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SUISSE. — LOUECIIE-LES-RAINS

porte le livre, la tabatière, le déjeuner, etc. Les naufrages ne sont pas sans exemple. Chaque baigneur est vêtu d'une chemise ou tunique de laine qui l'enveloppe depuis le cou jusqu'aux pieds. Le corps entier plonge dans l'eau, la tête seule apparaît au-dessus de la surface; les mains ne se montrent que lorsqu'elles sont appelées à rendre quelque service. Autour des piscines règne une galerie avec balustrade qui permet aux visiteurs de s'approcher des malades et aux voyageurs de voir dans ses détails cette curiosité principale de Louèche. Si par malheur quelqu'un néglige en entrant de fermer la porte derrière lui, ou se croit permis de garder son chapeau sur la tête, des cris nombreux le rappellent à l'ordre. De même, quand un baigneur n'entre pas dans la piscine ou n'en sort pas suivant les règles établies, des éclats de rire et des critiques bruyantes prouvent combien tout ce monde a besoin de tromper son ennui et de se distraire pendant les longues heures de son séjour dans l'eau.

Les bainsdepiscines sont de 30 min. à 1 heure dans les premiers jours, puis se prolongent jusqu'à 5 ou 6 heures de durée; autrefois même on les prenait de 7, 8 et 10 heures.

Ils se divisent en 2 séances, la plus longue dans la matinée, l'autre dans l'après-midi.

Excursions. — Les environs de Louèche offrent un grand nombre de promenades et d'excursions intéressantes. Nous mentionnerons surtout : — l'ascension de la Gemm/i, haute montagne de la chaîne des Alpes bernoises, dont les formes ne sont pas moins extraordinaires que les couleurs. On en atteint la base en 30 min., et le sommet (2302 met.) en 1 h. 45 min. Le col offre une vue admirable sur la vallée de Louèche, et sur les hautes cimes des Alpes du Valais et du Piémont. — On peut visiter aussi les Echelles, au nombre de huit, presque verticales, appliquées contre les parois d'un escarpement de rochers, la Wandfluh, qui domine la rive gauche du torrent de la Dala, et qu'il faut escalader pour se rendre au v. d'Albinen; 25 min. suffisent pourse rendre des Bains au pied des Échelles; — la chute de la Dala, à 30 min. au N. E., qui forme une belle cascade resserrée entre deux rochers; — (1 h.) ïalpe Foljcret ou Feuillerette, sur la rive g. de la Dala; — (2 h. 30 min.) le glacier de fonder ou de la Dala. — (3 h.) le Guggerhubel, qui intéressera vivement le botaniste et le géologue ; — (3 h. 45 min. du Guggerhubel) le Galmhorn (2463 met.); — (7 h.

30 min. aller et retour) le Torrenthorn ou Mainghorn (2950 met.), ascension très-recommandée, magnifique panorama.

les eaux. — Eaux thermales, sulfatées calciques.

Connues depuis le douzième siècle et surtout depuis le commencement du seizième.

Émergence : D'un terrain composé de schiste argileux et de calcaire; on y rencontre des cristaux de quartz et des pyrites.

Vingt sources et plus, toutes thermales, jaillissent dans un espace assez restreint. Les principales sont: la Lorenzquelle, source de Saint- Laurent, qui émerge sur la place du village et forme un petit torrent;

la Goldbrûnneli, petite source d'Or, qui doit son nom à ce qu'elle est la première où l'on ait observé le phénomène des pièces d'argent jaunies, en un jour ou deux, par le dépôt d'un sel de fer qu'on prit d'abord pour de l'or, puis pour du soufre ; la Fussbadquelle, source du bain de pieds ; les trois sources de VÂrmenbade ou Aussàtsigenbade, bain des Pauvres ou des Lépreux, qui alimentaient autrefois un bain désigné sous ce nom et qui n'existe plus ; une de ces trois sources, aujourd'hui réunies dans un même réservoir, était autrefois nommée Kotzgùlle ou Brechquelle, source vomitive, parce qu'on l'avait employée quelque temps comme émétique en y ajoutant une substance vomitive; la llcilbadequelle, source du bain de guérison, ainsi nommée d'un ancien bain qu'elle desservait; la Roosgiille, forme patoise de Rôstquelle, source du Routoir, qui servait autrefois à rouir le chanvre et donnait très-peu d'eau; c'est maintenant la source la plus abondante, après celle de Saint-Laurent, elle n'est pas utilisée médicalement.

Débit en 24 heures : Suivajit Meyer-Ahrens, la source Saint-Laurent débite, d'après le calcul de Morin, 14112 hectol.; suivant Brunner, Morin aurait estimé le débit à 60 000 hectol.

Densité: 1,0023 (Morin).

Température: Source Saint-Laurent, au griffon, 51°; source des Guérisons, 50°; Bain des pauvres, 46°,30; Bains de pieds, 38°,80.

Caractères particuliers : Eau limpide en général, se troublant quelquefois, surtout au printemps et en automne, après la fonte des neiges ou les grandes pluies, et déposant alors un sédiment grisâtre ; exposée quelque temps à l'air, elle ne se trouble pas, mais dépose sur le fond et les parois du réservoir un précipité d'oxyde de fer jaune, brun ou brunrouge. Une pièce d'argent décapée qu'on y laisse séjourner un jour ou deux, s'y revêt d'une couche de cet oxyde et prend une couleur jaune d'or, par suite de phénomènes qui paraissent analogues à ceux qu'on observe dans le bain galvanoplastique. Inodore à la source, l'eau de Louèche, par le contact prolongé de l'air, prend l'odeur des œufs gâtés; son goût est, suivant les différents observateurs, métallique, amer, salé ou comparable à celui de l'eau chaude; au premier abord elle produit sur la peau l'effet d'une eau savonneuse, mais son usage prolongé rend l'épiderme sec et rude.

Emploi : Boisson, bains, douches, bains-ventouses, lotions, fomentations.

Situation : 1415 met. au-dessus de la mer.

Climat de montagnes, rude, variable ; matinées et soirées toujours très- fraîches.

Saison : Le climat des bains de Louèche n'en permet guère le séjour aux malades que du 15 juin au 1er septembre.

Action physiologique et thérapeutique : En boisson, l'eau de Louèche détermine un peu de chaleur et, quelquefois, de pesanteur à l'estomac; elle augmente l'appétit, facilite les excrétions jusqu'à devenir laxative, et agit en même temps comme diurétique et diaphorétique. Lorsqu'il est bien supporté, le traitement interne paraît contribuer très-effica-

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cément au succès du traitement externe, ce nVt pas cependant un adjuvant nécessaire; assez souvent l'estomac supporte mal cette eau, qu'elle soit prise chaude ou refroidie; il faut alors y renoncer et se bornera son usage externe. C'est surtout dans les affections des organes digestifs et du foie, dans les catarrhes chroniques, l'anémie et les maladies des femmes que l'eau est donnée en boisson; mais ces affections ne sont pas les plus communes chez les clients de Louèche et la majeure partie des malades ne suit que le traitement externe. Quand on juge à propos d'employer l'eau à l'intérieur et à l'extérieur, on commence souvent par la donner exclusivement en boisson, pendant six à huit jours, quelquefois on achève le traitement interne avant d'en venir à baigner le malade.

En bains, l'eau de Louèche agit sur la peau comme excitante, elle ne produit d'abord qu'un sentiment de bien-être et d'augmentation des forces ; mais bientôt l'excitation s'étend à tout le système nerveux et les signes de la fièvre thermale se manifestent avec plus ou moins d'intensité, puis on voit survenir un exanthème connu sous le nom de poussée. La poussée se montre, avec ou sans fièvre, rarement dès le second ou le troisième jour du traitement, généralement du cinquième au quatorzième jour, rarement plus tard. Cet effet des bains n'est pas particulier aux eaux de Louèche; on l'observe dans beaucoup d'autres stations minérales, mais dans aucune il n'est plus caractérisé, dans aucune on ne cherche à l'obtenir et on ne respecte son développement et ses phases comme on le fait à Louèche. Sans doute la poussée n'y est plus considérée comme indispensable au succès du traitement; mais on reconnaît, dit M. le docteur Brunner, qu'elle exerce une action marquée sur les affections internes, par suite de la révulsion générale et intense a laquelle elle donne lieu. Quoiqu'elle se manifeste, dans des cas exceptionnels et rares, dès le second ou le troisième jour du traitement, on doit admettre que la longue durée des bains contribue notablement à son apparition, puisqu'elle se montre communément du cinquième jour au quatorzième, et que le bain, d'une demi-heure à une heure le premier jour, est prolongé chaque jour d'une heure, en général. M. Brunner, pendant sa longue pratique à Louèche, n'a jamais observé la poussée chez les malades qui n'usaient de l'eau qu'en boisson. La délicatesse ou la force de la constitution, la finesse plus ou moins grande de la peau ne paraissent pas avoir ici d'importance, car des femmes très-délicates et des hommes robustes peuvent également avoir une poussée très-forte ou n'en présenter aucune apparence.

La poussée prend les formes les plus diverses, elle peut être érythémateuse, scarlatineuse, érysipélateuse, ou présenter des papules, des pustules, des vésicules, de simples taches; plusieurs de ces variétés peuvent coexister chez le malade, mais avec prédominance de l'une d'elles.

L'exanthème débute ordinairement au niveau des articulations du coude et du genou, puis s'étend à la surface des membres, au dos, aux flancs et à l'abdomen; on le voit moins souvent à la partie antérieure

de la poitrine, à la face dorsale des mains et des pieds, plus rarement encore au cou et aux aisselles, presque jamais aux faces palmaires et plantaires, jamais au visage. Il parcourt plus ou moins rapidement ses périodes de développement, d'état et de déclin; il se termine par desquamation et sa durée totale est de dix à quinze jours. Suivant qu'il se prolonge plus ou moins et suivant son intensité on augmente ou l'on diminue la durée des bains. Assez bénigne chez la plupart des baigneurs, la poussée prend quelquefois les proportions d'une maladie douloureuse, mais sans aucun danger.

La chaleur et le beau temps favorisent la marche de la poussée; on recommande aux baigneurs qui en sont atteints de se tenir chaudement et d'éviter les refroidissements. Jusqu'au moment où elle se montre, les bains sont prolongés d'une heure chaque jour, on les donne avec les ménagements nécessaires pendant son développement, puis on les diminue chaque jour d'une heure pendant sa décroissance, sans les discontinuer avant sa disparition complète. Les malades qui, malgré l'avis du médecin, cessent trop tôt les bains, s'exposent à voir l'exanthème prendre une marche chronique et qui nécessite un nouveau traitement (V. Brunner, Louèche-les-Bains et ses eaux thermales).

Autrefois on prolongeait la durée des bains jusqu'à sept, huit et même dix heures. Cette pratique est abandonnée aujourd'hui, et le séjour dans la piscine ne dépasse pas en général cinq heures.

Les douches sont associées aux bains chez beaucoup de malades et, pour quelques-uns, elles constituent exclusivement le traitement externe. On fait aussi usage à Louèche des ventouses scarifiées, appliquées pendant le bain, et ce mode de traitement donne de bons résultats dans les affections rhumatismales ou herpétiques et dans l'état congestif de la peau, vers le déclin de la poussée. Les lotions et les fomentations pratiquées avec l'eau minérale sont aussi fort utiles, soit comme adjuvants moins actifs que la douche, soit comme s'adressant aux régions de la tête qui ne peuvent être soumises à l'action du bain

Les maladies de la peau sont au premier rang parmi les indications des eaux de Louèche, surtout quand elles affectent la forme humide; l'eczéma, l'herpès, l'impétigo, l'ecthyma, l'acné, la mentagre, guérissent ou s'amendent notablement à cette station minérale; on y obtient aussi des succès, mais plus douteux et moins complets dans les dermatoses de forme sèche comme le lichen, le psoriasis, etc. Ces eaux donnent de très-bons résultats dans le rhumatisme articulaire ou musculaire, quand l'état aigu a complètement cessé, dans la goutte atonique, dans les laryngites et les bronchites chroniques, dans l'asthme, dans les différentes manifestations du lymphatisme et de la scrofule, dans les engorgements congestifs ou d'origine paludéenne du foie et de la rate. La chlorose et l'anémie, la paralysie rhumatismale, les maladies de l'utérus sans inflammation, enfin certaines névroses peuvent aussi trouver à Louèche la guérison ou le soulagement.

Ces eaux sont contre-indiquées chez les sujets pléthoriques; dans l'état inflammatoire ou congestif, eu général; dans la tuberculose;

SUU1SSH. — SA1NT-M0KITZ.

dans les maladies organiques du cerveau, du cœur, du foie, etc., ainsi que chez les cancéreux et les hydropiques.

Analyse (P. Morin, 1844).

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