‹ Les banques au MexiqueChapitre 17 sur 17 · CHAPITRE IV Conclusion · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Conclusion

Les conclusions de cette étude, relativement au sujet particulier que nous avons traite, 3C sont dégagées d'elles-mêmes à chaque page et il serait inutile d*y insister. Mais une étude sur les banques a toujours une portée générale qu on ne saurait négliger.

Les établissements de crédit nous donnent, en un raccourci fidèle, un spectacle de toute l'activité économique du pays. Par leur nombre et leur croissance, ils montrent le développement des affaires industrielles et commerciales Îu'ils sont chargés de financer ; par leur manière e travailler, et la stabilité plus ou moins grande des résultats obtenus, ils montrent la régularité du travail national et la sécurité des opérations. Nulle part, peut-être, autant qu'au Mexique, le développement et la situation des banques ne reflètent exactement le mouvement économique général de la nation, avec ses caractères principaux : la rapidité et une extrême sécurité. Ce dernier élément est trop rare dans un pays qui

peut être considéré comme neuf pour qu'on n'y insiste pas d'une manière spéciale.

Ce souci de la sûreté de ceux qui confient des capitaux aux banques, le gouvernement mexicam le montre pour toutes les industries, pour toutes les affaires du pays. Avec l'esprit de logique pratique qui le distingue, il a compris q|u il n y avait pas de meilleur moyen pour attirer les capitaux dont ses nationaux ont besoin. Éviter, même au prix d'une surveillance un peu t^rannique, non seulement les fautes particulières qui peuvent faire courir à une société un danger passager, mais toute exagération, tout emballement dans l'estimation des richesses et de l'avenir du pays et, par conséquent, toute spéculation, tel est le but qu'il s'est proposé et qu'il a atteint.

C'est ce (jue constatait, il y a quelque mois, un Américam, M. Conley, dans The Appleton s Magazine : « Une panique financière due à une réaction après une longue période de grande prospérité, comme il s'en produit de temps en temps aux États-Unis, est impossible au Mexique. Si une dépression se manifeste, elle sera due entièrement à des causes naturelles . Il ne peut y avoir excès de spéculation, ni feusse capitalisation , ni inflation artificielle des valeurs , à cause : i*^ de l'esprit naturellement conservateur du peuple ; a^ de la rareté du capital ; 3^ de la surveUlance étroite exercée par le gouvernement sur les affaires de toutes les sociétés. Les

occasions que Ton trouve de tirer de larges profits de placements ordinaires écartent, en partie, la tentation de spéculer. y>

Cette sécurité augmente à mesure que le Mexique se développe et diversifie ses productions. Les pays dont la situation dépend d'un seul ou d'un petit nombre de produits : café, ou froment, ou bétail, etc., vivent sous la menace Serpétuelle d'une crise. Il n'en est pas de même u Mexique, dont l'activité se porte sur des objets nombreux et variés, comme nous l'avons montré en étudiant la décentralisation naturelle du pays et la diversité de ses ressources. C'est pourquoi, tout récemment, en présentant le projet de budget 1907- 1908, M. Limantour pouvait dire sa confiance dans la continuation de la prospérité et affirmer, que, désormais, aucun élément défavorable, ni la non-réussite des récoltes de blé et de maïs, ni une diminution de la production minière, ni une perturbation des marchés étrangers, ne serait assez puissant pour bouleverser d'une manière durable les conditions actuelles de production et de circulation de la richesse nationale.

Sécurité résultant à la fois du tempérament et des habitudes du peuple, des précautions prises par le gouvernement et de la situation économique du pays, telle est la raison principale qui, depuis la réforme monétaire, attire les capitaux étrangers avec une importance croissante. Dans le document que nous citions tout

à l'heure, M. Limantour donnait le chiffre auquel s'est élevé, durant l'exercice igoS-ïgoG, 1 immigration visible du capital. Pendant cette

Sériodct l'Europe et l'Amérique ont envoyé au [exique 86 millions 5ooooo pesos, dont g 900 000 ont été investis en entreprises industrieUea, 7600000 dans les mines, 3 5ooooo en exploitations agricoles, 6000000 dans les chemins de fer, et enfin, 67 600000, soit 66 7© du total f dans les Banques.

Voici, d'ailleurs, entre quels établissements cette somme s'est répartie :

Banqu

a Nationale du Mexique. .

do Londres y Mexico. . .

Centrale Mexicaine. . .

laoooooo

de Guanajuato

I 5ooooo

de TEtat de Mexico. , .

du Yticatan

Mercantile de Véra-Cruz. .

5ooooo

Occidentale

3ooooo

OriEiotale

Nous terminerons sur ces chiffres qui serviront mieux que toute autre considération, de conclusion pratique à cette étude.

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