‹ Les Baluba (Congo Belge). Avec une préface de Cyr. van OverberghChapitre 79 sur 98 · Le mari · texte numérisé non relu

Le mari

Si !e mari est le chef de la famille, il ne faudrait cependant pas s'imaginer qu'il peut tout se permettre à l'égard de sa ou de ses femmes et de ses enfants.

Ici, comme partout, il y a le droit et la pratique; beaucoup dépend de l'individu et des circonstances.

Le mari possède assurément le droit de battre sa femme et il n'est pas rare de voir administrer quelques raclées ; c'est dans les mœurs.

11 a cependant intérêt à ne pas dépasser la mesure raisonnable, surtout à l'égard de ses femmes « libres », car celles-ci ne tarderaient pas à l'abandonner et à s'en retourner chez elles. Cette épée deDamoclès de l'abandon toujours possible marque une limite assez précise à l'abus du pouvoir marital.

Il n'est pas question, en Uruwa, d'un droit de vie ou de mort, que posséderait le mari sur sa femme, si celleci est de condition libre.

Autrement en était-il pour les femmes esclaves, avant le règne de la loi des blancs. Ces sortes d'épouses pouvaient être échangées, vendues et même tuées.

Je ne me suis jamais aperçu que l'adultère du mari ait été, du côté de l'épouse, l'objet de poursuites ou de punition. La coutume est large pour le mari. Toutefois, le mari de son « amie » a droit de recourir contre lui, comme je l'ai dit ailleurs.

Baluba. Congo, C. c, 83.

Mari et femme habitent dans la même case, s'il n'y a qu'une femme; lorsqu'il y a plusieurs femmes dans le ménage, chacune d'elles a sa case et y vit avec ses enfants propres ; le mari, dans ce cas, n'a pas de case à lui ; il vit chez ses femmes, presqu'à tour de rôle.

Cependant c'est lui qui fait ces cases et qui en est, en droit, le propriétaire.

Pour comprendre les relations entre belle-mère et gendre, il est bon de connaître le sens des quelques mots suivants :

Buko, signifie la famille de son époux;

Muko, belle-mère, beau-père et leurs enfants;

Bukwe, celle ou celui qui est marié au frère ou à la sœur de quelqu'un ;

Kuhwa buko, sortir de la famille des beaux-parents; ce qui arrive quand l'épouse meurt sans enfant ou divorce;

Kulonda buko, signifie l'action de donner au beaupère le cadeau de mariage.

Le gendre dit à sa belle-mère, non pas : Ma mère (lolo),mais ma belle-mère (muko) et de même son beaupère.

Il craint sa belle-mère plutôt qu'il ne l'aime; et dans le début de son mariage, tant qu'il n'a pas d'enfant de sa femme, il est astreint à certaines coutumes.

Il ne peut se trouver en face de sa belle-mère. S'il la rencontre, il doit se détourner. Plus tard même, quand il sera père de famille, il la saluera, mais ne lui touchera jamais la main, tandis qu'il le fera à son beau-père.

Si le gendre a des palabres au village de ses beauxparents, « ha kibelo kya buko » (à la porte des beauxparents), c'est le beau-père qui paie les pots cassés. En

BALUBA

(Congo.)

C, 83 (suite,)

dehors de ce cas, les beaux-parents ne sont tenus à rien.

Les relations de la femme par rapport aux parents du mari sont les mêmes que celles du mari par rapport à ses beaux-parents.

Le gendre entre-t-il dans la famille de sa femme? Oui, mais seulement quand de l'union lui naît un enfant.

P. Colle.

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