DE PARIS A SAINT-HONORE PAR LARO„HE ET CLAMECY
De Paris à Clamecy par Laroche, 227 ki!. — Chemin de fer de Lyon, ligne de Nevers. 4 conv. par jour. Trajet en
7 h. 10 min. lr* cl. 27 fr. 90 c; 2" cl. 20 fr. 95 c; 3e cl. 15 fr. 35 c.
De Clamecy à Vandenesse-Saint- Honoré par Corbigny et Moulins-Engilbert, 75 kil.— Chemin de fer, ligne de Clamecy à Cercy-1 a-Tour. 3 conv. par
jour, dont 2 correspondent avec les trains venant de Paris. Trajet en 2 h. 20 min. ire cl. 9 fr. 20 c. ; 2 cl. 6 fr. 90 C; 3e cl. 5 fr. 5 C.
De Vandenesse à Saint-Honoré,! kil. Route de poste. Omnibus de correspondance. Trajet en 30 min.
Saint -Honoré, b. de 1400 hab., est situé dans une position pittoresque, au centre des belles montagnes du Morvan.
Hôtels. — Des Bains, du Morvan, appartenant tous deux à l'établissement tbermal et situés dans e parc, près du Casino. On trouve en outre dans le bourg d'autres bôtels, des maisons et des chambres meublées.
V Établissement thermal, dont la construction remonte à une vingtaine d'années, a été successivement perfectionné dans son installation et peut passer pour un des plus complets de France. Il est vaste et contient de belles salles centrales d'attente et de réunion, unpromenoir, des cabinets de bains et de douches, des salles d'inhalation, une buvette et une piscine de natation mesurant 10 met. de longueur sur 5 met. 63 de largeur et 1 met. 16 de profondeur. Les appa-
reils sont nombreux et au niveau de la science. Enfin un matériel complet et bien aménagé permet de suivre le traitement hydrothérapique.
L'eau des bains et surtout des douches est chauffée au degré convenable dans un bâtiment attenant à l'établissement.
Le parc offre aux malades une promenade agréable, et ils trouvent au Casino les distractions nécessaires à la vie thermale.
Monuments. — Sur la Vieille montagne on voit encore des vestiges de l'ancien château, ceint de fossés, et les restes d'une construction romaine. On découvre de là une vue très-étendue sur les vallées nivernaises, les plaines du Berry et les monts d'Auvergne.
Promenades. — On visite, au S.
de Saint-Honoré, le beau et vaste château delà famille d'Espeuilles; — Glux-en-Glaine, vieux château en ruine près duquel l'Yonne prend sa source; — Onlay, village d'un a-pect sauvage; — Vandenesse, château du quinzième siècle; — Sémelay, dont l'église est très-ancienne; — la Rochemillay , très-riche en trésors archéologiques, etc.
Z.ES eaux. — Eau thermale sulfurée sodique.
Connue dès l'époque romaine.
Émergence : Des arkoses qui enveloppent le soulèvement du Morvan et se trouvent entre les porphyres roses et le calcaire à gryphées.
Cinq sources: Source des Romains, source de la Marquise, source de l'Acacia, source de la Crevasse, source de la Grotte.
Débit en 24 heures : 9600 hectol.
Densité: 1,00707 (Allard).
Température : Sources Romaine et Marquise, 31° au griffon; les trois autres, 26° aux buvettes (Allard).
Caractères particuliers : Eau limpide, incolore, à odeur sulfureuse, à goût alcalin et légèrement sulfureux, dégageant par intervalles des bulles de gaz à odeur sulfhydrique. Les sources des Romains, de la Marquise et de l'Acacia marquent 2° au sulfhydromètre, celles de la Cre-
vasse et de la Grotte marquent 3°. Plusieurs conferves se développent dans les conduits et les réservoirs.
Service médical : Un médecin inspecteur, plusieurs médecins consultants.
Emploi : Boissons, bains, douches, inhalations, pulvérisation.
Situaliofi : L'établissement est à 272 met. au-dessus de la mer; le bourg de Saint-Honoré à 302 met.
Climat doux, mais avec des soirées et des matinées assez fraîches, surtout à la tin de mai et en septembre; les variations de température sont peu sensibles pendant le reste de la saison.
Saison : Du 15 mai au 1er octobre.
Action physiologique et thérapeutique: Suivant Allard, qui fut pendant plusieurs années inspecteur à Saint-Honoré, ces eaux en boisson donnent des renvois sulfureux, plus marqués pour les sources de la Crevasse et de l'Acacia. Toutes stimulent l'appétit; la Crevasse et l'Acacia pèsent quelquefois à l'estomac, surtout au début du traitement; elles sont souvent alors un peu laxatives à la dose de cinq à six verres. Après quelques jours, l'eau de l'Acacia se supporte bien et constipe quelquefois, à la dose de six verres et plus. Les sources Marquise et des Romains ne causent pas de pesanteur à l'estomac. Toutes sont diurétiques En bains, ces eaux sont onctueuses et le corps se couvre d'une multitude de bulles de gaz, l'excitation de la peau va quelquefois jusqu'à produire de la démangeaison avec éruptions papuleuses.
Les eaux de Saint-Honoré sont, comme toutes leurs congénères, indiquées dans les affections de nature catarrhale ou herpétique, mais elles doivent à leur sulfuration faible et à leur thermalité peu élevée d'être moins excitantes que la plupart des eaux Pyrénéennes, aussi peuvent-elles être employées dans certaines formes subuguës qui excluent les eaux fortes de Cauterets, d'Amélie, etc. On traite avec succès et très-fréquemment à Samt-Honoré, les rhumatismes, les manifestations lymphatiques ou strumeuses et les maladies des muqueuses pharyngiennes, laryngiennes et bronchiques, ainsi que les affections, catarrhales surtout, de l'utérus. Une débilitation profonde rend le succès moins probable. — La phthisie amène aussi beaucoup de malades à Saint-Honoré. Suivant Allard, ces eaux agissent dans la phthisie, non pas directement sur la tuberculose, mais en atténuant ou faisant cesser les complications de catarrhe, d'herpétisme ou autres, et amenant un état stationnaire avec retour de l'appétit et des forces. Le même observateur considérait la deuxième période comme celle où le traitement thermal était surtout indiqué. M. Collin, inspecteur actuel, sans renoncer à l'usage de ses eaux chez les phthisiques, pense qu'elles sont utiles principalement contre la congestion pulmonaire et notamment lorsqu'elle est d'origine arthritique. La chlorose, l'anémie et les névroses qu'elle détermine souvent sont encore une indication des eaux de Saint-Honoré.
Comparables dans leurs effets à certaines eaux des Pyrénées, les
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sources de Sainl-Honoré ont, pour une grande partie de la France l'avantage d'être plus rapprochées de beaucoup. Ce sont les seules de ce genre dans notre pays, en dehors du groupe Pyrénéen.
Analyse (0. Henry, 1855).
Eau, i kilogr.
Bicarbonate de chaux j
— de magnésie ( ' "°
— de soude et de potasse 0, 040
Silicate de potasse I „
- deLde :;::j °> °34
— d'alumine 0, 023
Sulfu' e alcalin 0, 003
Sulfate anhydre de soude 0, 132
— — de chaux ... < 0, 032
— de potassium, évalué 0, 005
Bromure traces.
Iodure alcalin ) ,
. ., • traces.
Lithine \
Oxyde de fer et matière organiouc 0, 007
Magnésie indices.
Matière organique ) . . ,.
„,„■ • j. . - > quant, indet.
— glainne rudimentaire ) ^
Gaz acide sulfhydrique libre. . ,. 7CC-
— carbonique libre 111
— azote ....i . ,,t
} indet.
— oxygène, traces )
Les conferves vertes sont très-riches en iode.
Par une analyse récente et non publiée, M. Personne a constaté la présence de l'arsenic dans la source de la Crevasse, à la dose d'environ 1 millig. par litre d'eau. La proportion est moins forte pour les autres sources qui toutes sont pourtant arsenicales.
Bibliographie : O. Henry, Eau minérale sulfureuse et thermale de Saint-Honoré (Nièvre); Analyse. Paris. 1855. — C. Allard, Considérations sur le traitement thermal des affections pulmonaires et particulièrement sur l'utilité thérapeutique des inhalations minérales.... Paris, 1857. — Guide médical aux eaux sulfureuses thermales de Saint-Honoré. Nevers, 1857. — Eaux thermales sulfureuses de Saint-Honoré. Strasbourg, 185 t. — E. Collin, Du traitement des affections pulmonaires par les inhalations de Saint-Honoré. Paris, 1864. — Saint-Honoré et les maladies qu'on y traite. Paris, 1872. — Etudes médicales sur les eaux sulfureuses de Saint-Honoré-les-Bains. Paris, 1877. — Du diagnostic de la congestion pulmonaire de nature arthritique.... Paris, 1877.