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SOCIÉTÉ NANCÉIENNE DE CRÉDIT INDUSTRIEL ET COMMERCIAL

La Société Nancéienne est la plus puissante des banques de Nancy. Elle l’est à la fois par la somme des ressources dont elle dispose, par son chiffre d’affaires, par l'importance de sa clientèle.

Son capital actuel de 60 millions représente plus de la moitié du capital total, r10.250.000 francs,descinq banques de Nancy.En en déduisant la Banque d’Alsace-Lorraine (1), il représente exactement le double du capital des banques Renauld, Lévy-Bettinger et banque de Nancy réunies : 60 millions contre 30. Mais son véritable instrument de travail, le seul quart appelé sur les actions, soit 15 millions, est seulement un peu supérieur au capital versé des

trois autres maisons (2). Si on ajoute à ces disponibilités,

(1) Capital 20.250.000 francs.

(2) Capital appelé : Banque Renauld, . 40.000.000 francs LévycBettinver M2 500 000 Banque de Nancy. 1.250.000 —

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les ressources que lui donnent les dépôts et les comptes courants créditeurs, la proportion devient encore plus favorable pour elle. Elle à 87.700.000 francs d'argent des clients contre 31.400.000 francs chez ses trois concurrents (1). Aussi cette siluation va-t-elle avoir sa répercussion sur le montant annuel de ses opérations.

Le chiffre d'affaires de la Nancéienne dont, nous l'avons vu plus haut la progression annuelle (2), atteint pour l’année 1909 le total de 2.905.736.341 fr. 5o. Ce qui représente, sur un total de 4.300.000.000 (3) environ pour les quatre maisons de Nancy, une proportion de 67, 4 0/0, alors que le capital réellement versé ne représente que 60 0/0 du capital des quatre mêmes maisons. Ce chiffre d’affaires est trois fois et demi plus fort que celui de Ia banque Renauld, neuf fois plus fort que celui de MM. Lévy-Bettinger et Cie, vingt-quatre fois plus fort que celui de la banque de Nancy. Il correspond d’ailleurs à une clientèle beaucoup plus importante que celle des concurrents. |

Il est impossible de donner le chiffre exact de la clieutèle d'une banque. On ne peut connaître ni le nom des industriels, commerçants et capitalistes qui sont en rela-

tions d’affaires avec elle ni l’importance de leurs opéra-

RE naul -L .. 2.21:000,000 francs Lévybeltingerees nr muse 7:100.000 — Banque de Nancy . . . . . . .... 2.100.000 —

(2) Voir ci-dessus, p. 56 et 57.

(3) Voir ci-dessous le délail banque Renauld, p. 99 ; Lévy-Bettins ger, p. 122; Banque de Nancy, p. 127.

7S TROISIÈME PARTIE. — SECTION Ji. — CHAPITRE I

tions. Mais cependant on peut avoir une idée approximalive de la puissance de la clientèle en déterminant le capilal-actions et obligations des sociétés par actions qui ont une partie de leur conseil d'administration ou de surveillance commune avec celui de la banque considérée.

La Société Nancéienne surveille, par les 35 sièges qu'occupent ses administrateurs el son personnel directeur (1; 56 sociétés par actions de la région qui ont un capital de 329.100.000 francs, dont 252.551.000 francs d'actions et 76.554.050 francs d’obligations.'Ce chiffre est plus de deux fois celui de la banque Renauld, presque quatre fois celui de la Banque d'Alsace Lorraine, trente fois celui du Comptoir d’'Escompte de Nancy, soixante dix fois celui de la banque

de Nancy (2). Cette clientèle se répartit ainsi (3) :

Actions Obligations Total (3)

Salines . . . re 400.000 » 400.000 Eaux et Hôtels SAMU 523.500 » 523.500 Papeteries 1.010.000 » 1.010.000 Alimentation . 1.200.000 500,000 1.700.000 Divers . 41,450 000 669.500 2.119.500 Carrières . 2.125.000 » 2,125 .000 Constructions. 2.300 000 270.000 2,570 .000 Faïenceries. 5.200 000 » 5.200.000 Verreries, 7.050 000 600.000 7.650.000 Textiles 6.715.000 3.115.000 9.830.000 Brasseries . 9.510.000 3.831.000 13.341.000 Electricité 8.835.000 8.750.000 17.585.000 Mines defer tdivetees 16.800.000 7.500.000 24.300.000 Transports . 28.150.000 4.090.000 32.240.000 Charbonnages. 83.000.000 2.000.000 85.000.000 Métallurgie . te 78.282.500 45.228.550 123 511.050 Totaux : : 252.551.000fr. 76.554.050 329.105.050

(1) MM. R. et Y. ce Lignier, À. Cournault, Delaval, H. de Metz, Noblal, Fordoxel, Drouaillet.

(2) Voir ci-dessous, p. 99, 416, 122, 125 (3) Voici les noms des Sociètés par groupe :

(Les noms des Sociétés qui ont dans leurs conseils des adminis-

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Ce tableau fait nettement ressortir une des caractéristiques les plus remarquables de la Société Nancéienne. Elle est la banque de la Métallurgie Lorraine. En effet, c'est le compartiment « métallurgie » qui constitue par lui-même le plus fort appoint de sa clientèle, 123.000.000 de francs. Si l’on ajoute les compartiments «Mines de fer »

et « Gharbonnages » qui sont les succédanés des premiers,

traleurs de plusieurs banques sont en ilalique, et leur capilal est réparti dons la clientèle de chaque banque).

Alimentation : Laiteries du Phénix. — Distilleries de la Côte-d'Or. — Brasserie : Blämont, de la Comèête, de la Meuse, de l'Union, — Chemins de fer transports : Compagnie Centrale des chemins de fer ettramways, lompignie des Alpes Bernoises, Tramioays de Longwy, Société pour l'Erploitation des Tramways de Longwy. — CUonstruetions mécaniques : Grande chaudronnerie de Dombasle, Compagnie générale électrique, Etablissements de Meixmoron de Dombasle. — Matériaux de construction : Carrières de Raon-l'Etape, — Faïenceries : Faïencerie Keller, Faïencerie de Longwy. — Eaux et Hôtels : Grand Hôlel el restaurant Slanislas, Etablissements de Bains-les-Bains. — Eclairage : Energie-Eclairage, Sociélé Pyrénéenne d'Electricilé, Compagnie Française Lumière et Eau. — Textiles : Bœringer Guth, Filalure de la Vologne. — Charbonnages : Charbonnage de Beeringen, de Frédéric-Henri, de Limbourg-Meuse, de Gouy-Servins, Sociélés Lorraines des Charbonnages Réunies, Houillères de l'Est, Société de recherches et exploitations minières, Société Lorraine de Carbouisation. — Mines de fer et diverses : Amermont-Dommary, Valleroy, Bazailles, Mines de Kali-Sainte Thérèse, — Métallurgie : Fonderies de Bayard, de Brousseval,Etablissements Champenois-Delacourt, Hauts-Fourneaux de la Chiers, de Longwy, Bogny Braux, Forges de Dôle, du Tilleul, de Vireux-Molhain, Aciéries de Châlillon-Commentry, de Longwy, de Micheville, Hauts- Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson, Senelle-Maubeuge. — Papeteries el journaux : Papeteries de Clai'efonlaine, Revue Industrielle de l'Est. — Salines : de Rozières- Varangérille. — Verreries : Baccarat, Gemm-laincourt-Gironcourt — Valeurs diverses : Sociélé des habilations à bon marché de Nancy, Magasins et docks réunis, Martin et Cie,

on arrive au total de 220.000.000 qui forme plus des deux tiers des sociélés par actions clientes de la Nancéienne.Sans doute cette grande supériorité est moindre en réalité. La concentration industrielle qui s’est en effet plus manifestée dans les grandes entreprises métallurgiques que dans d’autres industries, a entraîné la constitution presque exclusive de ces affaires en sociétés par actions. Dans d’autres domaines, au contraire, le pourcentage des sociétés par actions est demeuré plus faible. Cette réserve faite, il n'en reste pas moins vrai que ce sont les grandes aciéries, les hauts fourneaux,et leurs filiales qui forment la majeure et la plus solide partie de la clientèle de la Nancéienne. Ce caractère de banque de la métallurgie se marque à la fois dans la composition du conseil d'administration et dans l'orientation de l’activité de la Société Nancéienne.

Dans le conseil, les grands métallurgistes ne l'emportent pas en nombre, puisqu'ils n'occupent que 2 sièges sur 16, mais les fauteuils qu'ils occupent ont été attribués à des hommes dont la situation est prépondérante en Lorraine. Sans doute c'est un ancien inspecteur des finances, M. Buffet, dont le titre seul indique la haute compétence, qui préside le conseil. Il est secondé pour les affaires contentieuses par le vice-président, M. Cosson, ancien notaire. Il est entouré de trois autres financiers, MM. de Landrian, ancien receveur des finances, Duperron, ancien directeur de la Nancéienne, qui incarne la tradition de la maison, et H. Thomas, ancien gérant de la banque H. Tho-

mas et Cie qui personnifie celle de la vieille banque privée.

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De plus, à côté de l'élément financier se trouvent les représentants des diverses industries locales : MM. Benoist Ch Berveiller (2), Keller (3), Luc (4), de Meixmoron (5), Michaut (6), et même de simples capitalistes : M. de Metz- Noblat, M. de Ravinel, M. Picot.

Mais l’industrie métallurgique est représentée par MM. de Saintignon et Cavallier qui occupent des situations exceptionnelles dans la région. Gérant des hautsfourneaux de Longwy, M. de Saintignon est président du Comptoir Métallurgique de Longwy, vice-président, peutêtre président, à cette heure, des Aciéries de Mont-Saint- Martin, de plus administrateur de deux charbonnages, vice-président d’un troisième, président d’une mine de fer, vice-président d’une autre. M. Cavallier est administrateur-directeur des hauts fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson, deuxième vice-président des aciéries de Micheville, vice-président de la Chambre de commerce de Nancy, président d’un charbonnage, administrateur de deux autres et d’une mine de fer, vice-président d’une fonderie.

Ces deux hommes, qui ont pris une si large part au développement lorrain et ont acquis, en dehors d’une situation personnelle très importante, des fonctions offi-

(1) Minotier.

(2) Ingénieur.

(3) Faïencier.

(4) Tanneur.

) (5) Fabricant de machinés agricoles.

(6) Directeur des crislalleries de Baccarat.

cielles qui les mettent au premier plan et à la tête du mouvement économique de l'Est, devaient avoir leur place marquée au conseil de la Nancéienne. Mais ils ne sont pas seuls à représenter la métallurgie. À côté d'eux, presque tous les membres du conseil, financiers, industriels, capitalistes, ont en majorité, 9 contre 7, une place prépondérante au moins dans une entreprise métallurgique régionale. M. Benoist est président des hauts fourneaux de la Chiers et des forges de Vireux-Molhain, M. Berveiller est vice-président de Senelle-Maubeuge, M. de Meixmoron est lui-même dans la métallurgie, M. Buffet est président de la Société des anciens établissements E. Champenois-Delacourt et administrateur des hauts fourneaux et fonderies de Brousseval, M. Michaut, administrateur de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons, M. H. Thomas, commissaire des forges de Dôle et Foucherans, M. de Metz-Noblat, vice-président des forges du Tilleul.

Au contraire, les autres banques lorraines n'ont de clients que dans les affaires métallurgiques de moyenne importance (1), tributaires des producteurs de leur matière première. Aussi ne possèdent-elles pas de maitres de forges dans leurs conseils et leurs administrateurs n’entrent pas dans ceux des aciéries et des hauts-fourneaux.

(1) La banque Renauld a dans sa clientèle 8 affaires métallurgiques ou de constructions mécaniques. Voir ci dessous, p. 99. — La banque. d’Alsace-Lorraine deux. Voir ci-dessous, PHARE

Comptoir de Nancy un, ainsi que la banque de Nancy. Voir cidessous, p. 116 et 125,

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Une seule exception est à faire pour la banque Renauld, dont le gérant et un des membres du conseil de surveillance, M. G. Ferry, sont commissaires de Micheville, et qui à dans son conseil M. Grosdidier, directeur des forges et aciéries de Commercy.

Ce caractère de banque de la métallurgie a eu des conséquences dans l'orientation et le développement de la Société Nancéienne. Non seulement elle a émis les obligations et les actions nouvelles des affaires sidérurgiques (1), mais pour satisfaire aux besoins de sa clientèle, elle a été logiquement amenée à s'occuper d'entreprises récentes, que le mouvement d'intégration industrielle rattachait aux aciéries de l'Est : les charbonnages et mines de fer. Elle s’est intéressée à leur formation. En prêtant son appui à la constitution de sociétés étrangères, en fournissant aux charbonnages de Beeringen leur président (2),à chacun des charbonnages de Limbourg-Meuse (3) et Frédéric-Henri (4) un administrateur, elle n’a pas failli à son rôle de banque créée pour soutenir l’industrie nationale. Elle a seulement subi la force des choses. Elle a simplement fourni à des

(1) Obligations Vezin-Aulnoye et de la Marine, actions et obligations de Senelle-Maubeuge, Obligations des aciéries de Longwy, du Nord et de l'Est, des hauts-fourneaux et fonderies de Pont-à- Mousson, des forges du Tilleul, de Vireux-Molhain, de Brousseval, des automobiles Peugeot, de la Société des Anciens établissements Dietrich.

(2) M. Cavallier, président des charbonnages de Beeringen.

(3) M. Cavallier administrateur des Charbonnages de Limbourg Meuse.

(4) M. Jean Buffet administrateur des Charbonnages Frédéric- Henri.

capitalistes français le moyen d'acquérir une richesse minérale que la nature avait presque refusée au sous-sol de leur pays. Mais ce n’est qu'à regret que la Nancéienne consent à l'émission de valeurs étrangères. Elle ne l’a fait qu'à cause des lenteurs apportées à l'examen des demandes de concession en Lorraine, de l'incertitude de leur obtention et de l’aléa de leur exploitation. En effet, bien auparavant (1), dès que le charbon avait élé découvert en Meurthe-et-Moselle, elle s'était lancée, avec les autres banques de Nancy d’ailleurs, dans la formation des premières entreprises de recherches fusionnées en une seule affaire, « les Sociétés Lorraines de Charbonnages Réunies », dontelle a fourni quatre administrateurs (2), et créé deux filiales (3).

En même temps elle prenait une part active à la mise en valeur du bassin de Briey. Elle ne surveille par ses administrateurs que trois des sociétés créées pour exploiter les concessions accordées (4). Mais la presque totalité de ces mines de fer appartient en tout ou en partie aux grands métallurgistes clients de la Nancéienne (5). Aussi, si toutes les banques de Nancy prêtent leurs guichets à la souscriplion des obligations minières, c'est la Nancéienne

(1) En effet, les Sociétés Lorraines de Charbonnages Réunies ont été constituées en 1904, alors que le Charbonnage Frédéric-Ienri

a élé constitué en 1906 ; ceux de Beeringen et de Limbourg-Meuse

en 1909.

(2) MM Berveiller, Cavallier, Keller, de Saintignon.

(3) Société des Houillères de l'Est, Société Nancéienne de recherches et d'exploitations minières,

(4) Amermont-Dommary, Bazailles, Valleroy.

(5) Bellevue, Conflaus, Jaruy, La Mourière, Murille, Saint-Pierrement.

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qui est chargée de les émettre directement (1). C’est là un fort contingent d’affaires, mais il est loin d'absorber toute son activité.

Nous avons vu plus haut quelle part la Nancéienne avait prise dans le développement économique lorrain depuis dix ans (2). Non contente d'émettre des valeurs de concert avec ses confrères (3), la Nancéienne a tous les ans placé seule un nombre d'emprunts régionaux de plus en plus considérable. Au moment où elle a commencé à s'occuper de titres, en 1899 {4), elle a d’abord réservé une place notable aux opérations ordinaires des grands établissements de crédit (5). D'ailleurs, pour satisfaire une partie du public et comme membre actif du syndicat des banques de provinces, elle a continué à participer aux sous-

criptions d'affaires françaises (6) ou étrangères (7) et de

(1) Conflans, Jarny, Joudreville, Errouville, Serrouville, la Mourière, Murville, Valleroy, Amermont-Dommary, Anderny-Chevillon.

(2) Voir plus haut, p. 73.

(3; Ciments Portland de l'Est. Vittel-Palace, Vezin Aulnoye.Gemmelaincourt Gironcourt. Sociétés lorraines de charbonnages réunies. Senelle-Maubeuge, établissements Dietrich. Mécanique moderne. Mines de Murville. Jarny la Mourière, Valleroy, Amermont-Dommary. Joudreville, Filature de la Vologne, Automobiles Peugeot. Tramways suburbains de Nancy. Grand hôtel et restaurant Stanislas. Salines domaniales de l'Est. Habitations à bon marché de Nancy, Nancy-Thermal. Errouville.

(4) Voir le rapport du conseil d'administration de 1899. C'est la première fois qu'il est fait mention d'émissions dans la série de ces documents.

(5) Emprunt communal de 1899. Emprunt métropolitain de la Ville de Paris. Emprunt russe de 1991. Bons du Trésor russe.

(6) Société française pour fournitures d'hôtels. — Chemins de fer départementaux du Tarn.— Chemins de fer départementaux des Côtes-

(7) Caisse hypothécaire d'Egypte. — Obligations Pensylvania, —

fonds d'Etat (1) exotiques ouvertes surtout à la Société centrale des banques de province ou quelquefois à d’autres banques de Paris. Mais dès 1899 elle offrait à sa clientèle des actions et des obligations de valeurs lorraines (2). Le montant annuel de ses émissions a varié suivant l'état général du marché. À peu près stationnaire jusqu'en 1905 avec quatre à cinq opérations, il s'est élevé en 1905 à huit, 1906 a été une année de ralentissement, mais du-Nord. — Industrielle foncière, — Société pyrénéenne d'énergie électrique, — Société toulousaine de Bazacle. — Sociélé de l'énergie électrique du Nord de la France. — Energie électrique du Centre. — Force motrice de la Haute-Darance. — Port de Bahia, — So-

ciété norvégienne de l’azote. — Caisse hypothécaire canadienne. — Chemins de fer de Djibouti à Addis-Abeba,.

Aciéries du Chili. — Banque hypothécaire franco-argentine, — Missouri, Oklahoma et Gulf. — Crédit foncier mexicain, — Volga Bougoulma, — Banque hypothécaire de Danemark.

(1) Etat de Berne. — Bons du Trésor belge. — Ville de Kioto.

(2) En 1899 le rapport du conseil d'administration annonçait les émissions réalisées des actions Vittel-Palace, des actions des Ciments-Portland de l'Est, des obligations de la Compagnie générale électrique. En 1904, même mention du concours de la Nancéienne aux émissions des obligations de la Compagnie centrale des chemins de fer el tramways, de Gemmelaincourt-Gironcourt. A partir de 1905 nous pouvons, grâce à la circulaire hebdomadaire, avoir des renseignements plus précis el par comparaison avec celles des autres banques, déterminer les émissions particulières.

1905. Distilleries de la Côte-d'Or, reconstitution de l'établissement thermal de Martigny.

1906. Actions Brasserie de l’Union. — Hôtel Continental et Chàtillon réunis. — Le Granit, obligations. — Marchéville-Daguin. — Brasserie de l'Union.

1907. Obligations mines de Marles.

1908. Actions Nouvel Hôtel à Vittel.

1909, Actions Energie-Eclairage.— Obligations Energie-Eclairage . — Actions de la Société régionale de Crédit immobilier. — Nouvel Hôtel à Vittel.

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depuis 1907 le placement d'obligations de mines de fer a fourni un courant régulier et progressif d'affaires auxquelles se sont ajoutées deux ou trois émissions particulières chaque année.

Le résultat de ces émissions est généralement heureux. Si leur montant annuel augmente, le poste du bilan « Titres en Portefeuille » reste en effet à peu près stationnaire :

Titres en portefeuille Bilan 31 décembre 1903 . . . ,. 1.034.369 fr. 10

— - 1906 . DAOOL 2AO — 1907 . 22720, 2020040 — 1908 2.907.909 » 05 — . 4909 2,100, 4017 55

Ce succès, la Nancéienne le doit à la direction qu'elle a su se donner. Pour attirer la clientèle capitaliste, elle à installé tous les services de caisse qu'avaient'inaugurés les grands établissements de crédit : ordres de bourse, paiements sans frais de tous les coupons, renseignements financiers, location de coffres-forts, garde de titres. Elle y a adjoint les procédés de publicité dont se servaient ses concurrents locaux : circulaire périodique. annuaire. Cependant, elle l’a fait avec moins d’ampleur et plus tard. Sa circulaire seule n’est pas complétée par la rédaction d'un compte rendu financier hebdomadaire dans un journal de Nancy, elle n'a commencé à paraître qu'en 1906, huit ans après le premier numéro du bulletin de la ban-

que Renauld. Mais cette différence se justifie, car seule

(1) En 1909, la Nancéienne ne payait sans frais que 31 valeurs.

aussi des banques de Nancy la Nancéienne a sur ses confrères le gros avantage d’avoir des succursales. Un nombre plus élevé de guichets supplée à une publicité moins grande et permet d’écouler aussi vite les émissions.

La caractère de banque de la grande métallurgie lorraine a eu encore des conséquences dans le développement du rayon d'action de la Société Nancéienne. Non seulement, la nécessité de diviser les risques l’obligeait à développer le nombre de places sur lesquelles elle opérait, mais la nature de sa clientèle lui assignait un minimum de limites géographiques qu'elle devait occuper. Il lui fallait ouvrir des agences dans les départements industriels étroitement tributaires du bassin de Longwy: les Ardennes, la Meuse, la Haute-Marne, qui viennent y chercher leur matière première : la fonte de première fusion, les aciers et les fers demi-ouvrés. La Société Nancéienne n'a pas failli à ce programme. Elle n’a pas réalisé cette transformation en une seule fois, au risque de venir implanter une succursale dontles débuts auraient été pénibles. Elle a préféré attendre l’occasion de racheter des banques locales. Nous avons vu plus haut comment dejà elle avait pu progressivement opérer cette concentration à son profit et comment aujourd'hui elle rayonnait sur la Meurthe-et-Moselle, les Vosges, les Ardennes par sa fusion avec huit autres maisons. Pour diviser ses risques, elle a cherché dans les Vosges des clients dans l’industrie textile et la papeterie ; puis pour acquérir les industries dérivées

de la grande métallurgie, elle a ouvert ses guichets dans

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les Ardennes en reprenant les affaires de la firme J. Herbulot et Cie. C’est à regret, par la force des choses, qu'elle a fondé des succursales sans attache avec le pays, Elle l’a fait à Raon l'Etape, à Plombières, à Longwy-Bas, à Saint- Loup, au Val-d’Ajol, pour éviter ou soutenir la concurrence des établissements de crédit (1). Plus souvent elle a agi de cette manière pour compléter le nombre de sièges des banques auxquelles elle succédait. Dans ce dernier cas, elle a surtout procédé par la création de bureaux rattachés (2) au siège principal du département. Sa véritable politique est le rachat des banques locales. Elle y trouve l'avantage d'assurer à sa succursale nouvelle un courant créé d’affaires, d’avoir dans les anciens clients des relations parfois utiles, toujours nécessaires, et de trouver souvent dans ses prédécesseurs des directeurs d'agences tout désignés, plus à même de renseigner sur le milieu qu'un nou: veau venu, el assez souples souvent pour changer, s'il en est besoin, leurs procédés d'action et suivre l'orientation nouvelle que donne la Nancéienne à leur maison.C'est ainsi qu'elle a pu conserver comme directeur à Longuyon, l'ancien banquier Fordoxel. Dans les autres places, où des raisonsde convenance personnelle empêchaient cette solution, la Nancéienne a su de différentes manières imprégner de l'esprit du pays les agents qu’elle envoyait et leur donner

(1) La Société Générale avait ouvert une succursale à Longwy-Bas en 1903. Le Comptoir d'Escompte de Mulhouse a des agences à Raonl'Etape, St-Loup, Val-d'Ajol, une succursale à Plombières.

(2) Briey, Conflans, Fougerolles, Gérardmer, Sedan, Villerupt, Homécourt, Senones, Givet.

une connaissance exacte des affaires locales. Elle y est arrivée en laissant auprès du nouveau directeur les anciens banquiers comme conseillers temporaires ou en transformant le conseil d'administration, de surveillance ou les associés en nom collectif de Fancienne banque en conseil d'escompte ou en comité de direction. Elle permet ainsi au directeur local de s'initier rapidement et sûrement aux secrets des nouvelles entreprises avec lesquelles il va entrer en relations. Elle cherche aussi à renseigner la direction centrale sur les nouvelles régions où elle opère. Elle appelle à son conseil d'administration d'anciens gérants de firmes rachetées qui connaissent à fondle milieu, comme M.H. Thomas (1), ou des personnalités comme MM. Picot et Benoist (2), qui ont pu ou pourront, parleur activité ou leursitualion, rendre de grands services pour le développement des succursales.

Grâce à ces procédés, la Société Nancéienne est parvenue depuis 1894, année où elle a fondé sa première succursale, à avoir en 1910, en dehors du siège social, un bureau rattaché à Nancy, 9 agences et 14 bureaux rattachés répar- Lis dans quatre départements : { agences et 5 bureaux rattachés en Meurthe-et-Moselle (3); 1 agence et 5 bureaux rattachés dans les Ardennes (4), 4: agences et 5 bureaux

(1) Voir rapport du conseil d'administration de 1907, p. 4.

(2) Voir le rapport de 1905, p. 5 et de 1910, p. 6.

(3) Longuyon, Longwy-Bas, Lunéville, Pont-à-Mousson, Blamont, Briev, Conflans, Villerupt, Homécourt.

(4) Charleville, Attigny, Sedan, Rethel, Vouziers, Givet.

SOCIÉTÉ NANCÉIENNE {1 rattachés dans les Vosges {1) et 1 bureau dans la Haute- Saône (2).

Ce réseau de succursales lui fait remplir le mieux possible son rôle de banque régionale. Le nombre de places où elle opère, où elle trouve des clients différents lui permet de largement dispenser le crédit, sans danger pour elle et non sans profit. C’est là le second caractère dominant de la Nancéienne. Elle est le modèle lé plus complet de la banque de crédit industriel.

Dans le bilan du 31 décembre 1909, les avances à l'industrie qui figurent sous trois chefs distincts à l'actif forment un total de 95.500 000 francs en chiffre rond qui se

décomposent ainsi :

Comptes coûrants débiteurs, . , . . . . 49,454,428 Fr. 06 Comptes garantis et avances sur titres. . 36.557,230 » 20 Comptes divers. AR RE A à 9.505.921 » 14

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