SUISSE. — SAXON
Débit en 24 heures: variable suivant les années; 1728 hectol. en août 1848; 4403 hectol. en septembre 1852;2995 hectol. en 1861.
Densité: Égale à celle de l'eau distillée, à 12° (Morin, 1844); 1,000077 à 11° (Brauns, 1862).
Température : Varie, suivant les observateurs, de 24° à 25°.
Caractères particuliers : Eau limpide, incolore, inodore, sans goût bien défini; suivant Aviolat, sa saveur presque nulle est fade, quelquefois elle laisse un léger arrière-goût salé. En vase clos elle ne dépose pas; laissée au contact de l'air pendant plusieurs jours, elle prend une odeur analogue à celle du safran ou de l'iode. Cette odeur se fait sentir, dans certaines circonstances, au voisinage de la source et provient, suivant Meyer-Ahrens, de l'eau minérale qui a subi le contact de l'air ou de celle dont le sol est imprégné et qui dégageraient des vapeurs d'iode.
Emploi : Boisson, bains et douches, bains de vapeur. L'eau est employée soit à sa température naturelle, soit après avoir été chauffée dans un serpentin, au moyen de la vapeur.
Situation : A 479 met. au-dessus de la mer ; peu salubre.
Climat chaud et désagréable pendant la saison des eaux, matinées et soirées fraîches en mai et en octobre.
Saison : Du 1e-- mai à la fin d'octobre.
Action physiologique et thérapeutique : L'eau de Saxon en boisson est très-diurétique; sous son influence, l'urine prend une odeur particulière, analogue à celle que lui donnent les asperges, et dépose souvent de l'acide urique. Cette eau, sans augmenter le flux menstruel, en hâte quelquefois l'apparition. Elle est presque toujours bien supportée par l'estomac, augmente l'appétit, facilite les digestions et n'a pas en général d'effet sensible sur les garde-robes ; quelquefois elle cause un peu de constipation, plus rarement elle amène la diarrhée qui ne survient alors que par suite dune ingestion d'eau trop considérable. En bains, elle est excitante du système nerveux et de la circulation, elle détermine quelquefois une poussée bénigne, de forme érythémateuse, papuleuse ou pustuleuse, rarement furonculeuse, peu étendue, de peu de durée et n'obligeant pas à suspendre le traitement. La fièvre thermale ne s'observe que par exceptions très-rares.
Les manifestations du lymphatisme et de la scrofule sont l'indication principale de cette eau. Elle donne de bons résultats dans les engorgements ganglionnaires, dans les tumeurs blanches, dans les affections strumeuses des os, surtout quand elles sont récentes, dans les abcès froids, les dermatoses et les maladies des yeux de nature scrofuleuse, dans le goitre et, dit-on, dans certains kystes de l'ovaire. On la conseille aussi dans les engorgements utérins et la leucorrhée qui procèdent de la diathèse strumeuse, dans les affections catarrhales des voies digeslives, aériennes ou urinaires, et dans le rhumatisme chez les sujets lymphatiques.
L'eau de Saxon est exportée en bouteilles.
Les analyses de cette eau, faites de 1844 à 1856 par un grand nombre
de chimistes, ont donné des résultats très-différents pour la proportion d'iode qu'elle contient. Meyer-Ahrens, dans son Traité des eaux minérales de la Suisse, donne à ce sujet des renseignements fort étendus, auxquels nous empruntons ce qui suit :
Auteurs des analyses. .. . Années. Eau, 1000 parties. Iode Brome.
Morin 1844 — 0,0
Brauns 1852 0,0015
Rivier et de Fellenberg. 1852 — 0,0902
Heidepriem etPolseger. 1853 — 0,0460
O.Henry 1856 — 0,0937 0,0324
A diverses reprises, le docteur Aviolat, médecin des Bains de Saxon, en présence de plusieurs chimistes et médecins convoqués par lui. obtint la réaction de l'amidon sur l'iode, soit immédiatement, soit quelques heures après avoir réuni l'eau et le réactif dans des tubes fermés. D'autre part, M. Rotureau et M. Aviolat, reprenant ensemble la même expérience, n'eurent que des résultats complètement négatifs.
Des fragments de cargneule, détachés de la roche à travers laquelle émerge la source, ayant été présentés à la Société d'hydrologie de Paris et à celle des naturalistes de Lausanne, on put y constater la présence de l'iode en quantité considérable, soit par l'odeur et les vapeurs du métalloïde, au moment où les morceaux venaient d'être fragmentés, soit à l'état d'iodure de magnésium. Meyer-Ahrens cite même le docteur Rossier comme ayant vu dans cette cargneule des cristaux d'iode. En revanche M. Rotureau n'a rien obtenu de semblable des fragments rapportés par lui.
Les résultats, si différents, des analyses, firent croire à des manœuvres frauduleuses, à la sophistication de l'eau. Mais MM. Rivier et de Fellenberg, en 1853, et Bischoff, médecin et professeur de chimie à Lausanne, en 1861, ont constaté que l'eau puisée à la source avec toutes les garanties convenables, à des intervalles de quelques heures, d'une heure, d'un quart d'heure et même de cinq minutes, contenait des proportions d'iode très-différentes (de 0«r,0 à 06r,098] pour 1000 grammes d'eau) ; Rivier et Brauns ont reconnu la même inégalité comme teneur en iode dans la cargneule de Saxon (lsr}560 à lsr,674). Or, en supposant qu'on ait mis de l'iode dans la source et qu'on soit parvenu à tromper des observateurs honorables, dont l'attention était éveillée, comment aurait-on pu imprégner plus ou moins d'iode la cargneule, dans laquelle les hommes les plus compétents ont, à l'exception de M. Rotureau, constaté la présence de ce métalloïde?
Ce qui semble incontestable c'es que, sous l'influence d'une cause inconnue jusqu'à présent, la teneur en iode est variable et intermittente dans l'eau de Saxon. Pour obvier à ces intermittences et donner au