‹ Les bains d'EuropeChapitre 269 sur 580 · DE PARIS À CRANSAC PAR LIMOGES ET CAPDENAC · texte numérisé non relu

DE PARIS À CRANSAC PAR LIMOGES ET CAPDENAC

De Paris à Cransac par Orléans, Limoges, Brive et Capdenac, 620 kil.

— Chemin de fer d'Orléans. 2 conv.

par jour. Train express en 14 h. 9 min. Train omnibus en 19 h. 32 min. 1™ cl.

73 fr. 85 c; 2<= cl. 55 fr. 35 c; 3« cl. , V. de 8832 hab. , qui possède des 40 fr. 35 c. mines de houille, des hauts four-

I neaux, les ruines d'un ancien châ- Ci-ausac, bourg de 3655 hab., I teau et une église du douzième

est situé dans la jolie vallée de l'Ennas où se trouvent de nombreuses usines, près d'un affluent du Lot.

siècle.

Le pic nommé le MoiUet, qui s'élève en face de Cransac, est curieux à visiter; la houille qu'il renferme

FRANCE. — CRANSAC.

est en feu depuis fort longtemps et des tourbillons de fumée s'en échappent sans interruption. On a creusé dans la montagne des excavations qui constituent des étuves d'un genre exceptionnel. Ce soni des cavernes ténébreuses, ouvertes en pente douce et au bas desquelles

on a pratiqué une niche avec un si^gn. Ces excavations ont ta à 16 met. en tous sens. Leurs parois ne présentent aucune fissure pouvant livrer passage à la fumée de la bouille. L'air qu'on y respire est extrêmement chaud et chargé de vapeurs sulfureuses.

les eaux. — Eau froide, sulfatée calcique avec forte proportion de sulfate mngnésique.

Connues dès le commencement du dixième siècle.

Émergence : Au pied ou à mi-côte d'une montagne formée de bancs de houille et d'un schiste pyriteux, mêlé de fer carbonate. Cette montagne, nommée le Montet, est en combustion depuis des siècles.

Cinq sources : Source Haute ou forte Richard; source Basse ou douce Richard; source basse Bezelgues; plus, deux autres sources dites sources à laver, parce qu'elles ne servent plus aujourd'hui qu'à laver les bouteilles. Il y a aussi, dans le voi>inage, des sources dont les eaux prises en boisson déterminent des effets toxiques. Enfin la source du Fraysse, qui émerge dans la vallée de Cransac, peut être rattachée au même groupe hydro-minéral, mais comme ferrugineuse manganésienne.

Débit en 24 heures : source basse Richard et source haute, 24hectol. chacune.

Température : 10° à 12°. • Caractères particuliers : Eau limpide, incolore, inodore, à saveur acide et stypiique, laissant déposer des flocons ocracés, source haute Richard; plutôt amarescente que styptique et ne formant aucun dépôt, source basse Richard; cette dernière est celle dont on boit le plus.

Service médical : Un médecin inspecteur.

Emploi : Boisson, bains, douches; étuves dans la montagne en combustion.

Situation : Environ 300 mètres au-dessus de la mer.

Climat de montagnes.

Saison : De juin en octobre.

Action physiologique et thérapeutique : L'eau de la source douce ou Basse Richard est excitante de l'estomac, diurétique et laxative; à la dose de cinq à six verres, elle purge fortement et cause quelquefois le vomissement. La source Haute ou forte constipe au contraire, est d'une digestion plus difficile et produit une excitation plus vive. Ces eaux sont éminem uent tuniques et reconstituantes. Elles répondent à des indications différentes, mais peuvent dans certains cas s'associer pour le traitement. Les médecins de Cransac s'accordent à conseiller l'usage de la source Basse dans la dyspepsie et la gastralgie chroniques, l'embarras gastrique, la constipation habituelle, l'ictère, les engorgements du foie et de la rate, simples ou tenant à la cachexie paludéenne, le rhu-

inatisme, les divers genres de paralysie, les névralgies et certaines névroses; ils regardent cette source comme très-utile contre les vers intestinaux et notamment le taenia.

La source Haute est employée dans les blennorrhagies anciennes et rebelles, les diarrhées séreuses, la dy-enterie, en un mot dans les maladies des muqueus s qui réclament l'usage des astringents. Les eaux de Cransac ont été vantées aussi comme très-efficaces dan- les fièvres intermittentes ayant résisté au quinquina. Leur action prophylactique dans les épidémies typhoïdes ou dysentériques semble moins démontrée.

Les étuves sulfureuses, dont la température peut être graduée de 32» à 48°, donnent de bons résultats dans le rhumatisme et dans les manifestations cutanées ou articulaires de la diathèse strumeuse.

MM. 0. Henry Poumarède et Rivot, ingénieur des mines, ont donné des analyses des eaux de Cransac. M. Henry avait trouvé la source Haute très-riche en fer et en manganèse ; M. Hivot trouva pour les 5 sources de O^Oi à 0',45 d'oxyde de manganèse par litre d eau, mais point de fer. M. Poumarède avait trouvé dans la source du Fraysse 0Br,045 d'oxyde de fer.

Analyse (Willm, 1879).

Acide carbonique libre 0?

Sulfate de calcium

— de magnésium

— d'aluminium

— de manganèse

— de potassium

— de sodium

— de nickel

— de lithium

Chlorure de sodium

Silice

Acide phosphorique, borique,

zinc, rubidium

Poids du résidu fixe

Bibliographie: 0. Henry et Poumarède, in Bulletin de l'Académie royale de médecine, tomes V et VI. — Murât, Traité sur la nature... des eaux minérales et étuves de Cransac. Rodez, 1843. — A.zouy, Thèse inaugurale. Paris, 1843. — Bras, Notice sur les eaux minérales de Cansac. Paris, 1846. — Ducoux, Notice sur les eaux minérales de Cransac. Paris, 1847. — Gendrin, Lettre à M. le docteur Ducoux sur

Page 1