DE PABIS A LA BOURBOULE PAR CLERMONT-FERRAND
De Paris à Clermont-Ferrand par
Nevers et Saint-Germain-des-Fossés, 420 kil. — Chemin de fer de Lyon, ligne de Nimes. 5 conv. par jour. Trains express en 8 h. 50 m. Trains omnibus en 15 h. 1" cl. SI fr. 75 c; 2* cl. 38 fr. 70 c. ; 3« cl. 2S fr. 40 c.
De Clermonl à la Bourboule par Rochefort et Murat-te-Quaire, ou par Randanne, 50 kil. — Route de poste.
Correspondance du chemin de fer, 1 dép. par jour. Trajet en 7 h. : coupé 7 fr. 50 c; intérieur et banquette 6 fr. 50 c. — Diligences. — 3 dép. par jour.
Prix : 12 fr. 50 c. et 10 fr. 50 c; plus le prix de l'omnibus du chemin de fer au bureau de diligences.
I^a Bourboule est un v. de 500
hab., situé sur la rive dr.de la Dordogne, dans une jolie vallée et au pied d'un grand rocher granitique.
Hôtels. — De V Etablissement thermal, Ferrêroles,des BaÏ7is,Chabory, Bellon, des Deux- Mondes .etc.
— Maisons garnies. — Deux Casinos avec salons de lecture et de musique, etc. — Théâtre.
A peine connue des médecins il y a 20 ans. mal aménagée, n'ayant,
même à une époque plus récente, qu'un établissement tout à fait insuffisant, cette station minérale donnait cependant des résultats excellents chez le petit nombre de malades qu'elle pouvait recevoir et qui osaient l'aborder. Des travaux importants ont, depuis quelques années, augmenté dans une proportion considérable le débit des sources. L'ancien établissement, transformé, s'est mis au niveau des exigences de la science actuelle, deux autres se sont élevés, dont l'un avec luxe, et la Bourboule compte aujourd'hui parmi les stations thermales les plus importantes par son installation balnéaire aussi bien que par ses eaux. Des travaux de captage, exécutés depuis quelques années, avaient fait craindre une modification regrettable dans les principes des deux sources les plus importantes, la source Choussy et la source Perrière. Ces deux sources, n'en font qu'une; les deux puits Choussy et Perrière sont presque contigus, ils communiquent entre eux grâce à la perméabilité d'une partie du sol qui les sépare, ils aboutissent à un même réservoir naturel et représentent à peu près l'ancienne source du Grand Bain, dans laquelle Thénard trouvait, en 1853, 8 milligrammes 1/2 d'arsenic par litre d'eau. Depuis lors, des analyses nombreuses et d'auteurs différents indiquèrent pour ces eaux d'abord un abaissement notable dans la proportion d'arsenic, puis un retour vers la teneur indiquée en 1853.
En 1878, MM. Lefort et Bouis, Carnot à l'école des Mines, et Riche au ministère de l'Agriculture, trouvaient de 7 milligrammes 05 à 7 milligrammes 5 d'arsenic. M. Gar-
rigou vers cette époque avaitobtenu 13 et même 16 milligr.,cequi impliquait des propriétés toxiques, mais en 1879, il ne trouva plus que 4 milligr. 9. En octobre 1879, M. "Willm trouvait : S. Choussy. 5 millig. 42; S. Perrière, 5 mill. 6; S. Sedaiges, 6 millig. 2. Nous nous bornons à exposer les faits sans prétendre les discuter ou les expliquer.
Il est à remarquer qu'en allant chercher l'eau à une profondeur de 90 met. on l'a obtenu plus chaude qu'autrefois. Elle a maintenant une température de 56°, 5 à la surface et 60",! au fond des puits. Les travaux de captage ont d'ailleurs augmenté dans une proportion énorme le débit. Enfin on peut espérer, grâce à l'unification de la propriété des eaux de la Bourboule, que des sources si précieuses seront déclarées d'utilité publique et placées sous la sauvegarde de l'Etat.
La compagnie fermière est maintenant propriétaire de tous les établissements comme de toutes les sources.
L'établissement des Thermes de la Bourboule (l10 classe) est un vaste édifice construit avec luxe et renfermant 120 cabinets de bains et douches, avec les appareils les plus modernes ; des salles de pulvérisation, d'inhalation, une buvette, etc.
Le tout parfaitement installé.
L'établissement Choussy (2e classe) contient 54 baignoires, une piscine, une salle de pulvérisation et d'inhalation (l,e classe), une salle de bains de pieds, une buvette, en un mot une installation thermale complète et répondant à toutes les exigences du traitement hydro-minéral.
L'établissement Mabru (3e classe) est également aménagé d'une manière convenable. Les trois établis-
FRANCE. — LA nOURROULE. 319
sements réunis pcuventdonncr plus <le 2000 bains par jour.
Promenades. — Los environs de laBourboule offrent de charmantes excursions : ('2 lui.) La Roche Vendeioc; (."> kil.) le Mont-Dore, sa
vallée, les puys du Capucin et de Sancy qui la dominent. Plus près, on trouve de jolies cascades formées par la Dordogne, des ombrages et de jolies prairies. — Voilures et chevaux à louer.
les eaux. — Eau thermale ou froide, chlorurée sodique bicarbonatée, arsenicale.
Connue très-probablement dès l'époque romaine; en 1460 un hospice existait déjà près des sources.
Émergence : du granité, sous un tuf ponceux.
Six sources: Vieille source ou source Choussy, source Perrière qui ne fait qu'une au griffon avec la précédente; source Sedaiges, représentant les deux anciennes sources de la Rotonde et des Fièvres ; source de la Plage; source Fenestre n° 1 ; source Fenestre n° 2.
Débit en 24 heures : Les six sources de la Compagnie fermière donnent environ 9430 hectol.
Température : Source Choussy à la surface de l'eau 56°; source Perrière, à la surface â6°,5, au fond du puits 60°, 1; source de la Plage 27°, 6; source Sedaiges, à la surface 45°,5, au londs du puits 59°,4; source Fenestre : n" 1, 19°, 1, n° 2, 19°,2.
Caractères particuliers : Eaux limpides, incolores, inodores, d'un goût salé, slyptique (source Fenestre nu 2). Exposées à l'air, elles dégagent une légère odeur hépatique.
Service médical: Un médecin inspecteur, plusieurs médecins consultants.
Emploi: Boisson, bains, douches, inhalation, pulvérisation.
Situation : 846 met. au-dessus de la mer.
Climat de montagnes, moins rude pourtant qu'au Mont-Dore, qui est plus élevé de 200 met.; dans le mois de juillet, la chaleur est trèsforte au milieu du jour.
Saison : du 2ô mai au 30 septembre.
Action physiologique et thérapeutique : Eaux éminemment excitantes du système nerveux et de la circulation, altérantes et reconstituantes, agissant énergiquement sur la peau et sur le système lymphatique, diurétiques, ne causant ni constipation ni diarrhée. Quelques personnes en supportent difficilement l'usage interne.
La nature et les proportions de leurs principes minéralisateurs, ainsi que la haute thermalité de leurs principales sources donnent à ces eaux une importance exceptionnelle. D'autre part la découverte des sources froides de Fenestre fournit un moyen précieux de graduer la température des bains avec une eau qui se rapproche beaucoup dans sa composition des sources thermales, et d'associer en boisson aux sources fortes et non ferrugineuses la source Fenestre n° 2, moins forte mais contenant un peu de fer.
La principale indication thérapeutique de la Bourboule c'est la scro-
fuie dans toutes ses manifestations : adénites, plaies et trajets fisluleux. coxalgie, tumeurs blanches, mal de Pott, caries, nécroses, blépbarites, conjonctivites, kératites, otorrhées, etc. Dans le jeune âge, comme chez l'adulte, ces eaux donnent les meilleurs résultats contre tous les accidents strumeux. C'est encore à cette indication spéciale qu'on doit attribuer leur succès dans beaucoup d'affections cutanées et notamment dans le pityriasis et l'eczéma, dans l'angine glanduleuse et dans les affections des voies respiratoires qui se rattachent à la scrofule ou à l'berpétisme. Elles réussissent très-bien aussi, surtout chez les sujets lymphatiques, contre les névralgies, le rhumatisme et la paralysie qui en est la suite. Elles conviennent parfaitement dans la cachexie paludéenne et dans les engorgements hépatiques ou spléniques qui en sont la conséquence; mais elle sont contre-indiquées dans les engorgements du foie tenant à une autre cause. On voit guérir à la Bourboule des fièvres intermittentes rebelles à tout traitement depuis des années. La forte proportion d'arsenic et de carbonate sodique dans les eaux explique ces derniers résultats. On a conseillé aussi la Bourboule dans cette forme de la phthisie ou, si l'on veut, de la scrofule qu'on nomme pneumonie caséeuse, mais il faut interdire cette station minérale aux malades disposés à l'hémoptysie. La gravelle,le diabète, l'albuminurie, les maladies de l'utérus et beaucoup d'autres sont encore réclamées, comme relevant de leurs eaux, par les médecins de la Bourboule.
La pléthore, la tendance aux congestions et aux hémorrhagies, les maladies organiques du cœur et des gros vaisseaux sont des contreindications formelles aux eaux de cette station.
Analyse (Lefort et Bouis, 1878).
Résidu salin
Arsenic métallique....
Acide carbonique libre
et combiné
Acide chlorhydrique. . .
Acide sulfurique
Acide arsénique
Acide silicique
Soude
Potasse
Lithine
Chaux
Magnésie
Alumine
Peroxyde de fer
Oxyde de manganèse..
Matière organique
SOURCE
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PERRIERE.
SEDAIGES.