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notre tour, aux générations qui nous suivront, des exemples de vertus, de désintéressement et d'amour de lu patrie. Mais, hâtons-nous de le dire, il ne s’agit plus maintenant de protéger nos foyers à coups d’arquebuse, d'abandonner des parents, une femme et des enfants pour courir défendre nos frontières menacées ; non, mais il faut travailler avec zèle à notre progrès comme peuple ; la vigilance et le patriotisme sont encore nécessaires pour écarter les obstacles qui nous empêcheraient de grandir et de marcher à l’égal des hr qui nous entourent.
Il ne faut pas se faire illusion à cet
endroit ; nous avons d’aimables que-
lités, de belles vertus, mais aussi de iéllieureux défauts, au u nombre dés-
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ss Es quels notre apathie, notre indifrérence même pour tout ce qui pourrait contribuer à notre avancement matériel et intellectuel, est peut-être le plus grand écueil contre lequel il nous faille réagir.
D'ailleurs quel est le peuple, actuellement, qui peut se glorifier d’être parfait ? Les âges d'or du bon vieux temps dont nous parlent leslivres, s'ils ont réellement existé, semblent être à Jamais disparus de la surface du globe.
Aïnsi, par exemple, on nous accuse parfois de manquer de sens pratique sur les affaires de la vie. Cela tientil de notre caractère ou de notre éducation ? probablement des deux à la fois,, Raison de plus pour accueillir favorablement les idées de progrès que peuvent émettre, de temps à autre,
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quelques-uns d’entre nous, quand ces idéés découlent d’une source pure, et du désir d’être utiles à leurs compa-
triotes.
Ilen est une de ces idées de progrès qui est actuellement à l’ordre du jour, et j'arrive au but que je me suis proposé en rédigeant ces quelques lignes : celui d’en dire un mot, afin de la populariser davantage. Il s'agit ici du projet de M. L. W.
Sicotte, de Montréal, de fonder dans notre pays, les banques d'épargne
scolaires.
Depuis plusieurs années, ce système
de re caisses d'économie fonctionne ad- -mirablement en France, et les résul-
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mn à tats cbtenus sont des plus satisfaisants au point de vue de l’économie domestique et du crédit national.
Personne :. ignore les habitudes de travail, de tempérance et d'économie du peuple français. Eh sien! c’est à l’école que les enfants qui forment avirurd'hui la présente génération, ont appris et mis en pratique lès premières notions d'économie ; cela fait partie de l'éducation en France, et c’est tout siinplement ces mêmes principes d'économie et de travail que M. Sicotte voudrait voir s'implanter parmi nou; et il croit, avec raison, que l'établissement de banques d'épargne scolaires est le moyen lé plus propre pour atteindre
ce but.
L’ organisation de ces caisses d'égo-
cé
fai-
nie
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nomie, telle que la conçoit M. Sicotté, permettra non seulement aux enfants de faire quelques petites épargnes, mais servira à souhait, surtout dans les campagnes, les intérêts personnels des parents, qui, tout en donnant l’exemple à leurs enfants, pourront aussi avoir recours aux banques scolaires pour y placer leurs épargnes.
Avouons de suite que nous avons un grand besoin de ce remède efficace, le meilleur que l’on puisse imaginer, pour mettre un frein au luxe, aux dépenses extravagantes qui appauvrissent nos campägnes, et font prendre à tant de familles le chemin des Etats- Unis. (1) Dans les villes, les person-
(1) ‘Le luxe et. l'intempérance ont. forcé un grand nombre de Canadiens à quitter le village natal pour s’expatrier ” écrivait ces jours derniers un de uos compatriotes des Etats-Unis.
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nes qui veulent économiser, peuvent le faire facilemént en déposant leurs épargnes, quelque minimes qu’elles soient, dans les caisses d'économie ordinaires, ou dans les caisses d’épargne postales; mais l’absence de pareils bureaux de placements dans les campagnes est la cause que l'artisan, les gens à gages, et le cultivateur qui pourraient faire si souvent de petites épargnes, gardent cette menue monnaie en leur possession, jusqu'à ce qu’une occasion se présente de la dépenser, la plupart du temps inutile- "nent. Quant à l’occasion, elle ne manque jamais d'arriver, sous une forme ou sous une a”tre. Les banques d'épargne scolaires devraient donc, ici comme ailleurs, produire de bons effets, tant au point de vue financier que du progrès national.
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L'influence, de nos jours, chacun le salt, se pèse au poids de l'or ; et notre prépondérance comme peuple dans les destinées du pays, se fera sentir en proportion de notre fortune publique, Le dollar est le dieu puissant du jour, disent les Américains, et nous en voyons les effets chez nous aussi bien que chez eux. La chose ne devrait peut-être pas être ainsi :
mais enfin, c'est tellement le cas, que nous voyons toujours et partout les gens les plus riches commander, et comme on dit vulgairement, ‘ tenir le haut du pavé”. La richesse donne de l'esprit même à ceux qui en sont naturellement dépourvus, et de la
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considération à de véritables nullités :
c’est du moins l'effet qu’elle produit aux yeux de Ii plupart des gens.
Que voulez-vons, la nature humaine est ainsi faite! Mais ces effets isolés et individuels que l’on remarque dans une ville ou toute localité quelconque, se produisent également dans ‘une mesure complète, chez une nation, surtout lorsqu'elle se trouve placée dans des circonstances identiques à celles où nous nous trouvons,
L'argent est le nerf du progrès. IL ne faut pas oublier que nous vivons à; côté d’une race éminemment pratique.
et laborieuse, d’une race forte et riche, dont l'influence vraiment étonnunte se fait sentir sur le.inonde entier. À nous de prendre les mcsans::
les plus propres à nous ‘faire avancer
cer notre part d'influence dans les.
| onvaineu de fütilité et de l’impor-
pays, des banques d'épargne sco-
dans la voie du progrès, si nous voulons conserver notre prestige et exer-
conseils de la nation. Et pénétrorisnous bien de cette vérité : que nous deviendrons prospères et influents par l’économie, qui augmente l’amour du travail. C’est en inculquant ces principes chez la jeunesse, et en en faisant contracter l'habitude aux enfants, dans les écol?s, que nous obtiendrons ces heureux résultats.
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Sans doute que. tout Le. monde sera
tance même, au point de vue du bien.
public, dé l'établissement, dans notre,
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OS DEN Te NN EE RÉ AR NAT EDR DE NAN EEE
laires; mais cette conviction aura-telle pour résultat de nous déterminer à donner de suite à ce projet tout l’encouragement nécessaire ? Nous aïmons à le croire, car 1l y va trop de nos intérêts pour agir autrement.
Les journaux de notre district, (ceux de Montréal l'ont déjà fait) devraient populariser cette idée. Ils peuvent grandement contribuer au succès de l’entreprise, en en faisant ‘connaître tous les avantages : ce sont les canaux naturels qui repandent au loin et partout les connaissances utiles et les idées de progrès.
Bientôt, probablement, un appel sera fait ‘aù Public de souscriré aù onds capital ‘de HR noüvelle institusi Les actions éont de 925 chacüné, et par conséquent à la portée de
toutes les bourses. Les pères de famille, étant les intéressés immédiats, devraient s’associer'à cette œuvre, en
prenant un certain nombre d'actions, ne serait-ce qu'une seule. En y ayant un intérêt, si minime qu’il soit, ils ne manqueraient pas d'encourager leurs enfants à prendre des livrets.
Inutile d'ajouter que le corps enseignant en général devrait suivre ce mouvement avec intérêt, et le se-
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