ITALIE. — ACQUI
taie du haut Monlferrat, est située sur la rive g. de la Dormida. Ses thermes étaient connus des anciens sous le nom d'Aquse Statiellse, du nom de la peuplade ligurienne dont cette ville était la capitale.
Au milieu de la ville, sur la place du Ghetto, une source très-chaude, la Bollente, sort d'un rocher calcaire^ la température de 75°. Elle sert aux usages domestiques, mais n'est pas utilisée au point de vue médical.
Acqui possède une cathédrale gothique, un hôtel de ville, un hôpital militaire parfaitement organisé, une bibliothèque, un théâtre, etc.
Les établissements thermaux, au nombre de trois, sont situés à 1300 met. de la ville. Ce sont :
1° L'Etablissement civil, vaste édifice à un étage, au-dessus du rez-de-chaussée, avec corps de bâtiment central et deux ailes, desservi par de grandes galeries et duquel dépendent deux annexes très-rapprochées. L'ensemble comprend 145 chambres dont environ 100 à deux lits, "0 baignoires de marbre,
28 cabinets à deux baignoire0, l'une pour le bain, l'autre pour les boues, 1 douche à haute pression, 1 douche écossaise, un cabinet pour bains de vapeur, et différents cabinets pour application locale des boues. L'aménagement et la tenue sont satisfaisants. Les baigneurs trouvent dans l'établissement un café, un restaurant, une table d'hôte, un cabinet de lecture, des salons de conversation et de jeux, une magnifique salle de bal et de musique. Les thermes sont entourés de jardins, de massifs de verdure et d'allées ombreuses. On trouve dans le voisinage des villas et des maisons meublées où l'on peut loger et prendre pension.
2° L'Établissement des pauvres, qui contient 20 baignoires, 4 douches, 5 piscines pour les hommes et 5 pour les femmes.
3° L'Etablissement militaire ; 24 baignoires et 3 douches pour les officiers, 5 piscines pour les sousofficiers et soldats. Acqui reçoit en tout, chaque année, environ 4500 baigneurs.
les eaux. — Eau thermale, chlorurée sodique, sulfureuse.
Connues dès l'époque romaine.
Emergence : La source du Ravanasco ou source Froide sort d'une roche schisteus?, au pied d'une colline que le torrent du Ravanasco sépare du Mont Stregone. La source Tiède et la source Chaude émergent dans la cour de l'établissement civil; elles proviennent, suivant Mojon, des schistes argileux du Stregone.
Trois sources: source Froide ou du Ravanasco, sourc 3 Tiède ou Fonlanino, source Chaude. La première émerge à 300 met. de l'établissement civil, elle y arrive par une conduite aboutissant à un réservoir d'env. 40 met. cubes. La source Chaude est reçue dans trois bassins de maçonnerie dits: Bassin ro?idou elliptique, bassin du milieu et grand bassin ou lac de la boue. Ce dernier est long de 28 met. et large de 17 met., sur une profondeur de 4 à6 met. La source Tiède émergeprès du bassin du milieu et trois conduits la distribuant aux établissements civil et militaire.
D:,'il en 24 heures : Sources Tiède et Chaude, 5760 hectol.
Densité : Source Froide, 1,0045; source Chaude (refroidie), 1,0(01); source Tiède, l,00'i.
Température : Source Froide, 20°; source Tiède. 41°; source Chaude (dans les bassins), 45° à 50° suivant les compartiments.
Caractères particuliers : Source Froide, eau légèrement trouble, de couleur citrine, à odeur hépatique intense; sources Tiède et Chaude, eau limpide, à odeur légèrement sulfureuse, d'un goût saumâtre un peu amer, laissant déposer sur son passage et dans les bassins une sorte d'incrustation transparente, floconneuse et dont la couleur varie du blanc au gris et au jaune ; dégageant à son émergence des bulles de gaz azote ; produisant en petite quantité des conferves appartenant surtout au genre Leptothrix.
Les eaux des sources Tiède et Chaude reposent dans les bassins sur un lit de vase argileuse, fango. Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'origine de ces boues minérales. Lesne les désigne sous le nom de vase schisteuse ; Mojon, sans se prononcer d'une manière explicite, semble penser qu'elles ont été transportées par les eaux minérales, et ajoute qu'on ne doit pas craindre de les voir s'épuiser, puisqu'une grande partie de la montagne d'où sortent les eaux est de même nature et peut donner toute la boue qu'on peut désirer. Cependant ces eaux sont très-limpides avant d'arriver dans les bassins dont les boues forment le fond, et d'autre part on ne comprend pas que ces boues ne diminuent pas sen-iblement depuis des siècles qu'on les emploie; car, malgré le soin qu'on a de les mettre en réserve, après qu'elles ont servi, et de les rapporter aux bassins à la fin de la saison balnéaire, malgré la défense absolue d'en détourner la moindre quantité, il doit nécessairement s'en perdre une partie, tout au moins ce qui reste sur la peau du malade et dont il se débarrasse dans le bain dit de propreté. Les auteurs italiens disent qu'ils emploient aujourd'hui les boues qui servaient aux Romains, mais ils ne s'expliquent pas sur la conservation de ces boues inépuisables et toujours en même quantité.
Emploi: Boisson, bains, douches, applications de boues. — Au point du jour un baigneur vient chercher le malade dans sa chambre et le conduit à une salle de bains contenant, deux baignoires, dans l'une desquelles est disposé un sommier de paille, relevé du côté de la tète, et couvert d'une épaisse couche de boue chaude, sur laquelle le malade s'étend. Alors le baigneur, fangarolo , applique rapidement sur le corps du patient un enduit de boue, épais de 5 à 6 centimètres. Cette enveloppe, dont la température peut aller jusqu'à 40°, n'est désagréable que par sa pesanteur ; une sueur abondante coule de toutes parts et le malade reste ainsi trois quarts d'heure; puis le fangarolo enlève la boue et le malade passe dans l'autre baignoire, pleine d'eau chaude, où il achève de se déterger.
Situation : 149 met. au-dessus de la mer, dans un pays accidenté. Clinyxl salubre ; variations atmosphériques assez fréquentes. L'atmosphère est toujours umide par suite de la grande quantité de vapeurs que dégagent les sources, mais elle est sans cesse renouvelée
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par les vents; l'été est sec et la chaleur très-grande au milieu du jour, les matinées et les soirées sont rafraîchies par la brise.
Action physiologique et thérapeutiqvie: Les eaux d'Acqui sont excitantes du système nerveux et de la circulation ; employées avec peu de ménagements, elles déterminent la fièvre thermale qui s'accompagne de vives douleurs musculaires (Champouillon). En général elles ont pour premier effet de ramener momentanément à l'état aigu d'anciennes affections chroniques. Les applications de boue sont plus excitantes que le bain, aussi e>t-il d'usage de prendre les boues le matin et, dans l'après-midi, le bain qui produit un calme relatif. Les maladies des articulations, sans distinction d'origine, sont, dit M.Schivardi, les plus communément traitées à Acqui ; l'arthrite subaiguë ou chronique, l'hydarthrose, les tumeurs blanches, l'ankylose, l'arthrite goutteuse, déformante, y sont amendées, tout au moins, par le traitement hydro-minéral. On voit que le rhumatisme, la scrofule et la goutte relèvent au même degré de ces thermes, d'après l'expérience de leur savant directeur. Les manifestations scrofuleuses sont pourtant de sa part l'objet d'une certaine réserve. Les névralgies et notamment la sciatique amènent aussi beaucoup de baigneurs à Acqui, de même que les paralysies et les suites de traumatismes graves. La source du Ravanasco en boisson et bains agit, comme ses congénères, principalement sur la peau et les muqueuses.
Nous empruntons l'analyse suivante au Guide aux Eaux d'Italie de M. Schivardi.
Analyse (Bunsen, 1871).