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La question des banques locales et des établissements de crédit a préoccupé l'opinion depuis une dizaine d'années. Eile a fait l’objet de discussions à la Société d'économie politique (1), de thèses de doctorat en droit (2), de campagnes de presse et de pamphlets (3), d'interpellations à la tribune de la Chambre des députés (4). Nous ne nous proposons pas de reprendre un sujet déjà tant étudié. Nous ne voulons pas déterminer les avantages respectifs des deux adversaires. Leur existence actuelle nous semble surabondamment prouver qu'ils ont l’un et l’autre leur raison d'être, qu'ils correspondent chacun à un besoin différent,

Dans la constitution économique française contemporaine,

(4) Sociélé d'économie politique nalionale, séance du ? février 1898. (2) Thèse Saurel, Paris, 1901.

(3) Lysis et Testis, la Revue, 1907, La Æevue polihique et parlemenlaire, 1907 ; J. Domergue, La question des sociétés de crédit, 1910. (4) Chambre des députés, séances des à et 7 février 1907. J —1

la Banque de France domine te marché national et règle la circulation fiduciaire, Au dessous d'elle, de grands comp- Loirs d'émission emploient hors des frontières la partie inutilisée de l'épargne annuelle ; des établissements de dépôt concentrent les fonds disponibles et escomptent des effets français et étrangers ; la banque locale soutient l'industrie et le commerce nationaux ; elle leur fournit surtout des capitaux fixes sous la forme d’avances à longue échéance, et de placement de titres. C’est pourquoi le développement d’une province est lié à sa prospérité. Pour en trouver le type le plus parfait, il nous a semblé qu'il fallait choisir le département dont l'essor économique était le plus intense : la Meurthe-et-Moselle.

Les banques de Nancy font partie d’un tout. Cette unité économique régionale à été la cause première de leur succès. Aussi avons-nous cru nécessaire, dans la première partie de notre travail, de tracer une rapide esquisse du milieu lorrain.

Dans une seconde partie, nous avons essayé de montrer, par un bref historique, comment les organismes bancaires étaient nés des affaires el étaient restés des banques d’affaires.

Dans une troisième partie, nous nous sommes efforcés d'indiquer leur rôle. Nous avons plus insisté sur les hommes que sur les procédés d'action. Dans le commerce de banque, en effet, rares sont les secrets de fabrication. Les moyens sont les mêmes. Tout l'art consiste dans la ma-

nière dont on les emploie. Pour dispenser le crédit, « cette

marchandise subtile el apparemment impondérable, qui se trébuche pourtant, mais avec les poids tout à fait spéciaux de l'observation et de l'estime, de la prévision et dé la sagesse » (1), il faut posséder des qualités d'observation, acquérir une connaissance exacte du milieu el des personnes. Cette nécessité est surtout impérieuse pour le banquier local, à cause de la nature des opérations qu'il fait. « La primauté ne s'établit pas par l'étiquette du groupe auquel on se réfère. Il n’y à pas de castes, il n’y a que des individus ; et, chaque fois qu'il ÿ aura supériorité d'intelligence, de labeur, d'initiative et d’ingéniosité dans la direction d’un comptoir financier, c'est à ce comptoir plutôt qu’à son voisin que le succès appartiendra, quelles que soient les attaches et les origines (2). »

Notre tâche n’a pas toujours été aisée dans notre travail de documentation. Partout nous avons été accueilli avec le même sourire bienveillant. Mais le secret est une condition de succès.Aussi Les renseignements que nous avons obtenus de la direction des banques manquent en général de précision. Nous avons dû souvent nous contenter des chiffres officiels des bilans sans avoir le moindre éclaircissement sur certains de leurs chapitres. Heureusement des lacunes ont été comblées grâce à l’obligeance du personnel subal-

terne, et de nombreux clients.

(1) Discours de M. Charles Renauld au Congrès des banques de pro: vince de Nancy en 1909. — Cf Bulletin de la chambre de commerce de Nancy, septembre-octobre 1909, p. 565,

(2) Zbtd. ; p. 573.

Je tiens à adresser ici mes remerciements tout particuliers à MM. Brocard, R. Sépulchre, Lenglet, Lachasse, I. et G. Lévy, Brullard, Deville, Fenot, E. Thomas, Fordoxel, Rémarck, Périn et Schultz. J'y joins l'expression de ma reconnaissance aux industriels et commerçants dont je ne citerai pas les noms à cause du caractère confidentiel des communications qu'ils ont eu l’amabilité de

me faire,

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