‹ Les baisers: comedie en 1 acte et en proseChapitre 19 sur 29 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

HERMINIE, seule.

Ah ! ah ! ah !.. je me suis vengée comme il faut. Il est bien, ce jeune homme, un air noble et distingué... mais on n'a pas plus d'audace, d'indiscrétion... Je suis encore toute troublée à la pensée que j'y allais de confiance avec lui comme on y va avec un vieux docteur; on n'est pas sur ses gardes... Quel sera rétonnement de son oncle lorsqu'il apprendra cette équipée.. Que dira le monde !... Comment n'ai-je pas deviné... cette marquise d'Urfé m'a tant bouleversé l'esprit avec ses opérations cabalistiques... Elle était peut-être dans sa confidence... j'aurais dû reconnaître tout à l'heure au moins un véritable jeune homme... à son regard si vif, à sa voix passionnée, à son baiser., car, au moment où je perdais connaissance, j'ai senti ses lèvres ardentes... et Jeannette n'avait pas tort... ce n'était pas là le baiser de mon mari.

Air :

Je ne sais ce qui me trouble,

Mais je sens, malgré mon courroux,

Que ces baisers valent le double

Des baisers de mon vieil époux.

Jeannette avait raison sans doute,

Mais taisons-nous,, . ah î j'ai grand peur.

Peut-être il est là qui m'écoute...

S'il entendait battre mon cœur !

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