DE PARIS A AIX PAR MAGON, AMBE- BIEU ET CULOZ
Als, V. de 4182 hab., est située dans une large vallée, entourée de hautes montagnes, qui sont : au N.
la montagne de Saint-Innocent, et au S. les montagnes de Granier et de Blanchenet; à l'O., la chaîne du mont du Chat; à PE. une hautechaîne qui la sépare des Beaugcs.
— La population d'Aix est plus que doublée pendant la saison des eaux.
Hôtels. — L'étranger trouve à Aix plus de cent hôtels ou maisons garnies , des tables d'hôte et des
pensions à tout prix. — Grand-Hôtel d'Aix, de VÉurope, Venoi, Victoria, Laplace, Folliet fils, Robin, de l'Univers, de l'Arc Romain, du Louvre, des Princes, du Nord, de Paris, d'Italie, Dussuel, de Rcllevue, etc. — Pensions :
Chabert, Deloche , Bossut , Gaimoz, Bocquin, Folliet, etc. — Maisons particulières : Bertier, Bimct, Blanc (D1). Pichon, Blondin, Chaboud, E. Domenget, etc.
Le Casino renferme des salons de conversation, de musique, de lecture, une vaste salle de bal et de concert, une salle de jeu, un café avec billard et jeux divers, un
restaurant avec terrasse d'où l'on découvre une vue magnifique.
L' 'Établissement, fondé en 1779, et reconstruit de 1857 à 1870, est un des plus beaux et des mieux aménagés de l'Europe. Il contient 32 cabinets de bains, auxquels 32 autres doivent être ajoutés prochainement; 16 grandes douches diverses ; 2 grandes piscines de 80 met.
cubes; 2 piscines anciennes ; 2 piscines de famille avec douches ; 2 cabinets de douches en cercle et de siège ; 2 cabinets de douches en jet et en colonne; 2 salles de pulvérisation et d'inhalation; 4 salles pour les bains et les douches de vapeur, dites Berthollets ; 2 douches locales; 3 cabinets de bains de vapeur en boîte, etc.; 2 salles pour les douches pharyngiennes. On y donne par jour environ 1200 bains, 2000 douches et 200 inhalations.
Il est ouvert toute l'année; car Aix doit à son climat d'être, pour beaucoup de malades, un excellent séjour d'hiver. Dégagé des bâtiments qui en gênaient les abords, l'établissement se trouve à l'extrémité d'une belle promenade au milieu de laquelle s'élève l'Arc de Campanus.
La source, dite de soufre, sort de terre sous l'établissement même; celle d'alun, anciennement source de Saint-Paul, y est amenée par une galerie de captage qui est à la fois une œuvre d'art et une des curiosités du pays. Commencée en 18.")4, sous la direction de M. Jules François, ingénieur des mines, elle forme un tunnel horizontal de 120 met. de longueur sur une largeur de 1 met. 40 et une hauteur de 1 met. 80.
Elle aboutit à un puits naturel qui fournit toute l'eau employée
aux douches et dans les piscines.
L'eau est amenée par un conduit souterrain dans un réservoir construit au-dessus de l'établissement.
Ce beau travail a eu pour résultats : 1° de maintenir la source à une température plus con-tante et de lui conserver un degré de sulfuration plus élevé, en s'opposant à la déperdition du gaz et aux infiltrations d'eau pluviale ; 2° d'augmenter beaucoup le débit de la source.
Les grottes de Saint-Paul, ancien réservoir naturel de cette source, méritent d'être visitées au point de vue pittoresque et comme curiosité scientifique.
La vie est agréable à Aix, et, même avec une fortune modeste, un y trouve toutes les ressources nécessaires dans une station thermale. Il faut remarquer cependant que le prix des pensions s'élève au moment de la plus grande affluence des baigneurs, du 10 juillet au 20 août.
Monuments et antiquités. — On remarque surtout : l'arc de Campanus, monument d'ordre toscan et ionique, situé sur la promenade, devant l'établissement, et élevé probablement dans le troisième ou quatrième siècle; le temple de Diane ou de Vénus, dans le jardin du presbytère, composé de gros quartiers de pierre superposés sans ciment; — les restes des thermes romains, sous la pension Chabert.
Promenades. — Le charmant jardin du Casino, la promenade du Gigot, située à l'autre extrémité de la ville et le jardin du vieux château se font remarquer par la beau lé de leurs ombrages. En gravissant la colline au pied de laquelle est bâtie la ville d'Aix, on
FliANCK.
Al \-E\T -SAVOIE.
arrive en 10 min. au Jardin M<dlard, d'où l'on découvre toute la vallée. Si l'on se dirige vers le S.-O., on peut aller visiter (30 min.) la Maison du Diable et la colline de Tresserve, d'où l'on jouit d'une vue admirable sur le lac du Bourget. — A 4.") min. d'Aix, sur la route de Genève, on atteint un groupe de moulins construits pi t— toresquement sur des rochers, au pied (lesquels bondissent les eaux réunies de la Daisse et du Siéroz :
c'est la cascade de Grésy, qui reçoit la visite de tous les étrangers.
A h't min. d'Aix se trouve le lac du Bûurget, qui a inspiré à
Lamartine une des plus admirables pièces des Méditations et les plus belles pages de Raphaël. Ce lac, long de 16 kil., large de 5, est sillonné d'un grand nombre de bateaux sur lesquels on s'embarque pour aller visiter V abbaye de lluutecombe, fondée par Amédée III, en 112 5, restaurée en 1821. Elle renferme les tombeaux des princes de la maison de Savoie.
Marlioz [V. ce mot) est à 20 min.
d'Aix.
les eaux. — F.aux thermales, sulfurées sodiques.
Connues dès l'époque romaine.
Émergence : Du terrain néocomien, groupe crétacé, reposant sur le terrain jurassique et recouvert par la mollasse qui forme les collines environnantes.
Deux sources principales : Eau de soufre, Eau d'alun ou source de Saint-Paul.
Débit en 24 beures : Eau de soufre, 15 5O0 hectol.; Eau d'alun, 48124 hectol., ensemble 63 624 hectol.
Densité: Eau d'alun, 1,00025 (Petrequin).
Température .-Eau de soufre, 45", 0; Eau d'alun, 46°, 5; la température de cette dernière s'abaisse de plusieurs degrés à l'époque des grandes pluies.
Caractères particuliers : Eaux limpides, incolores, à odeur hépatique, peu prononcée dans l'eau d'alun, à saveur douceâtre, un peu nauséabonde, déterminant des renvois nidoreux; l'eau de soufre dégage une multitude de bulles gazeuses; l'eau d'alun pataît verdàtre dans les bassins, à cause des conferves qui en tapissent les parois ; l'une et l'autre déposent dans les canaux une substance analogue à la glairine. Lors des tremblements de terre de Lisbonne en 17ôo, de la Calabre en 1783, et de la chaîne du Mont-Blanc en 1822, la source de soufre se ref'roidtt subitement, se troubla et se couvrit d'une écume blanchâtre, la source d'alun resta dans son état ordinaire.
Service médical : Un médecin inspecteur, deu* inspecteurs adjoints, nombreux médecins consultants.
Emploi .- Boisson, bains, douches, massage, vaporarium, piscines. Les doucheurs et les masseurs d'Aix ont une réputation méritée d'habileté. On boit peu à Aix et le traitement externe e>t, pour un certain nombre de malades, le seul employé.
situation : 258 met. au-dessus de la mer; 32 met. au-dessus du lac du Bourget.
IÎAINS D'EL'ROPE.
Climat : Salubre et doux, quoique le voisinage des montagnes donne un peu de fraîcheur matin et soir. Aix convient comme séjour d'hiver à beaucoup de malades à cause de la douceur de son climat et de l'air pur et tonique qu'on y respire.
Action physiologique et thérapeutique : Les eaux d'Aix activent énergiquement les fonctions de la peau et élèvent la température du corps ou du moins de sa périphérie; elles ont en même temps pour effet primitif une augmentation do fréquence du pouls ; mais à cette excitation générale succède rapidement, du côté de la circulation, un effet secondaire de sédation. Tandis que la température du corps continue à s'élever sensiblement, le pouls diminue de fréquence. M. le docteur Vidal, inspecteur à Aix, a publié des observations d'un grand intérêt sur ce phénomène que Petrequin avait vu se produire sur lui-même, que M. Armieux a constaté à Barèges par une longue série d'observations, et qu'on a signalé aussi à Valdieri. C'est surtout en bains et en douches que ces eaux agissent ainsi ; car un bon nombre de malades ne suivent à Aix que le traitement externe; mais l'inhalation des vapeurs qu'exhalent les eaux, la température élevée de certaines divisions de douches et le massage complètent ce traitement et le rendent plus actif.
En boisson, les eaux d'Aix stimulent les muqueuses et sont légèrement diurétiques. Les bains et les douches ont au plus haut degré la propriété de réveiller les manifestations diathésiques, pour le rhumatisme, la scrofule et la goutte; mais cette propriété, utile au point de vue du diagnostic, peut avoir dans la goutte slhénique l'inconvénient de causer, dès les premiers bains, une attaque pendant laquelle l'usage des eaux devrait être suspendu. Toutefois, quand le rhumatisme se joint à la goutte, les eaux d'Aix reprennent leurs avantages. C'est, en effet, au rhumatisme sous toutes ses formes que ces eaux s'adressent principalement; qu'il siège dans les viscères, les muscles ou les articulations, nien rarement leur emploi méthodique n'est pas sui/i de guérison ou, tout au moins, d'une grande amélioration. Le résultat est même d'autant meilleur, dit M. Vidal, que le mal est encore à l'état subaigu et « l'endocardite rhumatismale, comme la maladie dont elle est l'expression, obtient des effets favorables de la cure extérieure par les eaux d'Aix-les-Bains. »
Le mode de traitement suivi autrefois avait pour but d'obtenir des sudations abondantes, c'était la méthode spoliatrice. On voyait presque toujours survenir la fièvre thermale, la température du corps s'abaissait et le pouls devenait plus fréquent. Aujourd'hui l'expérience a montré les avantages de la méthode reconstituante; la fièvre thermale et les phénomènes de la poussée se marquent plus rarement et avec moins d'intensité. Les eaux d'Aix réussissent presque aussi bien, mais plus lentement dans les accidents qui procèdent du lymphatisme, et comme les affections de la peau tiennent, pour la plupart, de la diathèse rhumatismale ou de la diathèse strumeuse, en général ces affections guérissent facilement à Aix. Enfin, on voit céder ou s'amender à cette
FltANCE.