FRANCK. — SAINT-GERVAIS
(Hôt. : du Mont-Joli, du Mont-Blanc, des Voyageurs (pension), Launay), situé à l'entrée de la riche vallée de Montjoie,au milieu de magnifiq les vergers, sur les pentes inférieures du Prarioû ; — ("2 h. 30 min) le col de Vosa (1810 met.), d'où l'on découvre une vue magnifique sur la vallée de Chamonix; — plus belle encore du Prarion (45 min.; 2090 met.); — une descente roide, mais pittoresque, conduit de là (3 li.) à l 'hamonix (Hôt. Royal, de Londres et d'Angleterre, deSaussure, de la
Couronne, du Mont-Hlanc, etc.), grand v. situé au pied du Brévent, sur la rive droite de l'Arve. Les excursions qu'on peut faire autour de Chamonix sont aussi nombreuses qu'intéressantes. Le Jardin, le Brévent, le Buet, la source de l'Arveiron , les Bossons, la cascade des Pèlerins, le Montenvers, la Flégère, la Pierre à l'Echelle, les Grands- Mulets, ne sauraient être trop recommandés aux voyageurs. C'est de Chamonix qu'on fait généralement l'ascerision du Mont-Blanc.
iES eaux. — Eau thermale, sulfurée calcique,ou chlorurée sodique, ou chlorurée sodique bicarbonatée, ferrugineuse.
Connues depuis les premières années du dix-neuvième siècle.
Emergence : Sur les limites du terrain de transition de la rive droite du Bon-Nant et du terrain secondaire de la rive gauche ; dolomie, schistes. L'ancienne moraine, aux dépens de laquelle se forment les cheminées des fées, recouvre une partie de ces terrains et a parsemé le vallon des bains de ses blocs erratiques.
Quatre sources principales, qui ont souvent changé de noms. On les appelle maintenant: source du Torrent, source Gonlkard, source de Mey, source ferrugineuse.
Débit en '24 heures : source de Mey, 987 hectol. (Davet).
Densité : source Gonthard, 1,004350, source de Mey, 1,004484, source du Torrent, 1,004454, source ferrugineuse, 1,004437.
Température : source Gonthard et du Torrent, 39°; source de Mey, 4'2°; source ferrugineuse, 20°.
Caractères particuliers : Eau limpide et incolore au point d'émergence, à odeur sulfureuse, à saveur sulfureuse, lixivielle et un peu amère; blanchissant à l'air et déposant un sédiment composé principalement de soufre et de glairine; elle est onctueuse à la peau.
Emploi : Boisson, bains, douches, bains d'étuve, pulvérisation.
situation : 630 met. au-dessus de la mer.
Climat de montagnes, assez âpre, courant d'air très-vif et constant dans le vallon des bains, le long du Bon-Nant.
Saison : Du I" juin au 15 septembre.
Action physiologique et thérapeutique: Eau laxative à la dose de trois à six verres, diurétique, apéritive par son action stimulante sur le tube digestif; elle est en général bien supportée par l'estomac; primitivement elle agit comme excitant modéré du système nerveux et produit ensuite la sédation; elle est en outre reconstiuante parle chlorure sodique; la source ferrugineuse a les propriétés des martiaux. En bains, les eaux de Saint-Gervais rendent la peau douce et onctueuse sans augmenter la sécrétion sudorale, elles agissent cependant sur la
peau et déterminent chez certains malades de petites éruptions cutanées, la poussée se produit même dans des cas exceptionnels. Ces eaux conviennent expressément aux malades chez qui l'on craint l'excitation que causent les eaux fortes, chlorurées ou sulfureuses. Telle affection de la peau qui serait exaspérée à Aix ou à Lucbon, s'amende et guérit à Saint-Gervais; l'éréthisme, qui rend souvent impossible un traitement à des eaux d'une plus haute thertnalité ou d'une minéralisation très-active, cède au contraire ici, et l'on peut, sous ce rapport, comparer Saint-Gervais à Saint-Sauveur. Les maladies de la peau, le rhumatisme, les dyspepsies, la scrofule et l'anémie, sont les principales indications de Saint-Gervais. Les dermatoses avec cette exagération de la sensibilité, cette irritabilité si commune dans l'eczéma et l'acné, sont ramenées en quelques jours à un état d'apaisement et de calme; les démangeaisons, l'ardeur à la peau cessent de torturer le malade, l'éruption pâlit et le tégument se reconstitue à l'état normal. Le rhumatisme articulaire et les névralgies sont également influencés de la manière la plus heureuse par ces eaux. Eu boisson, elles font cesser la constipation et rendent aux dyspeptiques la digestion facile: elles réussissent encore dans les manifestations de la scrofule, et ce qui précède suffît à expliquer leur succès dans les affections gastrointestinales, utérines, laryngiennes ou bronchiques, procédant de l'arthritisme ou de l'herpétisme et succédant à une dartre, à un rhumatisme disparus. Enfin, la source ferrugineuse contient assez de sulfates pour agir comme les martiaux sur l'hématose sans produire la constipation. Payen a vu ces eaux réussir contre le taenia, non par leur action directe, mais en facilitant, comme adjuvant, l'effet des remèdes spéciaux.
Analyse (Lossier).