur prenant dans certains cas l'apparence del'érysipèle, d'autres fois se rapprochant plutôt de l'erythema nodosum, du psoriasis ou de l'herpès. Elle est considérée généralement comme un gage de succès dans l'emploi des eaux. Rarement la poussée se développe avant cinq ou six bains; on dit pourtant l'avoir vue quelquefois survenir après le premier bain etpar le seul usage de l'eau minérale en boiss'on. On considère comme dangereux de cesser les bains avant que la poussée ait parcouru toutes ses périodes. Assez inoffensive, en général, cette éruption peut^devenir une véritable maladie; elle s'accompagne souvent des phénomènes dont l'ensemble a reçu le nom de fièvre thermale.

Analyse (P. Morin, 1844).

s. SAINT-LAURENT.

Eau, 1 kilogr.

Sulfate de chaux 1 s"- ,5200

— de magnésie 0 ,3084

— de soude 0 ,0502

— dépotasse 0 ,0386

— de strontiane 0 , 0048

Carbonate de protoxyde de fer 0 ,0103

— de magnésie" 0 ,0096

— de chaux 0 ,0053

Chlorure de potassium 0 ,0065

lodure de potassium traces

Alumine traces

SUISSE. — SAINT-MORIZ. 477

Phosphate , azotate traces

Sel d'ammoniaque traces

Glairine quant, indét.

Gaz acide carbonique ^ 0'" .002

— oxygène 0 ,001

— azote , 0 ,011

Bibliographie : Grillet, Les Sources thermales de Louèche. Sion; in-8. — Die Bâ'Jer und Kurorte der Schweitz. Zurich, 18ô7 ; in-18. — Pyrame Morin, Analyse de l'eau minérale de Louèche.... Journal de pharmacie et de chimie, 1846. — Loretan, Notice sur les eaux de Louèche, 1857.

MORIZ [SAINT-] (GRISONS).

719 kil. et 17 h. de Paris. Chemin de fer jusqu.'à Coire; diligence de Coire à Saint-Moriz. Trajet en 38 h. ou k2 h.

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