ALLEMAGNE. — BUDE-PEST
bain, et 41 baignoires, composent les appareils balnéaires de cet établissement, dans la cour duquel une fontaine spéciale alimente la
buvette.
6° L'établissement du Biocktbad contient une très grande et très belle piscine où 201) personnes peuvent se baigner en même temps, deux baignoires en pierre, assez vastes pour contenir 2 ou 3 personnes, et enfin 8 baignoires ordinaires.
7° V Elisabeth Sahbad, à environ 2 kil. de la ville (omnibus à Pest, Joseph Platz). C'est un établissement bien installé, avec des logements confortables.
La source Elisabeth, riche en sulfates et chlorurée, y attire beaucoup de malades, et son eau s'exporte en grande quantité.
8° Le Hfarga/refhenbad, dans l'île Sainte-Marguerite. Margarethen insei, en amont de Pest-Bude, construit tout récemment, dans le style de la renaissance, très luxueusement installé, avec de nombreux cabinets de bains et de douches
des piscines, etc. C'est une des curiosités de la ville.
Près de Bude est la source dite lluiiimli Jdnos {V. ce mot).
Monuments. — Une forteresse couronne, avec le château royal , la colline sur les pentes et au pied de laquelle Bude est située. On y découvre une vue admirable. — L'église paroissiale de l'Assomption date probablement du treizième siècle. Le 20 août, la fêle de saint Etienne y est célébrée avec une grande magnificence. — Audessus du Kaiserbad, s'élève la Turkencapelle , petite mosquée haute de 8 mètres qui recouvre la tombe d'un santon turc. — Sur la place Georges, monwluaal de Hentzi: élevé en l'honneur des soldats morts en 184!), pendant le siège de Bude-Pest par les Hongrois.
Promenades. — La terrasse formée par le bastion qui domine la Ftcritsemtadt, offre une agréable promenade. — Le Jardin Royal, belle vue sur Bude-Pest et les.
environs.
les eaux. — Eau thermale bicarbonatée caicique, ou froide, sulfatée sodique et magnésienne, ou froide, ferrugineuse sulfatée.
Connues dès l'époque romaine, au premier siècle.
Émergence : De la chaîne du Josephsberg et notamment du Blocksberg essentiellement formé de roches dolomitiques. Une source thermale émerge dans l'île Sainte-Marguerite.
Quarantc-huil sources que l'on peut réunir en dix principales, alimentant les bains de Bude et fournissant l'eau des buvettes ; les plus importantes sont ainsi désignées : Kaiserbadquclle, source du bain de l'Empereur; Lvkasbad quelle, sources du bain de Luc: KonigsbadqieeUe, source du bain du Roi; Raitzenbadquelle, source du bain de Kaitz; Briiekbad et Blocksbadquelle, source du bain du Pontet du bain du Blocksbcrg; Margarethenbadquelle, source du bain de Sainte-Marguerite. Le Kaiserbad et le Lukasbad comptent chacun onze sources.
Les sources froides principales de Bude sont : Elis&bethqueite, source d'Elisabeth; HildegardequeUe, source d'Hildegarde; Bocksbitier quelle t source amère du Bouc : une nouvelle source du mêm? genre. 1res riche
en fer, a été découverte en 1856 ; enfin, Pest a plusieurs sources froides et ferrugineuses qui sont peu ou point employées.
Débit en 24 heures : Raitzenbad, 16 700 hectol.; Brùckbad, de 720 000 à 1 200 000 hectol. ; Blocksbad, de 25 000 à 45 000 et même 70 000 hectol. suivant la hautenr des eaux du Danube (Rotureau) M. Joachim (Balneologische Zeitung, vu, 55) donne pour le débit des 48 sources, 181 006 hectol. La Margarethenquelle débite 145 000 hectol.
Detisité : Raitzenbad et Blocksbad, 1 006 ; Brùckbad, 1 007 ; Kaiserbad et Lukasbad, égale à celle de l'eau commune (Rotureau).
Température : Kaiserbad Trinkquelle, 61° ; Lukasbad, 56°; Kônigsbad, 50"; Margarethenbad, 43°,75; Raitzenbad et Brùckbad, 42°; Elisabethquelle, 15°; Hildegardequelle, 15°,5.
Caractères particuliers : Eau limpide, Kaiserbad; un peu trouble, Lukasbad, odeur et saveur légèrement sulfureuses; le Raitzenbad a un goût salé, le Brùckbad est insipide, le Blocksbad sulfureux et salin. Des bulles de gaz montent à travers l'eau des sources. Les eaux d'Elisabeth, Hildegarde et Bitterquelle, sont limpides et inodores, leur goût est salé et amer. Ces eaux froides se conservent très-bien et se rapprochent, comme caractères, des eaux amères de la Bohême.
Emploi : Boisson, bains de piscines et de baignoires, douches. On réunit toujours les traitements externe et interne.
Situation : 145 mètres au-dessus de la mer.
Climat : Assez rude et inconstant, différent à Pest et à Bude à cause de l'action des vents; Pest est plus abrité.
Saison : Du 15 mai au 1er octobre.
Action physiologique et thérapeutique : Les eaux thermales sont diaphorétiques et diurétiques, bien supportées par l'estomac, laxatives chez quelques malades; en bains elles excitent la peau et agissent à la fois comme bain d'eau sur la partie inférieure du corps et de vapeur sur la partie supérieure ; elles rendent aux tissus la souplesse, ramènent dans les nerfs et les muscles la motilité ; c'est surtout en bains de piscine, prolongés pendant plusieurs heures, comme les prennent les ouvriers et les paysans, que ces eaux développent leur action thérapeutique. Les eaux froides de Bude et de Pesth sont purgatives. Celles d'entre elles qui sont ferrugineuses ont de plus les propriétés toniques et reconstituantes de leurs congénères.
Les eaux de Bude donnent d'excellents résultats dans le rhumatisme sous toutes ses formes; les névralgies; les contractures musculaires, suite de traumatisme; les affections granuleuses et ulcéreuses de l'utérus; l'intoxication métallique; les maladies de la peau, surtout celles qui tiennent du lymphatisme ou de la scrofule, comme le lupus et l'éléphantiasis. Les sources fortement sulfatées réussissent dans la pléthore abdominale avec torpeur de l'intestin, et dans certaines maladies de la peau.
Nous empruntons à l'excellent ouvrage de M. Rotureau les analyses suivantes.
ALLEMAGNE. — CANNSTATT.
Analyse (Molnar, 1849; Wagner, 18.">7).
KAISERBAD. BOCK'S BITTERUUELLE.
Eau, 1 kilogr. Eau, 1 kilogr
Sulfate de potasse 0«r, 1 23927 0«r, 1845
— de soude 0, 042093 14, 0423
— de magnésie 9, 1860
— de chaux 0, 0715788 0, 9475
Crénate de soude 0, 011810
Chlorure de sodium 0, 089012 1, 2480
— de magnésium 0, 115967:5
Phosphate de soude 0, 005605
— d'alumine 0, 005642
Carbonate de fer 0, 002791 0, 0060
— de lithine 0, 033995
— de chaux 0, 38836 1 9, 0505
— de magnésie 0, 0180
Silice 0, 001736 0, 0040
Substances bitumineuses et baré-
gine 0, 053818
Gaz acide carbonique libre 305 ce. 4 ce.
— sulfurique traces
— azote traces
Bibliographie : Lengyel de Przemysl, die Heilquellen und BàderUnganvs, Pest, 1854. — A. Rotureau, des principales eaux minérales, Paris, 1858. — Joachim, Uber die Ofener tbermen, in Balncologische Zeitung, t. I, II, V et VII. — Wachtel, Ungarn's Kurorte und Mineralquellen, 1859. — Ritler et Hirschfeld, statistique des bains et eaux minérales de l'Europe. Buda-Pest 1876.
CANNSTATT (WURTEMBERG).
698 kil. de Paris. Chemin de fer de l'Est et chemins de fer allemands. Trois trains express et directs par jour en 1" h. 6 m. 1" cl. 83 fr. 95 c.;cl. mixte (lro en France, 2e en Allemagne) 74 fr. 30 c; 2" classe 61 fr. 60 c.
DE PARIS A CANNSTATT PAR AVRI- COURT, STRASBOURG, CARLSRUHE, PFORZHEIM ET STUTTGART.
Cannstatt, ville de 15 000 h.
appartenant au royaume de Wur-
temberg, est située dans une position pittoresque sur le Neckar, à 45 min. de Stuttgart, dont elle n'est séparée que par un parc Un beau pont de pierre construit en 1838 y joint les deux rives du Neckar.
Hôtels : Hermann; Mers; Wiir- de santé, etc. Chaque baigneur paye tembergischer Hof; Sonne; Hirsch; Ochs. — Restaurant Kauffmann.
Cette ville, fréquentée tous les ans par 3000 baigneurs, possède un cursaal, un théâtre, deux maisons
6 mk., chaque famille 9 mk.
comme impôt, curtaxe.
Cannstatt communique par chemin de fer avec toutes les grandes villes d'Allemagne.
les eaux. — Eau froide ou thermale, chlorurée sodique, ferrugineuse, gazeuse.
Connue dès l'époque romaine.
Emergence : D'un terrain dont le fond paraît être du muschelkalk recouvert de boues, de tourbes, d'argiles, de marnes, d'un conglomérat siliceux et de lehm. Les sources prennent naissance de l'un ou de l'autre de ces bancs à des profondeurs différentes.
Trente-deux sources tant à Cannstatt que dans le voisinage; quelques-unes sont naturelles et parurent lors du tremblement de terre de Lisbonne ; la plupart résultent de forages artésiens plus ou moins profonds; un petit nombre sont employées comme moyen curatif. Les principales sont : la Sulzerainquelle ou Wilhehnsquelle, source de saumure ou source de Guillaume, la Carlsquelle, source de Charles, ïlnselquelle, source de l'Ile, le Sprudel, source bouillonnante par analogie avec le Sprudel de Carlsbad, le Mànnlein, source Mâle, la Weiblein, source Femelle, la Wiesen quelle, source des Prés, la Kunstmiïhle, source du Moulin.
Le débit de ces sources et les proportions de leurs principes fixes et gazeux varient, d'une année et même d'un mois à l'autre ; on voit une source s'affaiblir pendant que la source voisine devient plus forte, et vice versa.
Débit en 24 heures : Wilhehnsquelle , 5148 hectol. Son débit augmente ou diminue avec celui du Neckar. Toutes les sources réunies donnent 18 715 hectol. (Joachim).
Densité : Varie, suivant les sources, de 1,0058 à 1,0063.
Température : Varie suivant les sources de 15° à 21°5 (Rotureau).
Caractères particuliers : Eau limpide, pétillant dans le verre et moussant quand on l'agite, inodore ; quelques sources ont dans les temps de pluie ou d'orage une odeur légèrement hépatique; goût piquant, frais, un peu salin, puis atramentaire; elle laisse déposer un sédiment ocreux.
Emploi : Boison, bains, douches. On ne peut pas prendre des bains de baignoire prolongés à la température des sources, mais on donne aussi des bains d'eau chauffée artificiellement. Outre les piscines, un bassin de plus de 2000 mètres carrés, et dont la profondeur varie de 1 à 3 mètres, reçoit les baigneurs qui veulent y nager dans l'eau minérale.
Il y a à Cannstatt, outre les établissements de bains, deux maisons de santé ou instituts affectés l'un aux maladies de la peau, l'autre à différentes méthodes de traitement; hydrothérapie, ^électricité, gymnastiqne.
Situation : 221 mètres au-dessus de la mer.