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DE PARIS À SAINT-NECTAIRE PAR CLERMONT-FERRAND

De Paris à Coudes par Nevers, Saint- Germain-des-Fossés et Clermont-Ferrand,445 fc.il. — Chemin de fer de Lyon, ligne de Nîmes. 2 conv.par jour. Train express en 12 h. 10 min. Train omnibus en 17 h. 4 1 min. 1 r<= cl. 54 fr. 85 c.; 2" cl. 41 fr. 5 min.; 3° cl. 30 fr. 10 c.

De Coudes à Saint-Nectaire, environ 15 kil. Route de voitures. Omnibus correspondant avec les trains. Trajet en 1 h. 30 min.

Saint-Nectaire, v. de 1318 hab., se divise en deux parties : Saint- Nectaire-le-Bas et Saint-Nectairele-Haut, situés dans une vallée granitique très-pittoresque, au pied des pentes orientales des Monts- Dore, et séparés par une distance d'environ 1200 met. Plus de 40 sources minérales, de composition analogue, mais fort différentes comme température, jaillissent des fentes du granité, sur les deux côtés du Courançon, ruisseau qui parcourt la vallée. Plusieurs de ces sources sont incrustantes et servent à préparer ces objets pétrifiés qui se vendent en grande quantité dans les départements du Centre.

>.iln{ \(Miiiirc if-Hun — Hôtels. — De Paris, Madeuf, Bauger-Boëtte (avec chapelle où l'on dit la messe le dimanche). — Appartements meublés.

Saint-Nectaire-le-Bas a deux établissements thermaux, les bains Boi'lle et les bains romains ou Mandon, exploités aujourd'hui par un seul propriétaire. Chacun de ces

établissements a 12 cabinets de bains avec installation pour douches variées, bains de pieds, etc Les bains Boette sont alimentés par la grande source Boette, la source Saint- Césaire et la source des Dames ; les bains romains utilisent la source Mandon ou du Gros Bouillon et la source de la voûte ou de la Coquille.

Maint -Nectaire- le -Haut. — Hôtels. — Du Mont-Cor nadore (appartements complets avec salon, ebambres nombreuses, tables d'hôte de 1™ et 2e classe, pouvant recevoir 300 personnes, salle à manger spéciale pour les touristes) ; de France, Villa des Bains. — Maisons garnies.

L'Établissement thermal du Mont-Comadore , récemment mis au niveau des exigences actuelles de la science, comprend : 3 buvettes, 30 cabinets de bains, avec vestibule, douches et appareils d'irrigation à températures graduées; une installation pour bains et douches d'acide carbonique, bains de pieds, douches de tout genre, pulvérisation et inhalation. Il est alimenté par la source du Mont- Cornadore, la source du Rocher, la source du Parc, la source Intermittente et la Petite source Rouge ; ces trois dernières desservent les buvettes.

Monuments. — L'église, qui date du dixième ou du onzième siècle, est classée parmi les monuments historiques. Elle est construite sur une roche à pic. On remarque les 98 colonnes engagées qui soutien-

nent la voûte, et les curieui chapiteaux des colonnes du chœur, représentant, avec une singulière naïveté, la Passion. Dans la sacristie, on voit un huste byzantin en chêne recouvert de cuivre; avec les yeux en émail, représentant un saint.

Promenades. — On visite, aux environs de Saint-Nectaire, sur un plateau qui domine les anciens bains, un beau dolmen en granit; deux autres existent sur des pla-

teaux voisins; — le saut de tu cascade du Sailhant, où une digus de lave, arrêtant le cours de la rivière, produit une belle chute de 7 met. de hauteur; — la Roche Longue; — le v. de Grandeyval et la tour qui existe près du pont de Rognon; — le pont de Verrière, de construction romaine; — leham.

de Fonlenille et les curieuses caves de Jaunas; — le château de Saint- Diery; — et (20 kil.) les bains du Mont-Dore [V. ce mot).

les eaux. — Eaux thermales ou froides, chlorurées sodiques bicarbonatées, ferrugineuses, gazeuses.

Connues dès l'époque romaine, étudiées et décrites à la fin du dix-septième siècle ; la plupart des sources actuelles ont été découvertes depuis 181F).

Émergence : Du granité.

Dix sources sont utilisées : Grande source Boette, source Saint- Césaire, source des Dames, source Mandon ou du Gros Bouillon. source de la Voûte ou de la Coquille, source du Mont-Cornadore, source du Rocher, source du Parc, source Intermittente, Petite source Rouge. Les cinq premières alimentent Saint-Nectaire-le-Bas, 'les cinq autres Saint-Nectaire-le-Haut.

Débit en 24 heures : Sources du Rocher, 1512 hectol.; source du Mont-Cornadore, 720 hectol.; Gros Bouillon, 720 hectol.; Grande source Boette, 432 hectol.; source du Parc, 72 hectol.; Petite source Rouge, 8(i hectol. (Truchot).

Densité : Sources de Saint-Nectaire-le-Bas, 1,003; sources de Saint- Nectaire-le-Haut, 1,001.

Température : Grande source Boette, 46°; source du Rocher 43°, 7; source du Mont-Cornadore, 41°; source Saint-Césaire, 40°, 9; source du Gros Bouillon, 37°,5 ; source de la Coquille, 26°; source Intermittente, 25°; sources du Parc et source des Dames, 19°; Petite source Rouge, 18° (Truchot).

Caractères particuliers : Ces eaux sont limpides et incolores dans les bassins et quand on les reçoit dans le verre, mais elles se troublent assez rapidement au contact de l'air ; en se refroidissant elles deviennent jaunâtres et précipitent un sédiment ocracé; quelques sources exhalent cette odeur dite sulfureuse qu'on remarque dans certaines eaux bicarbonatées sodiques, leur saveur est salée, plus ou moins lixivielle, plus ou moins ferrugineuse, chaude ou fraîche et piquante suivant les sources; elles dégagent peu de bulles de gaz dans le verre, quoique de fortes colonnes gazeuses fassent bouillonner les bassins à intervalles 1res -rapprochés, et forment au-dessus de quelques sources

une couche ('paisse d'acide carbonique ; enfin elles sont incrustantes comme L'i au de Saint-Allyre.

Servir,- médical : Un médecin inspecteur.

Emploi .' Boisson, bains et douches d'eau, de vapeur et de gaz, inhalations, pulvérisation.

Situation: La source la plus élevée de Saint-Neetaire-le-Haut esta 784 mètres au-dessus de la mer; Saint-Nectaire-le-Bas est à environ 700 mètres.

Climat de montagnes, matinées et soirées fraîches et humides.

Saison : Du 1er juin au 15 septembre.

Action. physiologique et thérapeutique : Ces eaux sont stimulantes des fonctions digestives au début du traitement ; à dose modérée, elles i icitent la soif et déterminent la constipation, elles sont diurétiques et rendent l'urine alcaline; employées en bains, elles produisent une excitation marquée du système nerveux en général, tandis que par leur acide carbonique elles agissent comme anesthésiques sur la peau. En résumé elles sont excilantes, toniques et reconstituantes par l'acide carbonique, le chlorure sodique, le fer et l'arsenic qu'elles contiennent, en même temps que résolutives et antiplastiques par le bicarbonate de soude.

M. Rotureau les rapproche à certains points de vue des eaux de Carlsbad et fait observer que, spécialement indiquées dans les affections du foie avec ou sans hypertrophie, elles conviennent aux malades qui ne pourraient tenter, sans de graves inconvénients, un traitement excii.nii et dépressif comme celui de la station allemande. Elles réussissent très-bien dans les engorgements mésentériques des enfants avec selles nombreuses et liquides, dans les hypertrophies hépatiques et spléniques d'origine paludéenne et dans l'anémie de même cause, en guérissant des fièvres contre lesquelles a échoué le quinquina. La dyspepsie atonique et la gastralgie caractérisée par ces douleurs périodiques qu'on a comparées à des crampes, sont traitées avec succès à Saint- Nectaire ; il en est de même de la gravelle. On y guérit aussi les manifestations du lymphatisme et de la scrofule, notamment la leucorrhée, si Iréquemment symptomatique de la diathèse strumeuse. Le rhumatisme est une des affections que l'on voit le plus souvent à cette station ; les névralgies, et surtout la sciatique, y cèdent assez rapidement au traitement balnéaire. On a préconisé ces eaux contre les dermatoses qui se rapportent aux diathèses arthritique ou strumeuse ; enfin, elles ont dans beaucoup de cas amené la résolution de kystes et de tumeu:s bénignes de l'ovaiie.

M. Garrigou a signalé récemment la présence du mercure dans la soui'ce du Rocher. Le savant chimiste, opérant sur 500 litres d'eau et même sur un liire seulement, a obtenu du mercure soit à l'état métallique soit en cristaux de carbonate. Jusqu'à présent les eaux de Saint- Nectaire n'avaient pas été présentées comme guérissant la syphilis, tandis que dans plusieurs autres stations minérales, sans prononcer le mot de spécifique, on accorde aux eaux une influence toute spéciale à

cet égard. Il n'est pas possible d'admettre que la quantité de mercure trouvée dans la source du Rocher, donne à cette eau des propriétés antisyphilitiques. C'est du reste une question sur laquelle l'expérience aura bientôt prononcé.

Une analyse, faite à l'École des mines en 1877 et que nous donnons plus loin, ne signale pas le mercure parmi les principes de la source du Rocher.

M. Willm, opérant dans le laboratoire de M. Wurtz, à la Faculté de médecine, a obtenu des indices de la présence du mercure dans 9 litres d'eau de la source du Rocher, puisée sous ses yeux, en mars 1878. Il n'en a pas trouvé dans la source du Mont-Cornadore, non plus que dans un échantillon de la source du Rocher que lui avait soumis M. Lefort, et dans le dépôt abandonné par la source du Rocher.

Enfin, en supposant que le mercure soit un élément constant de cette source, la quantité accusée par la seule expérience positive de M. Willm est bien loin de pouvoir se comparer à celle qui résulte des expériences de M. Garrigou (Comptes rendus de l'Institut, 19 mai 1879).

Analyse (Garrigou, 1877).

Les résultats, obtenus sur les produits d'évaporation de 500 lit. d'eau, ont été rapportés à un litre.

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