SCÈNE PREMIÈRE
JEANNETTE, près de la toilette , le cou penché comme si elle attendait qu^on V embrassât.
Petit, petit... rien... Il fait encore trop clair.. [Elle descend sur le devant de la scène.) Plus je pense aux événements de ces jours-ci, moins je puis me les expliquer... Il y a vraiment des lutins, des farfadets àPaiis... Le docteur Rémy ne nous avait pas annoncé qu'il logeât en même temps que nous un esprit familier... Ce n'est pas un rêve que je fais... chaque soir quand je passe sans lumière dans cet appartement, je sens une douce haleine sur mes épaules, et je ne me trompe pas, c'est un baiser... On ne peut pas se ti^omper là-dessus... c'est la première chose qu'on apprend à connaître de ses parents d'abord, puis... (Elle remonte vers la toilette.) Petit! petit!... (Charles soulève une des draperies et prend le baiser sur le cou de Jeannette.) Hein ! qu'est-ce que je disais ! voilà le baiser !... 11 a un peu tardé... mais le voilà... d'où vient-il? un baiser sans corps, on n'a jamais vu cela... (Elle cherche de côté et d'autre et soulève les draperies sans rien voir.) J'entends Madame, elle cause avec Antoine, le jardinier.Elle avait bien besoin de i^entrer si tôt ! Allons au-devant d'elle. (Elle sort.)