Population
La population diminue, semble-t-il, depuis un certain nombre d'années. En 1899 et 1900 c'était la petite vérole qui la décimait; actuellement, depuis cinq à six ans, c'est la terrible maladie du sommeil. De nombreux villages ont disparu, surtout entre la Luisi et la Lukuga.
La natalité ne parvient pas à remplir les vides. D'ailleurs , nous avons remarqué que rarement une femme a plus de deux enfants (je parle des non-converties au catholicisme). Après de multiples examens nous avons conclu que l'on doit compter 1 1/2 habitant par case; pas plus. Ainsi, au village de Kyombo-Mbayo, sur 500 habitants, il y avait 165 hommes adultes, 223 femmes, et le reste était composé d'enfants. 11 y avait alors, en 1902, environ 350 cases.
Au village de Djuba, sur la Niemba, affluent de la Lukuga, il y avait environ 250 cases.
A la même époque le village de Musisinga, (sœur de Kyombo-Mbayo), aussi sur la Niemba possède environ 150 cases.
Le village de Kasongo (autre sœur de Kyombo), sur le Niemba, a environ 100 cases.
A 20 minutes de là, le village de Soswa, 150 cases.
A 2 heures au nord, le village de Tandwe, 100 cases; (actuellement il n'existe plus).
Baluba. Congo A, 4.
Plus au nord encore, à 4 heures de là, le village de Kisi, une centaine de cases.
Sur la Lukulu, le village de Kalea compte 150 habitants; à une demi-heure, plus en amont, le village de Luba : 300 habitants ; à 2 heures de là, sur la Kibumba, un groupe de villages d'esclaves, contenant 300 habitants ; à 4 heures vers l'est le village de Lubansila, avec 150 habitants.
A l'ouest, en aval de la Lukulu, le village de Mazanza avec 300 habitants ; à 20 minutes de là, le village de Kabanga le borgne, avec 250 habitants.
Voilà pour le territoire du chef Kyombo-Mbayo en
Tous ces villages étaient administrés par des membres de la famille de Kyombo, sauf trois : Soswa, Luba (qui est venu d'au-delà du Lualuba à la suite de guerres intestines), et Mazanza, petit chef indépendant, non rattaché à une grande famille.
Indépendamment de ces grands villages, il y a une foule de petits villages secondaires, qui se rattachent aux chefs des grands villages dont il vient d'être question ; et qui sont régis par les membres de leur famille ou par les Bilolo (les anoblis, qui ont reçu du grand chef une portion de territoire pour actions d'éclat ou autrement).
Si la masse de la population est répartie dans les grands villages, je crois cependant pouvoir dire que le montant de la population de tous les petits villages est à peu près aussi nombreuse que l'autre.
Du reste, il semble, qu'à raison de la sécurité apportée dans le pays, la masse de la population autrefois ramassée dans les gros villages, tend à se dissoudre et à s'écouler dans les petits villages. Si l'on remarque beaucoup de cases vides maintenant dans les gros
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villages, ce n'est pas que la population ait diminué d'autant, c'est qu'elle s'est dispersée; on ne redoute plus les coups de mains comme autrefois.
Au nord de Kyombo Mbayo (chef de la branche cadette), sur le territoire de la Luisi, on trouve Kyombo Mkubwa (Kyombo le grand) qui est suzerain de Kyombo Mbayo et de tous les Ba-Kyombo.
Son territoire propre est situé au nord et au nordouest de celui de Kyombo Mbayo.
Le grand village de Kyombo Mkubwa compte 500 habitants. Il a de plus de nombreux villages. En somme, il est plus grand chef que Kyombo ; son monde est massé sur les bords de la Balaï, bien groupé et très nombreux.
A l'est de Lubile, il y a le territoire de Kyombo-Kyansengo ; son principal village compte plus de 200 cases.
A côté, habitent les Bangoy, dont le chef principal en 1902 était Makombo, et dont le principal village était composé, près de Luisi Saint-Lambert, de plusieurs centaines de cases, avec un pourtour de petits villages très habités. Il y avait près de Makombo deux villages, dont les chefs étaient Nzoa et Mema. Ces villages avaient plusieurs centaines de cases.
Autour de la mission Saint-Lambert, il y avait, en 1902, plus de 3,000 Bangoy. Aujourd'hui tout est tué par la maladie du sommeil.
A l'est le village de Kinsunkulu, florissant, avec des centaines de cases.
Baluha, Congo, A, 4.
Sur la Luisi encore deux villages importants à noter : Masika, 300 cases et une grande banlieue; Bituka, dont le chef était puissant.
A l'ouest de Kyombo-Mbayo, le chef Kitentu, dont le village se trouve à Tembouchure de la Lukulu. En 1902, ce village comptait 350 habitants; ceci sans ses annexes, d'ailleurs nombreuses.
A quatre lieues au sud de Kitentu, le groupe du chef Kabanga. En 1902, son grand village comptait plus de 500 habitants. Sous sa dépendance, se trouvait le chef Setchi qui avait un village de 50 habitants, sans compter une couronne de petits villages. Outre Setchi, Kabanga avait une foule d'autres vassaux sur son territoire, le long du Lualaba.
Au sud de Kyombo-Mbayo, à une demi-heure de là, de l'autre côté de la Lukulu, se trouve le petit chef Mbuyu, qui avait en 1902 un village de 150 habitants. Mbuyu est un chef indépendant.
Vers l'est, au-delà du terriroire de Kyombo, le groupe de Mwenge, trois villages échelonnés le long de la Lukulu, à 10 heures de marche de Kyombo. Il y avait là 5 à 600 habitants.
A 10 heures de marche plus loin, toujours vers l'est, le groupe de Mulenga. En 1900, il y avait un gros village de 600 habitants; puis une série d'autres villages, dont plusieurs importants.
Au sud-est de Kyombo. sur la Luwiboso, le groupe des villages de Paramino (nègre esclavagiste venu à la suite des Arabes) avec 400 habitants.
Au sud de Kyombo, sur la Lusindoï, le groupe du chef Moliro, avec un village de 250 habitants, sans les annexes. On peut évaluer ses sujets à 700.
Au sud encore, sur la Balaï, le village du chef
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Mbalala, avec 200 habitants ; en plus, son cortège de petits villages.
Plus loin, le groupe Kalamata, dont le gros village est situé aux pieds de la chaîne Murumbi, à l'endroit où elle coupe le Lualaba, et qui compte 200 habitants. De nombreux petits sous-chefs lui faisaient une auréole puissante en 1902.
En descendant le Lualaba vers Kiambi, nous trouvons le grand chef Niemba-Kunda, qui avait, dans son village, plus de 300 habitants. En plus, les petits villages.
Nous arrivons, à une journée de marche plus loin, chez les Mwika (pays aux palmiers); les habitants vivent sur des îlots entourés de rapides très nombreux. Trois chefs Mwika principaux : Mwika-Kikumba, Mwika- Kyonzi, Mwika-Mpweto.
Ces villages avaient chacun de 2 à 300 habitants.
Puis, le village de Ngombe-Kiambi ; c'est le Kiambi actuel. En 1902, il comptait 150 habitants.
En outre, il y a la série des groupements à l'ouest des Bakyombo, sur le Lualaba et son hinterland de notre côté, dont je ne puis évaluer la population.
Quant aux villages situés sur le territoire au nord de rUruwa, au sud de la Lukuga, notons les grands chefs Mbuli, Mulongo, dont les sujets répartis dans de grands et beaux villages, ont été fortement éprouvés par la maladie du sommeil.
En somme sur un territoire de 36,000 km % environ 80,000 habitants, 2 habitants par kilom^
P. Colle.
Bàluba. Congo, A, 4
BALUBA
(Congo.)
A. — Renseignements géographiques
et ethnographiques généraux.