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Vannerie

1° Objets en écorce de roseaux (Matete).

On enlève le partie extérieure du roseau, l'écorce brillante, qu'on débarrasse de tout ce qui ressemble à l'aubier. On en tresse des paniers, des nasses, des nattes. C'est un travail réservé à l'homme.

Accroupi par terre, l'ouvrier dispose parallèlement ses baguettes d'écorce sur le sol, puis passe les autres verticalement comme la trame du tissu. Tantôt la « trame » passe alternativement dessous et dessus une des baguettes parallèles ; c'est le modèle simple. Tantôt elle couvre deux baguettes pour passer ensuite sur les deux suivantes, ou bien encore forme avec celles-ci des rapports variables, ce qui donne des dessins du plus gracieux effet, surtout si l'ouvrier emploie des baguettes de couleurs variées. Les rebords de la natte sont tordus ou noués; afin de tordre ces baguettes, le noir les humecte d'eau.

De cette matière sont les paniers qui servent à transporter les choses lourdes, paniers de 0.60 à 1 m. 20 de longueur et quelquefois la natte lit aux dimensions de 1 m. 20 X 0.80 environ. Elle sert aussi à tresser un tamis (lunyungo) un van (lubenzé) et quelquefois divers paniers, tel que le panier de voyage et le panier de réserve. De cette même matière, le noir fait les nattes

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à claire voie pour barrages et portes, mais alors il tisse les « baguettes » avec des cordes en écorces.

2° Objets en feuilles de palmier-nain et de borassus.

La feuille du palmier-nain et du borassus est partagée en bandelettes de 1 centimètre de largeur; celles-ci sont la matière ordinaire qui sert à tresser les paniers à farine, d'un diamètre allant de 0.20 à 0.50; les paniers à couvercles, servant de coffres pour remiser la petite fortune; les passoires à bière; les balais. A part les passoires à bière et quelquefois les balais, ces divers travaux sont réservés aux femmes.

Rarement les hommes tressent des paniers. Ce sont les ustensiles ordinaires des femmes, à elles donc de se les procurer.

3° Objets en écorce de papyrus.

Les nattes-lits sont habituellement en papyrus et travaillées par les hommes seuls.

4° Objets en nervures de feuilles d'élaïs.

Petites nasses à poissons. C'est un travail d'hommes.

Somme toute, la femme fabrique ou se procure ce qui est à son usage quasi exclusif, l'homme au contraire confectionne ou achète ce qui sert à lui seul, et aussi ce qui est commun aux deux époux.

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(Congo.)

B. — Vie Matérielle.

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations. 55, Poterie.

Voir au 23, Cuisine, la poterie a été en même temps décrite.

P. Colle.

Bahiba. Cong-o, B, e, 55.

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B. — Vie Matérielle.

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations . 56. La Métallurgie dans VUruwa.

Une des rares industries que Ton rencontre dans rUruwa est celle de la métallurgie.

Malgré la pénurie de minerai, chaque village possède un ou plusieurs forgerons. La plupart extraient le fer de la limonite, roche brune qui borde la rivière Lukulu et qui émerge un peu partout sur les collines, mais le rendement en est très faible; d'autres préfèrent aller à deux ou trois journées de là et recueillir dans le lit rocailleux d'un affluent de gauche de la (Luvwa) Lualaba de petits rognons ferrugineux d'un rendement plus riche.

Bien simple est la méthode employée pour extraire le métal. Figurez-vous un bloc d'argile, mesurant un mètre d'élévation sur 80 centimètres environ de largeur. Au centre se trouve creusé un tuyau de 30 centimètres de diamètre, terminé au bas par une large ouverture servant à la fois de foyer et de réceptacle pour les scories. A la partie opposée et au-dessus du foyer on a pratiqué un conduit dans lequel se place un tube d'argile en forme d'entonnoir ; c'est là que vient aboutir le soufflet. Oh! bien primitifs sont encore ces soufflets de forge, un vulgaire morceau de bois où se trouvent creusées deux cuvettes, recouvertes d'une peau de chèvre et terminées par deux tubes. La peau, alternativement soulevée et

Baluba, Congo, B, e, 56.

abaissée au moyen d'un roseau produit un continuel courant d'air.

Le minerai préalablement concassé en menus fragments, est précipité dans l'ouverture centrale. Pendant qu'un noir alimente le foyer avec du charbon de bois, un autre à l'arrière manœuvre le soufflet.

Le minerai, ainsi traité, contient encore bien des scories et ne peut être que d'une qualité inférieure; mais il suffit à nos Noirs pour façonner les objets à leur usage.

Pour travailler le fer, les forgerons se servent d'une pierre très dure en guise d'enclume et d'une autre plus petite en guise de marteau. Ces pierres n'éclatent pas sous l'action du feu. Néanmoins pour façonner les objets de petite dimension, tels que couteaux, flèches, épingles à cheveux, etc., ils emploient une petite enclume de fer et un marteau primitif. Les pinces et tenailles sont de vulgaires morceaux de bois.

Pour souder deux bouts de fer, nos forgerons les fixent avec une corde, autour de cela, ils mettent un bourrelet d'argile, et mettent au feu de forge; au sortir, cela adhère un peu, puis achèvent l'adhérence avec le marteau.

Malgré des moyens si précaires le Noir se fabrique quantité d'objets qui ne sont pas toujours dénués de goût : haches, houes, fers de lances et de flèches, anneaux de bras et de jambes, perles pour colliers, épingles à cheveux, voire même des porte-flèches et des clochettes; tout se façonne de la même manière simple et primitive. Bien souvent, il orne son travail d'incrustations plus ou moins artistiques ou le recouvre de minces lamelles de cuivre.

Les Baluba travaillent donc aussi le cuivre. Des croisettes amenées en Uruwa y servirent jadis à nombre

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de transactions commerciales. Les forgerons réduisent ces croisettes en barres qu'ils allongent par « martellements » jusqu'à en faire un fil de 0,002 de diamètre. Ils l'enroulent pour en faire des bracelets de 1 jusqu'à 20 et 30 tours. Ils en font encore de gros anneaux pour les chevilles.

P. Colle.

Pour les objets décrits, voir planche en annexe.

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B. — Vie Matérielle.

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations. 57. Meunerie.

La préparation du manioc se fait ainsi :

Après neuf à douze mois, quand la racine a l'épaisseur d'un bon bras, on l'arrache. Le manioc est un tubercule et il a quatre ou cinq grosses racines, à l'époque de la maturité; ces racines sont enlevées successivement à mesure qu'elles atteignent l'épaisseur voulue.

La racine de manioc est bonne à manger à tout âge, y compris l'état de son plein développement. On la cueille le moins possible de mars à juin. Gonflée d'eau à cette époque, elle ne donne presque pas de farine. Les indigènes s'aperçoivent de la maturité de la racine à la circonstance qu'à ce moment la terre du dessus se fend.

Cette grosse racine donc est pelée; l'écorce supérieure est enlevée; la partie restante est enfouie dans la vase de l'eau; c'est là que le manioc fermente, pourrit si vous voulez. 11 faut quatre, cinq ou six jours de trempage : la durée dépend de la température ; par un un temps très chaud, trois jours peuvent suffire.

Après le trempage dans la vase le manioc est tendre et casse au moindre effort : un liquide visqueux de couleur blanche comme du lait en sort, qui a l'odeur

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désagréable. On enlève à ce moment la nervure centrale du tubercule.

On le laisse égoûter quelques instants, puis on l'expose au soleil, mais coupé en quatre ou cinq morceaux longs, afin que le séchage s'opère vivement.

Sous l'action du soleil, le manioc se modifie : il est alors porté sur la claie intérieure qui, dans la case, est placée au dessus du foyer.

L'opération de séchage complètement terminée, le tubercule se présente couvert d'un noir de fumée; cette partie externe noircie est grattée par le nègre avec son couteau et sert à deux usages intéressants : ou bien il est réservé pour la première préparation de la bière, du « pombe » ; ou bien il sert de régal aux chèvres, aux moutons, etc. En cas de disette, les noirs n'hésiteront pas à le préparer en brouet pour leur propre alimentation.

Le tubercule ainsi gratté est coupé en petits morceaux de la grosseur d'une noix ou d'un pouce. Ce sont ces morceaux qu'on met dans le mortier pour être pilés. Et ainsi s'obtient la farine. Puis on passe au tamis.

Toutes ces opérations sont faites par les femmes.

Le mortier est un tronc d'arbre creusé dans le sens de la longueur, en forme de « calice ». Le pilon, un simple rondin, épais de 5 à 8 centimètres, long de 1 mètre à 1 m. 50.

Pour préparer deux kilogrammes de farine avec du manioc séché, non gratté, il faut environ une bonne heure. On procède à mesure des besoins. La négresse ne songe pas à préparer une quantité à l'avance; parfois elle chante pendant le travail, parfois elle ne chante pas : rien de rituel.

P. Colle.

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(Congo.)

B. — Vie Matérielle.

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations. 58. — Travail du bois.

Nos Baluba-hemba sont des sculpteurs de bois réputés. Avec les instruments des plus primitifs, ils parviennent à le tailler, je dirais presque avec art.

Une petite herminette plate, une herminette en becde-corbin, un couteau et une hache, voilà pour entailler. Des feuilles sèches à duvet rude, voilà de quoi polir : c'est leur papier à l'émeri.

Le sculpteur fait des assiettes, des tabourets, des oreillers, des cuillers, des linteaux, des manches de hache, des lances, des vases à boire, des porte-flèches, des bois de lits, des canots et des pirogues, etc. Les fétiches et les bâtons de chefs sont réservés en général à un sculpteur spécial le « Bwana mutumbo ».

Ces ouvrages prennent sous l'herminette des sculpteurs Baluba un cachet artistique, dénotant le sens des proportions, je dirais presque le goût du beau. Les parties accessoires sont bien souvent sacrifiées à la partie principale. Le Maluba semble ne comprendre que cette partie. C'est ainsi qu'il mettra une tête démesurée (et cependant bien proportionnée en elle-même) sur un corps trop court, à peine ébauché.

Le bois employé le plus couramment est le « lisala » blanc et léger. Ils le travaillent fraîchement abattu. Voici d'ailleurs une série de bois qui peuvent servir à nos menuisiers :

Baluba. Congo, B. t, 58.

iS«

Le kibarebare^ bois rouge et dur qui n'est pas attaqué par les insectes, tels que « tarauds », etc. Sec, il se laisse bien travailler.

Le mutondo secrète un jus couleur de sang, moins dur que le précédent. 11 y a le blanc, le brun et le rouge. Le second, appelé « Mutondo mukazi », c'est-à-dire mutondo femelle est le meilleur; puis vient le blanc. 11 rappelle un peu le noyer, par sa couleur. Son fruit ressemble à une châtaigne entourée d'un disque plat.

Le kizolo ou arbre à fusil, comme disent les noirs ; bois pâle couleur de hêtre, avec des nodosités noires comme du charbon. Une variété appelée « Nfinzi », qui pousse sur les termitières est moins bon.

Le lungwa luholo est un peu attaqué par les insectes ; il convient mieux pour les poutrelles que pour planches.

Le kabmnba rouge à petites feuilles, par opposition au pâle, à larges feuilles, secrète un jus couleur de sang. Exposé à l'air, il devient écarlate; quand il pleut, la pluie qui en découle est toute rouge. On dirait du bois de campêche. Il est extrêmement dur; ce qui empêche de le raboter. Il fait d'excellentes poutres à charpente.

Le mujutu^ de couleur blanche, est excellent. Léger, se laissant bien travailler, il n'est pas attaqué par les insectes.

Le paramusi ou mwabi; mêmes propriétés que le précédent. Il est très reconnaissable à son écorce toute blanche.

Le tuntunrulu on kabangabanga ressemble au buis.

Le luhe est doux et onctueux, comme le buis dont il a la couleur et les qualités. Réduit en poudre, il sert à sécher les plaies.

Le mubangabanga est bon, mais il faut le travailler vert. C'est une sorte de teck.

P. Colle.

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(Cong:o.)

B. — Vie Matérielle.

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations. 59. — Corderie.

Les Baluba font des cordes à la minute. Tout le monde masculin est cordier. Une fibre est placée en travers de la cuisse à côté d'une autre. De la main gauche on les tient par un bout, de la main droite on les fait rouler sur la cuisse ; par le fait, elles se trouvent unies. On tord l'une fibre à l'autre à mesure qu'on avance, et de la sorte on obtient une ficelle aussi longue qu'on la désire, sans nœuds.

La matière employée est de toutes espèces de fibres et même de vulgaires écorces d'arbres trempées.

Ils font encore des cordes non tressées avec des écorces. Celles-ci sont mises à tremper, puis coupées en fines lanières et employées de suite.

P. Colle.

Baluba. Congo, B, e, Sg.

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(Cong-o.)

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations. 60. — Tannerie,

La préparation des peaux est des plus rudimentaires. On étend la peau fraîchement dépouillée sur le sol, poil en dessous. On la fixe en terre par les bords, en l'étendant au moyen de chevilles de bois. Après deux ou trois jours, on l'enlève et on se met à la frotter avec un caillou rugueux pour enlever toute trace de chair et pour l'assouplir le plus possible. Sans autres ingrédients, la peau est si bien préparée, que le poil ne tombe plus.

Quand la peau est épaisse, le préparateur y fait des scarifications nombreuses avant de la frotter avec le caillou, afin que la partie charnue s'en aille mieux.

P. Colle.

Baîuba. Congo, B, e, 60.

B. — Vie Matérielle.

BALUBA

(Congo.)

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations.

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