‹ Les Baluba (Congo Belge). Avec une préface de Cyr. van OverberghChapitre 84 sur 98 · Composition de la famille · texte numérisé non relu

Composition de la famille

Font partie du noyau familial : le père, la mère, les enfants (libres ou esclaves), le gendre et la bru ; puis les grands-parents.

Je n'ai jamais vu faire rechange du sang, par lequel des étrangers seraient admis dans la famille. S'il est connu, il est assurément peu pratiqué actuellement.

L'adoption est pratiquée, mais encore convient-il de s'entendre sur la portée de ce terme qui est probablement impropre pour déterminer la nature des relations dont il s'agit.

Il arrive fréquemment qu'un jeune homme, disons de 10 à 12 ans, aille trouver un noble du village et lui demande d'entrer dans sa suite ; pour cela il n'a pas besoin du consentement de son père; il présente à son futur patron une flèche en formulant sa demande. L'autre accepte presque toujours parce qu'il a intérêt à augmenter le nombre de ces clients ; s'il nourrit son engagé de temps à autre avec de la viande, etc., en revanche il perçoit un quart sur le produit de sa chasse. Il y a tout un ensemble de droits et d'obligations réciproques.

Le jeune homme sort ainsi de l'enfance et entre dans le clan de l'homme puissant ; à la guerre, il marchera avec lui et sous ses ordres.

Baluba. Congo, C, d, 88.

Droits et devoirs :

Droits : a sa part de butin, chasse ou de guerre ; droit au repas et à la distribution de bière chez son patron aux temps convenus; droit à sa protection; droit à participer aux repas que les autres clients offrent au patron. Le patron et le client doivent se faire de temps à autre de petits cadeaux.

Devoirs : il doit aider son patron en toute occurrence 011 celui-ci demande son concours ; il ne s'agit ici ni de culture, ni même de construction, bien que fréquemment les clients donnent un coup de main. En somme les devoirs du client se réduisent à aller à la chasse et à la guerre avec son clan ; et encore si la chasse le fatigue, il s'en exemptera facilement.

L'adoption proprement dite, en dehors de celle-ci, n'existe-telle pas^ J'ai vu élever un enfant à la mamelle dont la mère venait de mourir, par une voisine; mais je ne sais jusqu'à quel point elle l'avait adopté.

L'adoption proprement dite est presque impossible : les enfants ont toujours l'un ou l'autre parent qui prendra d'eux un soin intéressé. L'adoption, la tutelle, l'héritage se confondent un peu chez nos nègres.

P. Colle.

BALUBA

d) Famille.

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