ITALIE. — COURMAYEOR ET LA SAXE
dant l'été. Les sources minérales y attirent tous les ans un assez grand nombre de malades.
2° l.a *»nxc est un village qui touche au bourg de Courmayeur.
Excursions. — Les environs de Courmayeur présentent un grand nombre de sites pittoresques. On fait facilement (2 h. :50 min.) l'ascension du mont Chétif ou de la montagne de la Saxe (monte di Sasso), d'où l'on découvre une fort belle vue. L'ascension du Cramont (2731 met., 9 h. 30 min. aller et retour) est l'une des plus intéressantes, sans contredit, que l'on puisse entreprendre dans toute la chaîne des Alpes. On peut aller à mulet jusqu'à 1 h. 30 min. du sommet. La montée est très-raide, mais sans danger. Du sommet, on découvre un des plus beaux panoramas des Alpes; le massif du
Mont-Blanc, les Alpes Craies, etc.
Les glaciers deMiage et de \&Brenva méritent aussi une visite particulière (un jour chacun). On peut aller enfin au Petit-Saint-Bernard, à Aoslc, à Chamonix, etc.
Il n'y a pas d'établissement thermal à Courmayeur, mais seulement deux buvettes pour les sources de la Victoire et Marguerite, et un bâtiment pour la mise en bouteilles de l'eau minérale.
V Établissement thermal de la Saxe, situé à 600 met. au N. 0. du village, à 2 kil. 1/2 de Courmayeur, se compose d'un corps de bâtiment central et de deux ailes. Dans l'aile g. se trouvent la source minérale et la buvette. Le bâtiment central et l'aile dr. renferment une belle salle couronnée d'une coupole et 20 cabinets de bains avec 24 baignoires en bois.
les eaux. — Eaux thermales ou froides, bicarbonatées calciques.
Connues depuis la fin du xvn" siècle (Courmayeur); depuis 1740 (la Saxe).
Émergence : Les deux sources de Courmayeur sortent d'anciennes moraines remaniées par les eaux. Le calcaire et les schistes argileux dominent dans le terrain de Courmayeur, où l'on rencontre pourtant des micaschistes en place, comme l'a remarqué de Saussure. C'est au pied d'un roc de cette espèce qu'émerge la source de la Saxe.
Deux sources à Courmayeur : la Victoire et la Marguerite.
Une source à la Saxe; elle émerge à 600 met. du village de ce nom et à deux kilomètres et demi de Courmayeur.
Débit en 24 heures : La Victoire donne environ 70 hectol. ; la Marguerite est beaucoup plus abondante. La source de la Saxe forme un ruisseau.
Température : La Victoire, 12°; la Marguerite, 21°; la Saxe, 18", 4.
Caractères particidiers : Eaux (Courmayeur) limpides, incolores, à odeur d'acide carbonique, à saveur acidulé, légèrement salée, atramentaire; ce dernier goût est plus marqué dans l'eau de la Marguerite, qui dépose sur son parcours un sédiment ocracé. L'eau de la Saxe, limpide et incolore au griffon, blanchit au contact de l'air et dépose un sédiment noirâtre ; elle a une odeur hépatique et un goût douceâtre et nauséeux.
Emploi: Boisson, bains à la Saxe.
Situation : 1215 mètres au-dessus de la mer.
Climat de montagnes, assez doux pendant la belle saison. Courmayeur est abrité des vents du nord par le massif du Mont-Blanc et exposé en plein midi ; à 8 kil. plus bas on cultive déjà la vigne.
Saison : Du 15 juin au 1er septembre.
Action physiologique et thérapeutique : Ces eaux sont excitantes, toniques et reconstituantes. On leur attribue des propriétés purgatives qui paraissent dues à la grande quantité de liquide ingéré par les malades. En amendant l'hématose et remontant les forces sanguines, ces eaux agissent comme sédatives du système nerveux. On leur attribue aussi une action spécifique sur les organes de la respiration, mais probablement les chanoines du Saint-Bernard et les habitants des plaines du Piémont qui viennent à Courmayeur chercher du soulagement, trouvent surtout dans le climat tempéré de cette station, le remède à des maux exaspérés par le séjour au milieu des frimas et sous le climat polaire de l'hospice, ou dans l'air embrasé des environs de Turin et d'Alexandrie.
Les eaux de Courmayeur sont utiles dans les troubles fonctionnels qui résultent de l'anémie ou de l'épuisement causé par les excès, par de longues maladies; la source de la Saxe est employée avec succès dans les affections cutanées, le rhumatisme et les maladies des voies aériennes.
Analyse (Picco, 1840).