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aux banques, le droit d'augmenter le stock monétaire du pays, ce qui est contraire aux principes.
Peut-être trouvera-t-on cette raison un peu excessive ; il faut y voir une manifestation caractéristique de l'esprit de logique extraordinairement rigoureuse qui préside à la politique économique et financière du gouvernement mexicain. Ce motif en masque d'ailleurs un autre parfaitement juste. Le législateur a voulu que l'encaisse conserva, d'une manière absolue, son caractère de disponibilité immédiate. .C'est elle qui, en cas d'alerte, joue le rôle des troupes de couverture, il faut donc qu'elle soit instantanément mobilisable, et se compose uniquement de monnaies « effectives ».
Quant aux billets des autres banques, il sont, à plus forte raison, exclus du calcul de la limite de l'émission. On les considère pour ce qu'ils sont, en réalité : de simples créances.
Le portefeuille commercial se compose, comme nous l'avons dit, d'effets, non pas escomptés, puisque l'escompte véritable n'existe pas au Mexique, mais donnés en gage d'avances faites par la Banque. La gaTantie est d'ailleurs la même que s'ils avaient été endossés régulièrement, puisque le client qui a reçu une avance reste le débiteur principal de la banque qui se retourne contre lui si Feffet n'est pas payé à l'échéance. Gelle-ci est ordinairement assez
lointaine, au moins neuf mois, et comme les banques conservent les effets jusqu'à maturité, le grand inconvénient de cette pratique est d'immobiliser leurs capitaux pour une trop longue période.
Les avances sur efiets sont d'ailleurs des opérations assez fructueuses, en raison du taux élevé de l'intérêt : 8 Vo à 9 V^ durant le premier semestre 1906. Elles sont également très sûres, parce qu'en règle générale, le papier est de bonne qualité, le Mexicain fSûsant très régulièrement honneur à ses engagements.
D faut ajouter que le portefeuille est comme les autres opérations des banques, soigneusement et régulièrement vérifié par les commissaires du gouvernement et que ceux-ci n'y toléreraient pas la présence d'un effet portant une signature de qualité discutable.
Les prêts sur gages consistent ordinairement en prêts sur titres. Si la valeur de ceux-ci vient à baisser de manière à ne plus couvrir la banque du montant total de 1 avance, plus 10 Vo» les débiteurs doivent fournir dans les trois jours un supplément suffisant de garantie, sinon les titres sont vendus par la banque qui encaisse le produit, jusqu'à concurrence de la somme dont elle est créancière.
hes prêts hypothécaires occupent, comme on peut le voir, une place tout à fait secondaire
dans l'activité des banques d'émission. Toujours soumis à l'approbation du ministre des Finances, ils représentent ordinairement des prêts sur gages, auxquels a été ajoutée subsidiairement une garantie hypothécaire, la valeur du gage primitif ayant baissé.
Le portefeuille-titres figure au bilan sous le nom de a valeurs disponibles ». C'est bien ainsi, en eflTet, qu'il faut le comprendre. Les titres qui le composent sont tous des fonds d'État ou des valeurs industrielles jouissant d'un marché suffisant pour qu'on puisse, à tout moment, les vendre.
Il ne comporte ni participations, ni valeurs non cotées. Les banques restent, d'ailleurs, étrangères aux émissions de titres de Société. Le Mexique ne connaît pas encore les c( lancements » à grands fracas, les syndicats de garantie, ni aucuns des procédés nécessaires mais dangereux de nos banques modernes. Ce sont, la plupart du temps, les sociétés qui émettent elles-mêmes leurs propres titres, avec le concours des banquiers particuliers ou des banques sans concession qui sont surtout des courtiers en valeurs. Mais les étabhssements de crédit n'y peuvent participer et l'on ne risque pas de trouver dans leur portefeuille des titres provenant d'émissions manquées ou à moitié réussies.
Nous arrivons à l'un des comptes les plus
considérables du bilan : les comptes-courants débiteurs. Ceux-ci représentent d abord, pour la Banque centrale, les crédits ouverts aux Banques régionales et pour les banques régionales ^ les soldes créditeurs qu elles peuvent posséder soit à la Banque centrale, soit entre elles et qui constituent de véritables dépôts disponibles à vue.
Les comptes-courants débiteurs représentent encore les crédits accordés au commerce et à Tindustrie, toujours contre garanties vérifiées et approuvées par les Commissaires du gouvernement. C'est là, avec les avances sur effets, le véritable moyen qu'emploient les banques pour financer les entreprises industrielles et commerciales, et c'est par là qu'elles jouent un rôle remarquablement fécond dans le développement économique du pays.
Mais pour mettre, sans danger, ces deux procédés en pratique il faut une connaissance approfondie des hommes, et des affaires de la région où l'on opère. Si les banques y ont réussi de telle manière que le solde du portefeuille commercial au3i décembre de chaque année est passé en huit ans de 58 millions de piastres à 194 millions, et le solde des comptes-courants de 39 à 244 milHons, c'est une conséquence directe du principe de décentralisation qui sert de clef à tout le système. Seules des banques régionales indépendantes, véritables produits du sol sur lequel elles travaillent, peuvent avoir
la liberté et les connaiBsances nécessaires pour procéder aux appréciations souvent délicates oa'exigent l'ouverture d'un crédit où l'acceptation d'une signature en garantie d'une avance.
Sur le compte immeubles, qui ne représentent que les bâtiments strictement nécessaires à l'installation des services, rien à dire sinon à signaler son total extrêmement modeste.
- Passons maintenant à l'étude du passif. Nous avons déjà signalé l'augmentation rapide du capital des banques. Dans un grand nombre de cas, à côté du capital actions, existait, surtout au début, un certain stock de parts de fondateurs qui, bien que peu nombreuses, n'en venaient pas moins réduire la part des actionnaires dans les bénéfices. Il est à remarquer que cette gêne disparait progressivement ; presque toutes les banques qui augmentent leur capital en profitent, en effet, pour racheter les parts de fondateurs. C'est une mesure d'autant plus sage qu'avec la prospérité des établissements de crédit et l'augmentation continuelle de leurs bénéfices, les dividendes aux parts de fondateur finiraient par absorber des sommes énormes. C'est pour supprimer cet inconvénient que la Banque nationale n'a pas hésité à réduire, d'une manière plus ou moins légale,
les droits de cette catégorie de titres. Son exemple heureusement est unique et le moyen qu'emploient généralement les autres établissements, et récemment encore la Banque centrale, est le rachat pur et simple.
Les réserves se sont accrues en même temps que le capital et plus rapidement encore. Bi 1 on ne regardait que leur total, on constaterait qu'il dépasse, relativement au capital total, la proportion de i/3 indiquée par la loi, mais la conclusion qu'on serait tenté d'en tirer, au point de vue de la situation particulière de chaque établissement serait fausse, les énormes réserves de la Banque nationale et de la Banque de Londres y Mexico figurant pour 89 millions sur un total de 53 millions.
En réalité, aucune autre banque ne possède encore, dans son intégralité, la réserve légale. Peut-être de ce côté, y aurait-il quelque reproche à leur feiire. Elles se contentent habituellement de mettre en réserve le 10 Vo de leurs bénéfices nets prévu par la loi, mais étant donné le chiffre généralement élevé de leurs profits, elles pourraient soit prélever une somme plus considérable jusqu'à ce que leurs réserves atteignent un chifire raisonnable, soit tout au moins avoir toujours un solde reporté qui leur
Eermette de parer à l'imprévu et de maintenir i stabilité de leur dividende. Il est vrai que la plupart d'entre elles, nouvelles venues, ne
sont accoutumées qu'à la prospérité et à la sécurité.
En présence du développement de certaines opérations, on s'étonne de voir la circulation fiduciaire rester à un chiffre peu élevé. C'est un des comptes dont le développement relatif a été parmi les plus faibles. Si l'on se reporte à notre premier tableau, on peut voir, en efiTet, qu'après s'être élevé de 54 millions de piastres en 1898, à 84 millions en 1908, il retombe l'année suivante à 83 millions pour remonter ensuite, au 3i décembre 1906, à 97 millions.
On peut assigner à cet état de choses deux raisons oui, d'ailleurs, se complètent mutuellement. En premier heu, il ne faut pas oublier que le billet de banque mexicain n'a pas cours légal. S'il est reçu partout, même dans les caisses publiques, personne, du moins, n'est obUgé de 1 accepter. En second lieu, grâce à sa forte
Srqduction d'argent et à la frappe libre, le [exique a toujours été abondamment pourvu de monnaie métallique et comme nul n'est tenu à recevoir les billets, on a continué à se servir de la monnaie d'argent qui était entrée profondément dans les mœurs.
Il est vraisemblable qu'avec l'adoption de l'étalon d'or et la suppression de la frappe libre de l'argent, cette situation va être modifiée et que la circulation fiduciaire prendra plus d'extension*
Le chapitre bons de caisse et obligations n'a pris qu'un développement très médiocre. Nous avons exposé les raisons du peu de succès des banques réfectionnaires. En dehors de la Banque centrale qui s'écarte notablement du type prévu, il n'en existe que deux : la Banque commerciale réfectionnaire, au modeste capital de $ 200 000, et qui n'a pas encore pu émettre de bons de<;aisse et une toute récente, la Ban-, que mexicaine de commerce et d'industrie, au capital plus important de lomiUions de piastres.
Quant aux banques hypothécaires, la plus ancienne, la Banque internationale et hypothécaire, alimentée depuis longtemps par les capitaux américains, a pris une certaine importance. Les prêts hypothécaires s'élèvent à $ 10 228000 et eUe a pour $ i3 028 000 d'obligations en circulation.
L'autre, plus récente, la Banque agricole et hypothécaire, nous montre un bilan très caractéristique. Le montant des obligations n'est que de $ 345i 000 tandis que celui des prêts se chiffre par $ 5 128000* ce qui prouve qu'elle ne peut émettre su£Bsamment d'obUgations pour subvenir à ses prêts. Ceci confirme ce que nous disions dans la première partie au sujet des banques réfectionnaires. Dans un pays où tous les capitaux peuvent s'employer d'une manière très avantageuse, les placements comme les bons de caisse ou les obUgations hypothécaires présentent peu d*intérêt pour les nationaux.
C'est la raison dominante de la stagnation des deux catégories de bancjuesdont nous parlons, car ce ne sont pas les occasions de consentir des prêts qui font défaut.
On peut également en conclure, que dans cet ordre d'idées, l'avenir appartiendrait à une banque hypothécaire qui serait à même d'alimenter ses prêts en plaçant ses obUgations à l'étranger. Elle trouverait certainement au Mexique, où l'agriculture fait de grands progrès et où les capitaux sont relativement peu abondants, un champ d'activité considérable et extrêmement sûr.
Bien que l'augmentation proportionnelle des dépôts ait été assez considérable depuis 1898, il est visible que c'est le système des comptescourants qui a toutes les préférences de la clientèle. On ne saurait s'en étonner si l'on considère la nature de celle-ci. Le dépôt, pris dans son sens strict, est sans doute une opération utile au commerçant puisqu'il peut utiliser ainsi des sommes momentanément disponibles, mais c'est surtout un compte de capitaliste qui laisse son argent à la banque en attendant, soit de le dé-
Senser, soit de lui trouver un placement plus éfinitif si ses revenus sont en excès.
Mais il n'a pas la souplesse du compte-courant auquel sa double face : crédit et débit, assure une utilisation beaucoup plus large. Le compte-courant convient excellemment à tous
ceux : commerçants et industriels, qui sont exposés à faire parfois très rapidement des déplacements considérables de capitaux. Grâce au système du compte-courant, ils peuvent se dispenser dans une certaine mesure, de supporter le poids d'une trésorerie fort onéreuse et souvent difficile à constituer quand il s'agit d'entreprises encore jeunes, comme c'est le cas
Sour beaucoup d'entre elles, au Mexique. Or, ans un pays dont la prospérité est encore à ses débuts, la clientèle des banques est composée beaucoup moins de capitalistes que d'hommes d'affaires et c'est ce qui explique la prépondérance des comptes-courants dans les bilans des banques mexicaines.
Si maintenant, nous examinons, dans son ensemble, le bilan général des banques du Mexique, nous trouvons que leurs engagements se balancent avec leurs ressources de la manière suivante :
Exigibilités immédiates :
Circulation. ........$ 07 788 000
Dépôts à vue oé 828 000
Comptes créditeurs s85 267 000
Engagements à terme :
Bons et obligations.. . . . . . $ 18 867 600
Dépôts à terme fixe. ..... 27 279 000
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Total des engagements. . • • $ 466 019 000
DUponibUUés immédiates :
Encaisse S 73 55û 000
PrÀts sur gages io5 a83 000
Comptes débiteurs a/^aSiaooo
Valeurs disponibles a/^ 5ia 000
Réalisable à terme :
Effets en portefeuille. . . . . . $ 194 485 000
Prêts hypothécaires 2 3 o47 000
S ai7 53a 000
Total des ressources S 66a 898 000
Excédent des ressources sur les engagagements S 196 379 000
La situation générale est donc parfaitement saine. Quant à la position particulière de chaque banque, il est Êicile, par le tableau que nous avons donné plus haut, de se rendre compte que les prescriptions édictées par la loi sont scrupuleusement observées.
D. — Les bénéfices réalisés et leur répartition.
Nous avons montré comment la loi avait fait naître des banques partout oii il en était besoin, puis nous avons étudié le développement général de leurs opérations et le bon aloi de leur situation financière ; il nous reste à indiquer les résultats matériels obtenus. Le tableau ci-après (voir pages 84 et 85) qui montre (en 1000 piastres) les bénéfices réalisés en igo5, le pourcentage de ces bénéfices relativement au capital moyen avec lequel les banques ont travaillé
pendant Texercice et la répartition de ces bénéfices pourrait se passer de tout commentaire et servir de conclusion à cette étude.
Sur l'ensemble des banques du Mexique, une a réalisé un bénéfice de i,3 Yo de son capital, une de 6yo une de 7 Vo une de 8,9 **/, deux de 9,7 "/o- Toutes les autres, c'est-à-dire vingt-six, ont dépassé 10 Vo- La moyenne s'établit à i4,i Vo» sans qu*ici les chiffres puissent être faussés par la présence des trois gros établissements. Il serait difficile, croyons-nous, de trouver dans toute l'histoire de la banque, un exem pie de prospérité plus régulière et plus générale.
Le tableau ne comprend que les bénéfices ordinaires résultant des opérations courantes, mais plusieurs établissements ont pu, à l'occasion d'une augmentation de capital, réaliser des primes considérables sur l'émission de leurs actions nouvelles. Si le montant de ces sommes n'a pas profité directement aux actionnaires, il a servi à fortifier largement la situation financière des banques. En voici le détail :
Banque de Londres y Mexico.
— Centrale mexicaine.
— de Guanajuato. .
— de Hidalgo. . .
— de Jalisco. . . .
— Mercantile de Yucatan.
— de Sonora
Total.. . . » 4
Amortissement de parts de fondateurs.
Reste. . . . . 4 • • .
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