L'accouchement
j; L'accouchement se fait d'habitude dans la case de la ( femme. Parfois, cependant, il se fait dans la maison de la 1 mère de la femme. Dans tous les cas, la mère est presque toujours présente et aide sa fille; elle est assistée de i plusieurs parentes et aussi fréquemment d'une espèce d'accoucheuse, qu'on appelle kimbutuzi (littéralement : culle qui aide à accoucher).
Pendant ce temps, le mari se tient à la disposition des accoucheuses pour les commissions, s'il y a lieu, car nul homme n'est admis dans la case.
Souvent le sorcier se tient à proximité. Il ne peut cependant entrer dans la case. C'est à travers la paille du toit qu'il passe le remède destiné à faciliter la délivrance. La femme en travail boit la potion, elle promène sur le milieu du corps, de haut en bas, le récipient qui a contenu le breuvage et le dépose à ses côtés.
La femme pour s'accoucher se pose à genoux, à moitié assise sur un tabouret. Elle est soutenue par les personnes présentes.
Une température élevée est entretenue dans la case, à ce moment.
L'avortement volontaire n'est pas rare.
On emploie dans ce but (sinon chez les Baluba, au moins ailleurs), entre autres moyens, une décoction de
Baluba. Congo, C, a. 66.
BALUBA
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racines d'aloes. Cette plante pousse presque partout au Congo à l'état sauvage.
A l'aide de ce remède, la femme obtient l'effet désiré. Cette décoction doit être administrée avec prudence, car si la dose était trop forte, les entrailles mêmes pourraient s'échapper.
L'enfant est né. La femme qui l'a reçu le lave à l'eau tiède. Elle lui enduit la tête d'un mélange d'huile et de poudre de bois rouge ou noir, vrai mastic qui adhère aux cheveux : bien vite ça devient une calotte protectrice solidifiée, qui a l'aspect d'une croûte de lait.
C'ette pratique a pour but de protéger la tête à l'endroit où le crâne n'est pas encore soudé. Les noirs prétendent que sans ce casque les enfants ne font que dormir.
La toilette du bébé s'achève : au bras, on lui met un bracelet, de perles habituellement. Grâce à ce bracelet, l'enfant, pensent les noirs, têtera convenablement. La couleur de ces perles importe peu; elle est tantôt rouge, tantôt bleue, tantôt blanche, tantôt l'un et l'autre, suivant la fantaisie. Aux deux jambes, un ornement semblable ; et puis, et surtout, une ficelle, plus ou moins enjolivée, autour des reins. Ce qui est essentiel, c'est un bout de ceinture; tout Muluba doit en être ceint du berceau à la tombe. Pourquoi? Malgré toutes mes interrogations à ce sujet, je n'ai pu recueillir que cette seule explication : c'est la coutume. Et cependant, je reste persuadé qu'il y a une autre explication. Chez les chefs, la ceinture peut être considérée comme une sorte de sceptre. Cette ceinture, lanière en peau d'hippopotame, enroulée autour d'une ficelle, passe au successeur comme gage de son autorité.
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BALUBA
(Congo.)
Une fois pomponné, le bébé passe de mains en mains, à la mère d'abord. Le père n'est admis à contempler son nouveau-né qu'après lui avoir offert un cadeau. Dès qu'il s'approche dans ce but, on crie à l'intérieur : « fya mwana, siandi baiya, asokolwe ne luheto », c'està-dire : « cache l'enfant, son père arrive ; qu'il trouve l'enfant par ses biens ». Puis il offre un cadeau et regarde le poupon.
On se réjouit.
Quand on est fatigué de considérer le bébé, on le dépose à terre sur un bout d'étoffe ou sur une simple peau ou feuille de bananier, car il n'y a pas de berceau d'aucune espèce.
La femme stérile ne va-t-elle pas invoquer le sorcier pour obtenir un enfant? N'a-t'elle pas de remède par lequel elle espère devenir mère !
11 y a des plantes qui ont la réputation de produire la fécondité; il y a également des amulettes qui servent au même but. Les sorciers les connaissent les unes et les autres. La femme les consulte. Bien souvent le sorcier consulté lui ordonnera d'invoquer un génie ancestral de la famille ou même un esprit proprement dit, pour que celui-ci donne un remède ou à l'amulette sa force et qu'ainsi il manifeste son désir de se faire consacrer l'enfant qui naîtra.
Les femmes stériles prétendent quelquefois que leur stérilité est due uniquement à leur mari. Elles ne se gênent pas d'aller demander à des amants Batembo
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(hommes des bois) de leur donner des enfants afin de prouver qu'elles peuvent, elles aussi, engendrer.
On m'a assuré qu'il existe des sorciers qui ont la prétention de connaître avant sa naissance le sexe de l'enfant.
P. Colle.
BALUBA
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