‹ Les Baluba (Congo Belge). Avec une préface de Cyr. van OverberghChapitre 16 sur 98 · CT* O · texte numérisé non relu

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Résumons en quelques mots la poussée des Babemba d'Itawa.

Un premier groupe se dirige vers le Nord, et s'établit à la Lukumbi en Kabwire ; c'est le groupe Bwanza.

Un autre groupe, va s'établir plus tard au Sud du Tanganika; c'est le groupe Kasanga. Il se divise en bakwakisanga, bakwamanda, luluvya, bapemba, bakwakilunga qui tous se dirigent vers l'Ouest ou le Nord- Ouest, dans le Marungu, et en Kalanga, qui conserve le nom Kasanga et réside le long du Tanganika. Ce dernier groupe donne naissance au groupe Lusinga qui ne se développe pas, et au groupe Tumbwe qui envoie ses ramifications : Bamwenge, Bamulenga, etc.. et surtout Bakyombo, dans le pays situé à l'Est du Lualaba. C'e sont les Baluba-hemba proprement dits.

Le groupe Bazimba envoie le long du Tanganika les familles : Manda, Kikongo, Kaputo, Moliro, Zongwe, Kapampa, Katampa, Ndaile, Katele et Rutuku qui envoie à son tour en Usoa vers 1750.

On doit ajouter quelques autres familles dont je n'ai pas eu l'occasion de rechercher l'origine. Ce sont les Bakalumbi, les Bakinsunkulu, les Bakiliba, les Bamuya, les Bamwika. Les premières viennent je crois de l'Est ou Sud-Est, la dernière ou Bamwika vient de l'Ouest, est par conséquent originaire de l'Uluba, sans avoir passé par l'Ubemba et l'itawa.

Si l'on condense toutes les pages précédentes, on voit que les Baluba, sortis de la famille Bwina-Mbayo, ont dirigé leurs pas d'abord vers l'Est, puis une grande partie est allée vers le Nord-Ouest, est revenue ensuite vers le Sud-Est jusqu'au Nyassa ; de là ils ont essaimé vers le Nord-Ouest, le Tanganika, jusqu'à la Lukuga,

BALUBA

(Congo.)

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d'où ils se répandent vers l'Ouest, où ils se trouvent de nouveau en contact avec leurs frères de race après plusieurs siècles de séparation.

Voici quelques autres détails capables d'éclairer encore la question de parenté de nos Baluba-hemba.

Nous voyons une chefîesse quitter les rives occidentales du lac, il y a cinq fois trente ans (comme dit Mgr Lechaptois) passer le Tanganika et s'établir avec les siens en face dans l'Utungwe. La princesse Kiluvya, c'était son nom, issue de la famille Usoa s'unit en mariage à Beja habitant du Kabende. A sa mort, son fils Winamisi ou Lusagalika devint le chef des Wasoa.

Après lui vint son neveu Kapama, qui le premier porta le titre de Mohami (roi), puis le frère de celui-ci, Chagulula.Swima,fils de Kapama, succéda àChagulula,et après lui Kandjimba son frère. C'est sous son règne que les Wangoni firent irruption dans le pays (1). Les fils de Kapama, Mswangabo et Chata le tuèrent en 1875.

(i) Voici ce que Monseigneur Guillemé , vicaire apostolique du Nyassa , écrivit jadis à propos de ces terribles maraudeurs :

« Les Angoni, venus du S. -G. vers le commencement du siècle dernier furent les principaux envahisseurs de l'Ubemba. Cette tribu qui a donné son nom à la contrée, n'est donc pas a proprement parler un peuple indigène, mais bien une caste supérieure gouvernant un pays con (uis par ses ancêtres.

L'histoire de leur invasion, connue d'une manière certaine, raconte qu'une tribu de Zoulous, appelée Angoni, fut conquise par Tchaka potentat d'illustre mémoire dans l'Afrique du Sud. Durant de longues années, ils lui payèrent tribut, tout en restant sous le gouvernement de leurs vieux chefs devenus suzerains du plus fort. Mécontent de la tyrannique autorité du chef Zoulou, ils résolurent de transporter ailleurs leurs pénates. Hommes, femmes et enfants partirent en masse vers le N'jrd poussant devant eux leurs immenses troupeaux.

Baluba. Congo. A, 7.

Actuellement, le chef de Wasoa d'Utungwe vient recevoir Finvestiture ou mieux la reconnaissance officielle de ses pouvoirs chez le chef Rutuku, au nord de rutumbwe, côté Ouest du Tanganika. Ce chef Rutuku est de descendance Buzimba.

Je pourrais rappeler encore une autre invasion de Bazimba (branche Manda) au début du siècle dernier; la même famille envahit le pays vers 1885 je crois, et vint couvrir de ses villages tout le pays, au milieu des Batabwa. La majeure partie a regagné son pays d'origine; c'est à peine si l'on trouve encore de ci de là un petit village de Babemba.

Enfin les vieux ont encore vu arriver, dans leur jeune temps, les Zoulous (Angoni ou Batûta) mais leur domination ne semble pas avoir laissé un trop mauvais souvenir. Depuis longtemps ils sont repartis vers le Sud, sans doute en même temps que leurs frères établis en face dans l'Ufipa.

La langue des Baluba-hemba est identique dans tout le pays ; elle est parlée par les Baluba proprement dits. Les tribus voisines du Nord et de l'Est : Bahemba,

Ils traversèrent le Zambèze au-dessus de Tate en juin i825, date précise capable de surprendre d'abord, car les histoires d'Afrique n'en donnent ordinairement que d'approximatives, mais certaine cependant, car elle est connue par une éclipse de soleil qui eut lieu le jour même où ils traversèrent le fleuve.

De là ils se dirigèrent vers le Nord, entre le Nyassa, le Bangwelo et le Tanganyika pour entrer dans l'Ufipa qu'ils soumirent et gouvernèrent pendant de longues années. Des divisions survinrent dans la suite, parmi les conquérants de l'Ufipa et l'union fut rompue. Le plus grand nombre d'entre eux quittèrent le pays pour retourner vers l'Orient. Une section soumise à Nombera se fixa dans le Nord Angoniland. Une autre avec Mpeseni pour chef s'établit au centre, une troisième sous la conduite de Chiwere se dirigea vers le Sud où elle occupe actuellement les plateaux du Shire et du Sud-Ouest du Nyassa.

Pendant ces incessantes pérégrinations, les Angonis perdirent leurs troupeaux leur langue et mêmes leurs coutumes. De sorte que maintenant le Zoulou est a peine connu de quelques anciens qui d'ailleurs ne parlent plus cette langue. Ainsi le conquérant a été assimilé par le peuple conquis dans l'espace d'un siècle.

BALUBA

(Congo.)

A, 7 (suite.)

Batumbwe et Batabwa, Babwire et Babemba ont une langue qui ressemble beaucoup à celle des Baluba, comme le français ressemble à Titalien, et le flamand à Tallemand.

Baluha. Congo, A, 7.

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(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

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