‹ Les bains d'Europe (volume 2)Chapitre 46 sur 465 · ALLEMAGNE. — CARLSBAD · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE. — CARLSBAD

Le nombre des baigneurs augmente chaque année à Carlsbad. — La matinée est consacrée au traitement, et le reste de la journée à la promenade. — Le soir, tous les baigneurs se rassemblent à l'Alte- Wiese , les Tuileries de Carlsbad.

C'est une longue rue plantée d'arbres. Là, on entend de la musique , on prend des rafraîchissements et on contemple, dans de jolies boutiques, les produits de l'industrie locale ou nationale.

Monuments. — Église de Sainte - Madeleine (1732-1736).— ÉgHse de Saint-André (1500).— Hôtel de ville (1777), etc.

Promenades. — Carlsbad abonde en promenades. Les collines entre lesquelles elle est bâtie sont couvertes de hois, surtout de résineux, sillonnées de sentiers faciles, couronnées de belvédères qui offrent de beaux points de vue.

Rive g. de la Tepel. — Le Schûtzenpark (20 m.), restaurant entouré d'un joli jardin. — Le Jœgersaal (belle vue ; 20 m.). — Le Hirschensprung (belle vue; 25 m.) — Le Marienruhe (10 m.) — Le Findlater Tempel (de 30 à 45 m.), qui offre un des plus agréables points de vue des environs de Carlsbad. — Le Posthof et le Freundschaftsaal (30 et 45 m.) — Le Belvédère (45 m.) — Le Bild (1 h.) — La Ziegelhûtte (1 h. 15 m.) et ÏAberg (beau panorama; 1 h. 30 m.)

Rive dr. de la Tepel. — Ascension du Dreikreuzberg et de la Kœnig Otto's Hœhe (45 m. et 1 h.) , où l'on a établi une chambre obscure. — Le Veitsherg (1 h. 45 m.).

Carlsbad communique par diligences avec Annaberg, Aussig, Eger, P'ranzensbad , Hof , Marienbad , Schneeberg, ïeplitz, Wildenthal et Zwickau et Prague.

LES EAUX. — Eau thermale, sulfatée sodique, gazeuse.

Connue principalement depuis le commencement du seizième siècle.

Émergence : D'un immense réservoir couvert d'une voûte naturelle d'arragonite formée par les eaux, et dans laquelle des fissures ou des trous de sonde donnent passage aux sources. On rencontre dans le terrain de Carlsbad des granits, des porphyres, des serpentines, des calcaires, des grès et du terrain houiller.

Douze sources principales : Le Sprudel (sprudeln, jaillir), l'une des sources les plus remarquables et les plus célèbres du monde par son abondance, sa chaleur et sa richesse minérale; Hygieensquelle, source d'Hygie; Mïihlbrunnen, source du Moulin; Neuhrunnen, source Nouvelle; Bernhardsbrunnen , source de Saint-Bernard; TheresiensbrunneHy source de Marie-Thérèse; Schlossbrunnen, source du Château; Marktbrunnen, source du Marché; Spitalbrunnen, source de l'Hôpital; Felsenquellt, source du Rocher; Kaiserbrunnen , source de l'Empereur; Russische Krone, la Couronne de Russie.

Débit en 24 heures : Le Sprudel, 23 784 hectol. ; toutes les sources réunies, 35 112.

Densité : Sprudel, 1,00503; Marktbrunnen, 1,00500.

Température : de 73%15, Sprudel, à 30^5, Couronne de Russie. Par suite de sa température élevée, l'eau de Sprudel cuit parfaitement les œufs et sert à toutes sortes d'usages culinaires.

Caractères pariiculiers : L'eau de toutes les sources a une même origine et diffère surtout par sa température; limpide, incolore, elle a un goût lixiviel qu'on a comparé à celui du bouillon de poulet très-salé. Ce goût est plus marqué dans certaines sources, celle du Marktbrunnen par exemple. Les sources les plus chaudes ont aussi une odeur fade de la même nature. L'eau des moins chaudes pétille dans le verre. Exposée à l'air, elle se trouble et laisse déposer un précipité jaune brun.

11 existe aussi à Carlsbad, ou près de cette ville, plusieurs sources d'une nature différente. Deux d'entre elles, le Sauerhnmnen et le Giesshiibelbrunnen, sont acidulés et très-gazeuses : elles fournissent à beaucoup de baigneurs une boisson d'agrément. D'autres sources peu éloignées sont ferrugineuses, et l'une est aménagée sous le non d'Eisen quelle, source ferrugineuse.

Emploi : Autrefois c'était presque uniquement en bains qu'on usait de l'eau de Carlsbad; maintenant c'est surtout en boisson. Le Sprudel et le Muhlbrunnen sont les plus fréquentées parmi les sources.

Situation : 384 mètres au-dessus de la mer.

Climat : Doux.

Saison .-Du 15 mai au 15 octobre.

Effets physiologiques : L'eau de Carlsbad est fort active , mais toutes les sources ne produisent pas le même résultat. L'eau du Sprudel détermine en général une sensation de bien-être et une tendance à la moiteur, mais chez quelques personnes ou dans certaines circonstances elle est mal supportée, elle pèse à l'estomac, etc. ; à faible dose, un demi-verre à un verre, elle constipe ordinairement; à dose de trois à six verres, elle est purgative ; il est des malades qui n'en peuvent prendre même un demi-verre sans éprouver un effet laxatif. Cet effet est généralement rapide et ne dure pas au delà d'une heure ou deux. L'usage interne ou extérieur de l'eau du Sprudel amène du côté des centres nerveux des phénomènes curieux à étudier, importants à surveiller; ce sont : une sorte d'ivresse (sprudelsrausch), l'amnésie, les éblouissements, le vertige, etc. Non diurétique chez l'homme sain, elle agit énergiquement sur les organes urinaires malades, et tend en général à raviver les conséquences des affections anciennes, pleurésie, pneumonie, etc. Les autres sources et notamment la Schlossbrunnen .qui peut être considérée comme type à cet égard, sont purgatives et très-diurétiques; elles agissent puissamment sur les muqueuses, et la Schlossbrunnen paraît avoir une influence spécifique sur celle des voies aériennes. Les eaux de Carlsbad déterminent presque toujours vers la troisième semaine un état de saturation ou de fièvre thermale dont on évite avec soin le développement et qui marque la fin de la cure. —Le Sprudel et le Schlossbrunnen sont les sources dont on boit le plus.

Cette eau se transporte.

On prépare, avec l'eau du Sprudel principalement, un sel très-usité en Allemagne comme purgatif et qu'on mêle souvent à d'autres eaux pour modifier leurs effets; c'est le sel de Carlsbad, qui contient une grande partie des principes fixes de l'eau dont on l'extrait par évaporation.

ALLEMAGNE. — CHARLOTTENBRUNN.

Analyse. (Gotll, I8r)7;Wolff).

SPRUDEL. MARKTBRUNNEN.

Eau, 1 kilogr. Eau, i kilogr.

Sulfate de potasse 1 8% 220 0 §' ,2552

— de bOude 1 ,948 2 ,3427

Chlorure de sodium 1 ,136 1 ,0717

lodure de sodium 0 ,0027

Bromure de sodium 0 ,0017

Phosphate de soude 0 ,0013

Silico-fluate de soude. 0 ,1851

Carbonate de soude 1 ,180 l ,2311

— de chaux 0 ,263 0 ,2788

— de magnésie 0 ,052 0 ,2472

— d'oxyde de fer 0 ,004 0 ,0115

— — de manganèse..'. 0 ,0023

— de lithine 0 ,0013

— de strontiane 0 .0049

Alumine et oxyde de fer 0 ,028 0 ,0032

Acide silicique 0 ,137 0 ,1728

Matières organiques et perte. . . traces. 0 .0176

Gaz acide Carbon, combiné à divers.degrés. 0"S830 0^^*,383 — azote 1 ,422

M. HelfTt et M. Rotureau indiquent pour le Sprudel une quantité d'acide carbonique beaucoup plus faible : 254" et 210"^, et une certaine proportion d'azote : 1^%037.

M. Gôttl, en opérant sur une grande masse d'eau du Sprudel, a trouvé dans cette eau des traces d'arsenic,, d'antimoine, d'or, de cuivre, de chrome, de zinc, de cobalt, de nickel, de titane, de baryte, de sélénium, d'iode, de brome et dacide borique, ainsi que d'acides crénique, apocrénique, formique, succinique et benzoïque.

Bibliographie : Carlsbad und seine Umgebungen, Carlsbad et Prague, 1853. — Hauck, Carlsbad, neun Briefe, Berlin, 1857. — Gôttl in Balneolog. Zeitung, tom. IV. — A. Rotureau, Des principales eaux minérales, Paris, 1858. — Mûhlenfels, Carlsbader Gedenkbuch , Dresde, 1858.

CHARLOTTENBRUNN (PRUSSE).

1478 kil. — Chemin de fer et route de poste. Prix, jusqu'à Waldenburg : r^ cl. 174 fr. 82 c. — 2e cl. 180 fr. 05 c.

DE PARIS A CHARLOTTENBRUNN PAR DRESDE , GŒRLITZ , KOHLFURT , LIEGNITZ ET WALDENBURG.

De Paris à Dresde par St-Quentin, Namur, Cologne et Leipsick, 1251 kil.

Chemin de fer. Trajet en 27 h. 20 m.

par train express. — On délivre des billets directs valables pendant un mois et donnant le droit de séjourner dans les principales villes du parcours. — l'ccl. 218 fr. 15 c. — 2e cl. 160 fr. 50 c.

De Dresde à Gœrlitz, 13 mil. 6/10.

Chemin de fer. Trajet en 3 h. et 3 h. 50 m. — li-e cl. 2 th. 10 sgr. — 2*= cl. 1 th. 26 sgr. — 3»^ cl. 1 th. 12 sgr.

De Gœrlitz à Kohifurt, 3 mil. 7/10.

Chemin de fer. Trajet en 45 m. pour

27 sgr. 1/2, 17 sgr. 13 sgr.

De Kohifurt à Liegnitz, 10 mil. 6/10.

Chemin de fer de Kohifurt à Breslau.

Trajet en 1 h. 15 m. et 2 h. — W cl. 56 sgr. — 2e cl. 42 sgr. 1/2. - 3^ cl.

28 sg. 1/2.

De Liegnitz à Waldenhurg, 9 mil.

3/10. Chemin de fer. 3 conv. par jour. Trajet en 1 h. 55 m. et 2 h. 45 m. —

ire cl. 2 th. — 2e cl. 1 th. 11 Sgr. —

3e cl., 28 sgr.

De Waldenburg à Char lot tenhrunn, 1 mil. 1/4. Route de poste.

Cliarlottenbrumi^ v. prussier de 1100 hab. , est situé dans It Riesengebirge ou les Montagnes deii Géants, chaîne de montagnes de 40 à 50 milles, qui s'étend du N. au* S E. , entre la Lusace et la Silésiei d'un côté, la Bohème et la Moravie de l'autte.

HÔTEL. — Deutsches Haus.

Le Badehaus date de 1836.

Charlottenbrunn est entouré d'agréables promenades appelées :

Bellevue , Blocksherg , Ludwigshœhe, Garve's Ruhe, Sophienau, Marienpïatz, Wilhelmsplatz, Friedrichs- ' hœhe. On peut visiter aussi Waldenburg ^ V. de 2000 hab.

LES EAUX. — Eau froide, carbonatée, calcaire et sodique, ferrugineuse.

Connue depuis 1697, bien captée en 1724.

Émergence : Du grès rouge et du porphyre.

Deux sources : Charlotienquelle , Elisenquelle, source de Charlotte, source d'Élise.

Densité : source d'Élise, 1,010625.

Température : 7^5.

Caractères particuliers : Eau limpide, inodore, dégageant beaucoup de gaz au moment où on la puise, surtout la source d'Élise: goût frais, salin, légèrement styptique, source de Charlotte-, piquant, faiblement alcalin, source d'Élise.

Emploi : Boisson, bains. — Charlottenbrunn est au moins aussi fréquenté pour l'air excellent qu'on y respire et pour son établissement de, petit-lait que pour ses eaux.

Situation : 440 mètres au-dessus de la mer, au milieu de forêts de sapins, abritée des vents d'O. , du N. et du >î. E.

Effets physiologiques : Eau légère à l'estomac, tonique, peu excitante; elle se rapproche à quelques égards des eaux de Fachingen, de Selters et de Bilin.

Analy*4c (Beinert et Fischer).

CHARLOTTENQUELLE.

Eau, 1 kilogr.

Carbonate de soude. 0^"" ,2067

— de chaux 0 ,2994

— de magnésie 0 ,0720

— d'oxvde de fer 0 ,0260

Sulfate de soude 9 ,0151

— de chaux 0 ,0039

Chlorure de sodium 0 ,0102

ALLEMAGNE. — CREUZNACH.

Silice Os»-, 0282

Alumine. , 0 ,0299

1 ,2914 Gaz acide carbonique libre û^'',712

CREUZNACH (PRUSSE).

693 kil. de Paris. — Trajet en 18 h. 38 m. par trains express; en 21 h. 10 m. par trains omnibus. — 1'^ cl. 66 fr. 09 c. — 2« cl. 50 fr. 46 c. — 3* cl. 38 fr. 57 c.

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