FRANCE. — BRIDES
Saison : Du Ier juin au 1" octobre.
Action physiologique et thérapeutique : Eau tonique et reconstituante, purgative à la dose de cinq à huit verres, à dose plus faible, de un à trois verres, elle constipe en général. Son effet purgatif ne s'accompagne pas de coliques et son usage peut être continué pendant toute la durée du traitement à la dose de quatre à cinq verres par jour, sans fatiguer le moins du monde les organes digestifs (Laissus). Elle est diurétique et diapborétique en môme temps que purgative, phénomène qui s'observe d'ailleurs à d'autres stations minérales analogues ; elle stimule les fonctions digestives, facilite l'écoulement de la bile et agit comme révulsif sur l'intestin, en même temps qu'elle modifie l'hématose et active la circulation. Elle a, dit. M. Laissus, une action élective sur le système de la veine porte et la circulation veineuse de l'abdomen, elle congestionne les vaisseaux hémorrhoïdaux et l'utérus; elle dispose quelquefois à l'ébriété carbonique, qu'on évite en laissant refroidir Peau avant de la boire, mais il est préférable, en général, de la boire à sa température naturelle. La fièvre thermale et la poussée sont également prévenues ou enrayées par un traitement dirigé avec les précautions convenables.
L'eau de Brides répond à des indications nombreuses; comme plusieurs eaux purgatives de l'Allemagne, qu'elle remplace avantageusement, elle augmente les forces, loin de les diminuer, tout en produisant un effet laxatif. Son indication principale est l'engorgement du foie et des canaux biliaires. Elle donne alors d'excellents résultats en activant et facilitant l'excrétion de la bile et des calculs; ses effets sont au moins égaux à ceux que l'on obtient à Carlsbad, et comparables à ceux de Vichy. Que l'engorgement soit récent ou ancien, qu'il s'accompagne ou non de coliques hépatiques, pourvu qu'il ne soit pas aigu et fébrile, l'eau de Brides réussit parfaitement. Il en est de même quand la cirrhose est imminente, comme chez les alcooliques, ainsi que dans l'hypertrophie, d'origine paludéenne, du foie ou de la rate. La diarrhée bilieuse, la dyspepsie saburrale ou acescente, la constipation opiniâtre cèdent à l'usage de l'eau de Brides ; enfin l'obésité et la pléthore abdominale relèvent essentiellement de cette station, dont la valeur, sous ce rapport, est au moins égale à celle de Marienbad et d'autres du même genre que possède l'Allemagne. Par son action révulsive et résolutive, cette eau combat la tendance aux congestions vers les centres nerveux et réussit contre les engorgements utérins; comme diurétique, elle est utile dans certaines affections de la vessie et des reins; comme tonique et reconstituante elle a le meilleur effet dans l'anémie, dans le lympathisme et dans les maladies cutanées d'origine strumeuse. M. le D1 Laissus a souvent employé cette eau avec succès contre le tœnia.
On associe dans certains cas l'usage de l'eau de Brides à celui de l'eau de Salins-Moutiers qui en est voisine [V. Salins-Montiers).
Les affections aiguës et fébriles des voies digestives, la phthisie, les maladies organiques du cœur et des gros vaisseaux, riiydropisie active sort des contre- indications à l'upage des eaux de Bridas.
Nous donnons ici le tableau hypothétique des principes minéralisateurs de l'eau de Brides, calculé d'après l'analyse de l'Ecole des mines (1876).
Analyse.
Eau, i litre.
Résidu pour un litre d'eau r>e'', 7200
Acide carbonique libre (42cc) 0, 0837
Bicarbonate de chaux 0, 4 (80
— de protoxyde de fer 0, 0112
Chlorure de magnésium 0, 3071
— de sodium 1, 3601
— de potassium 0, 0670
— de lithium traces.
Sulfate de soude 1, 6113
— de chaux 1, 8200
— de magnésie 0, 1941
Matières organiques 0, 0145
Bibliographie : Bertini, Idrologia minérale degli Siati Sardi; Turin, 1843- — Laissus, Manuel du baigneur aux eaux thermales de Brides, soit de la Perrière; Moutiers, 1837. — A. Sella, Rapport à l'Académie médico-chirurgicale de Turin sur l'ouvrage du docteur Laissus : Turin. 1858. — Laissus fils, Les eaux thermales et purgatives de Brides; Paris, 1874. — E. Philbert, Du traitement de l'obésité aux eaux de Brides; Paris, 1876.
BUSSANB (VOSGES).
562 kil. de Paris. Chemin de fer de l'Est et route de poste. [V. ci dessous le trajet et les prix.)