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ALLEMAGNE. — KISSINGEN

installé, mais d'une moindre importance. Beaucoup de maisons particulières ont aussi des installations

balnéaires, mais on y renonce peu à peu.

On fait de plus à Kissingen des cures de pclil-Iait.

En 18'iG, on a construit à côté du Soolsprudel [V. ci-dessous) une machine hydraulique de la force de neuf chevaux. Les bâtiments de graduation de la saline inférieure,

— on appelle ainsi cette première saline, — ont une longueur de W\'\ met. et une hauteur de 12 à 14 met.

— L'eau est versée six fois de suite par une turbine, sur des fagots d'épines. Un autre puits artésien, leSchœnbomsbvunnendefàO met.

de profondeur, alimentait la saline supérieure, située à 20 min. du Soolsprudel, au village de Hausen; mais on a fermé ce puits, de peur qu'il nuisit à d'autres sources.

Kissingen possède une colonnade (Arcadenbau), une salle de conversation (Cursaal), un pavillon de fer construit sur les sources Fandur et Rakoczy, et un beau jardin

[Curgarten) où se promènent les baigneurs, matin et soir. — Entre le- Schœnbornsbrunnen et la Theresiensquelle se trouve l'ancien couvent de femmes de Hausen, fondé en 1169.

Phomenades. — On visite surtout dans 1rs environs de Kissingen les Salines (25 min.) et la source de Sehœnborn (V. ci-dessus); la Lindesmùhle (10 m.) moulin, situé au bord de la Saale; — l'Altenberg, où conduisent de nombreux sentiers; — le Staffels (376 met.; jolie vue du sommet) ; on trouve à sa base, au S. et à l'E., divers restaurants tiès-fréquentés; — les Hohe- Eichc, beaux chênes au pied desquels on découvre une belle vue : — la Bodenlaube, vieux château en ruines; — leStufcnberg(\ h. 30m.); — le château Trimberg (2 h.); — le Seehof (45 m.) et le Claushof (1 h.), maisons de chasse; — le Cascadenthal (45 m.), petite vallée boisée; — leSinneberg (30 m.), jolie vue; — le Kreuzberg (1 journée), sommité la plus haute du Rhœngebirge.

les eaux. — Eau froide chlorurée sodique, gazeuse.

Connue comme saline dés le neuvième siècle et comme eau médicinale depuis le seizième.

Emergence : d'un terrain dont le grès bigarré, le calcaire coquillier et le basalte forment les principaux éléments.

Six sources : Rakoczy, ainsi nommée en mémoire du princ3- Rakoczy, dont la maison du prince-évêque de Sehœnborn fut héritière ^Pandur, source du Fandour, ainsi nommée en honneur du régiment ae pandours resté fidèle au prince dans sa lutte contre l'Autriche; Maxbrunnen} source de Max. Ces trois sources émergent dans la ville même, les trois autres sont situées à deux kilomètres; ce sont le Soolsprudel, source jaillissante de la saline, le Schœnbornsprudel, source Sehœnborn ou du beau puits, toutes deux résultats de forages artésiens, et dont la seconde est maintenant fermée; enfin la Theresiensquelle, source de Thérèse, très-voisine de la précédente.

Le forage du Schœnbornsprudel a été terminé en 1849, il donnait avec le Soolensprudel, l'eau des salines de Kissingen. Fendant le forage

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de ce puits la Theresiensquelle, sa voisine, perdit son gaz acide carbonique, ce qui prouve que les eaux de Kissingen sont solidaires dans certaines limites. Elles sont de plus intermittentes à des degrés différents, et ce phénomène, dû à des causes naturelles et spontanées, est rendu plus marqué par l'action de la pompe de puisement qui agit sur la colonne d'eau de manière à diminuer sa pesanteur. C'est surtout au Soolensprudel que s'observent ces intermittences.

Débit en 24 heures : Rakoczy, 538 hectol. (Balling); le puisement de l'eau détermine une augmentation momentanée dans la proportion de deux à trois fois le débit normal ; Pandur, 358 bect.

Densité: Rakoczy, 1,007343; Pandur, 1,006601 ; Maxbrunnen, 1,003410, Soolsprudel, 1,0158.

Température : Rakoczy, 11°,25; Pandur, 11°,8; Soolsprudel, ]9°,4, (Balling). M. Rotureau indique pour ces sources les températures de 9",3, ll<\0etlS°,5.

Caractères particuliers : L'eau du Rakoczy n'est pas très-limpide, elle tourne au bleu, est troublée par de nombreuses bulles de gaz et tient en suspension des paillettes rougeàlres; goût acidulé, lixiviel, styptique, atramentaire, odeur piquante d'acide carbonique; chauffée, elle dégage une odeur de brome; exposée longtemps à l'air, elle dépose un précipité ocracé. Le goût de cette eau change d'un jour à l'autre; tantôt c'est le sel, tantôt c'est le fer ou l'acide qui y domine. L'eau du Pandur est plus limpide, sa saveur et son odeur sont celles du Rakoczy mais plus fortes. Le Maxbrunnen, limpide et plus agréable à boire, n'est ni salé, ni ferrugineux. L'eau du Soolsprudel a tous les caractères de celle du Rakoczy, mais son goût est très-désagréable.

Emploi : Boisson, bains ordinaires, Wellenbad (bain à la lame), bains de vapeur d'eau, de vapeurs chlorhydriques, de gaz, d'eaux mères, de boues; douches de toutes sortes, inhalation.

Situation : 200 mètres au-dessus de la mer.

Climat doux et assez constant.

Action physiologique et thérapeutique : L'eau de Kissingen (Rakoczy et Pandur) est purgative, diurétique et sudorifique; elle agit puissamment sur les muqueuses et la peau, dont elle augmente et modifie les sécrétions; ellle est tonique et reconstituante. Vers la fin du premier septénaire on voit souvent se marquer les symptômes de la fièvre thermale, caractérisée surtout par l'affaissement des forces et le découragement des malades dont les maux se ravivent quelquefois. Les eaux mères, les boues et autres agents dont on dispose à Kissingen, ont en général les mêmes éléments que les eaux, à un degré de concentration plus grand, et leur effet est en raison de leur nature et de leur mode d'application.

A tous ces moyens s'ajoute le traitement par le petit-lait, institué à Kissingen, et l'hydrothérapie, restreinte au traitement externe et qui emploie ici, au lieu d'eau pure, une eau fortement minéralisée et analogue à celle de la mer.

La grande variété des sources de Kissingen au point de vue de leur

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minéralisation permet de les appropriera des affections de nature trèsdifférente.

A défaut de sources franchement carbonatées , les Allemands, dit M. Durand-Fardelj leur ont cherché des succédanés dans les chlorurées, et kissingen est au nombre des stations qui font concurrence à Vichy. La dyspepsie chez les sujets obèses, lymphatiques, avec atonie de l'appareil digestif et peu d'excitabilité, trouve en effet du soulagement à Kissingen ; il n'en est pas de même des dyspeptiques à tempérament sanguin et disposés à la congestion des viscères. La pléthore abdominale, maladie commune en Allemagne, les troubles résultant de fluxion hémorrhoïdaire supprimée ou exagérée, l'aménorrhée tenant à l'anémie, sont aussj des indications à l'usage de ces eaux qui produisent une dérivation sur l'intestin. La scrofule sous toutes ses formes et le rhumatisme, surtout chez les sujets lymphatiques, relèvent essentiellement de Kissingen, dont les inhalations chlorurées peuvent convenir au catarrhe simple des voies aériennes. Les tuberculeux doivent éviter cette station.

Les eaux du Rakoczy et du Pandur se transportent.

Analyse (Liebig, 1856).

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